AFFAIRE DES DEUX GAMINS INCARCÉRÉS À LA PRISON DE KONDENGUI. PETITES PRÉCISIONS
© Source : David Eboutou | 24 avr. 2019 12:47:00 | 8948Cameroun- Tout en remerciant du fond du coeur l'ensemble des médias qui nous accompagnent dans cette indignation ,particulièrement Télévision Équinoxe qui a fait un reportage hier dans leur journal de 20h et dont l'élément a été repris dans une de mes publications, Radio Équinoxe et Radio Balafon qui m'ont donné la parole ce matin relativement à cette affaire en faisant intervenir des experts du droit,
Je voudrais répreciser que notre action ne s'inscrit nullement dans une quelconque volonté de justifier une forme de délinquance juvénile.
Ces enfants de 14 et 15 ans sont aujourd'hui en prison pour avoir porté atteinte à la fortune du Sieur NOMO par vol de la somme de 200 mille francs selon ce qui est dit dans leur mandat de dépôt.
Le double de ce montant soit 400 mille francs a été proposé au niveau de la brigade de gendarmerie de Ngousso au plaignant qui a refusé cet arrangement.
Il a exigé au minimum la somme de 2 millions de Francs Cfa aux deux familles extremement demunies de ces gamins, pour arrêter la procédure.
Rappelons que malgré le fait que le mandat de detention provisoire porte le motif énoncé plus haut, le bourreau réclame tantôt 7 millions de francs Cfa, tantôt 5 millions.Ce qui interroge sur la moralité de ce monsieur.
Je ne voudrais pas revenir sur les faits graves d'abus, dont sont revenus ces enfants hier au cours de leur passage devant le juge d'instruction, et dont les deux avocats qui les assistaient , Me Marthe Zintchem et Me Georgie Massi Ngakele reviendront en temps opportun pour ne pas encore trahir le secret de l'instruction. Mais c'est grave!
Pour le moment donc,nous nous opposons face à une forme de correction répressive qui consiste à envoyer systématiquement en prison même des gamins dont le cas aurait pu être géré dans les blocs de quartier où même les chefferies de quartier. Il s'agit là de voir comment explorer des voies conciliatoires ou des peines alternatives.
À quoi sert de garder ces gosses en prison et de mettre ainsi leur avenir en péril quand on sait ce qui se passe dans nos prisons en terme de violence? Et leur année scolaire alors??
Je plaide pour une humanisation de notre système judiciaire qui doit savoir apprécier les cas qui leur sont soumis.Ces gamins étaient et vivaient sans problème jusque-là à en croire la foule des voisins de leurs parents qui nous accompagnaient hier au tribunal d'Ekounou.
Ayons du coeur et sachons guider nos actions par l'humanisme. J'espère que le juge d'instruction en charge du dossier en tant que parent saura privilégier son côté empathique pour une issue heureuse de cette affaire.
S'il ne s'agissait que de punition,je crois que ces gosses ont été suffisamment traumatisé jusque-là.Ils ont passé deux semaines de garde à vue à la brigade de gendarmerie de Ngousso pour des enfants qui n'avaient jamais vu à quoi ressemble l'intérieur d'une brigade ou d'un commissariat.
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