Affaire Nkou Mvondo/ Fame Ndongo : Le Minesup au tribunal
© Mutations : Nadine Guepi | 12 avr. 2017 01:30:47 | 10547L’enseignant à l’Université de Ngaoundéré l’accuse de trafic d’influence et de dénonciation calomnieuse.
Aucune information ne filtre sur la présence effective ou non du ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, ce jour au tribunal de première instance de Yaoundé, centre administratif, statuant en matière correctionnelle. Même au cabinet du ministre, des collaborateurs disent ne pas être plus avancés sur le sujet. Jacques Fame Ndongo est attendu dans une des audiences de cette juridiction pour répondre des faits de « trafic d’influence et de dénonciation calomnieuse ».
Toute chose qui fait suite à la plainte déposée par l’enseignant et non moins leader du parti politique Univers, Prosper Nkou Mvondo. Un rebondissement qui n’est que l’épisode juridique de ce qui a défrayé la chronique en 2016. Lorsque l’enseignant à l’Université de Ngaoundéré écrit une lettre ouverte au Minesup. Correspondance dans laquelle, il accuse ce dernier d’avoir saisi le recteur de l’université où il officie pour signifier le manquement à la déontologie et l’éthique dont il fait montre au sein du campus.
Une déclaration que la citation directe servie à Jacques Fame Ndongo réitère : «le professeur Nkou Mvondo, maître de conférences à la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Ngaoundéré, «vend» les épreuves et les notes d’examens à ses étudiants. Pour convaincre le recteur et le déterminer à agir contre le professeur Nkou Mvondo, monsieur Fame Ndongo Jacques va jusqu’à dire que les services de police et de gendarmerie de la ville de Ngaoundéré ont déjà été saisis de cette affaire de fraude aux examens, organisées par Nkou Mvondo. Le ministre parle même du conseil d’administration de l’Université de Ngaoundéré, qui s’est déjà penché sur l’affaire», peut-on lire sur la notification.
En outre, le document dénonce le fait que le ministre aurait accusé M. Nkou Mvondo d’utiliser l’université comme plate-forme de propagande politique. Autant d’accusations qui reposeraient sur les convictions politiques du plaignant. En date du 20 février 2016, sous la bannière du parti Univers, Prosper Nkou Mvondo, lors de la tenue du premier congrès du groupement politique, lance un mouvement dénommé «Tout, sauf Paul Biya».
Dans la même mouvance, les membres de la formation politique en question adressent une correspondance au président Paul Biya, lui demandant de ne plus être candidat à l’élection présidentielle prévue en 2018. Une sortie qui aurait été considérée comme une attitude de défiance par certains militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti politique du président Paul Biya. Jacques Fame Ndongo, par ailleurs secrétaire national à la communication du Rdpc, ferait partie de cette faction courroucée.
Autant de faits que le chancelier des ordres académiques avait réfutés lors d’une interview accordée à Mutations en novembre 2016. «Chaque université a une autonomie académique, juridique et scientifique. Le recteur a le devoir de veiller au respect de la déontologie et l’éthique universitaires au sein de l’institution dont il a la charge. Le ministre de l’Enseignement supérieur n’a pas besoin de s’immiscer dans le fonctionnement quotidien de telle ou telle université pour faire appliquer soit la loi d’orientation de l’enseignement supérieur (du 16 avril 2001), soit les dispositions du décret du 19 janvier 1993.
Je n’ai jamais infantilisé un recteur en lui donnant des directives comminatoires par rapport à un arsenal juridique qu’il est censé connaître», indiquait le Minesup. La première audience qui a eu lieu le 14 février dernier a permis de mettre le dossier en l’état, notamment le paiement de la consignation.
Très porté vers les tribunaux, Prosper Nkou Mvondo (ancien conseiller municipal Rdpc et adjoint au maire de Ngaoundéré 3e) a, par le passé, eu gain de cause dans une affaire l’opposant à l’homme d’affaires Alhadji Abbo. Il a du reste donné du fil à retordre à l’exécutif de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) sur le terrain judiciaire.
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