Cameroun,Spectre Boko Haram: Bernard Njonga dit la vérité aux Camerounais.
© Camer.be : Alain NDANGA | 25 janv. 2015 13:00:07 | 21700Après son périple du 16 au 20 janvier 2015, Bernard Njonga a échangé avec des professionnels des médias ce samedi 24 janvier à l’hôtel Hilton à l’effet de connecter ses concitoyens à la réalité peu connue qui sévit dans l’Extrême-Nord.
Les journalistes présents dans la salle Booma de Hilton hôtel, auraient certainement coulés les larmes. « Certains déplacés camerounais sont obligés de se faire refugiés nigérians et intégrer leurs camps et avoir de quoi manger. Ils disent qu’ils ont froid, qu’ils ont faim. A cause de l’indigence des jeunes en l’occurrence, ils sont ouverts à la séduction et à l’endoctrinement. La marche qui s’organise à l’intérieur du Cameroun n’apporte aucune solution à leurs cris de détresse. Il faut sortir de l’égoïsme, arrêter le saupoudrage et tendre la main à ces gens qui sont dans le besoin». En déliant sa langue, l’artiste rappeur Valsero égal à lui-même, donnait déjà le ton à la conférence de presse.
Soutenu dans cet exercice d’évaluation par André Marie Afouba et l’artiste, respectivement secrétaire général et porte parole du parti qu’ils aiment bien appeler « Mouvement politico-associatif », Bernard Njonga a présenté par projection sur écran géant, une galerie des photos mi-comiques, mi-tragiques et qui comme un Larousse, permet d’avoir une idée des exactions orchestrées par Boko Haram avec effet de cause, ses déplacés. D’avoir une pensée solidaire aux déplacés des inondations survenues en 2012 et se positionner parce que solidarité nationale oblige, comme plate forme incontournable de propositions aux décideurs.
Opération de séduction?
A Touloum, chef lieu D’Arrondissement situé à 20km de Yagoua dans le Mayo-Danay, comme partout dans les parties de la région visitée, les populations et leurs hôtes ont vibré au rythme du scénario d’un retour au pays natal. Après le lancement du CRAC (Croire au Cameroun) le 28 Octobre 2014 à Yaoundé, le développeur atypique du monde rural a été accueilli comme un fils prodige de la même manière que la délégation qui l’a accompagnée. Entre autres cadeaux reçus, une mère du troisième âge lui a remis 1500 FRS dans un petit paquet emballé dont Bernard a présenté séance tenante aux journalistes et entend le garder jalousement
Le CRAC n’est-il pas allé sur le terrain pour des raisons électoralistes ? Peut-on véritablement avoir une idée pareille quand l’heure des élections n’a pas sonnée ? Pour Bernard Njonga, il n’est pas question de parler de politique là où les gens ont des soucis urgents. Le président nuançait ainsi suite aux multiples questions des journalistes en renseignant que son objectif premier c'est-à-dire « informer les camerounais » a été atteint.
Nécessité de solidarité
Avec 3 111 796 habitants, la région de l’Extrême-Nord se place 3ème derrière les régions du littoral et du Centre selon le recensement de 2005. Il est à noter que 2 403 032 habitants sont essentiellement des ruraux sur seulement 708 060 habitants en zone urbaine, dont à l’inverse des 02 régions susmentionnées. A cause de la menace sécuritaire, la grande majorité des producteurs ont laissé leurs exploitations ainsi que leurs récoltes pour des camps sans abri où ils n’ont pas accès aux terres.
L’axe Maroua-Kousseri ne circule plus, les mangues, oignons et autres denrées alimentaires sont de plus en plus rares à Yaoundé et à Douala. C’est dire que l’incidence de la guerre à l’Extrême-Nord dépasse l’ampleur de la région et interpelle tous les camreounais. D’où la nécessité impérieuse de ne plus avoir un bœuf sur la langue.
Concrètement !
Pour que ces déplacés aient accès aux terres, le CRAC compte saisir les autorités compétentes pour résoudre durablement le problème. La campagne agricole imminente, la situation est d’une extrême gravité surtout que les lamido leurs fixent les lopins de terre à des prix exorbitants. Le parti propose « une offre de développement de la région intégrant la construction des écoles, des routes, des centres de santé et une bonne politique de production agropastorale. Car au demeurant, de mauvaises solutions sont toujours apportées aux vrais problèmes de l’agriculture camerounaise. Autrement dit, quand arrêtons-nous au rythme des saisons et au rythme des tumultes ?
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