Cameroun, Tricherie, Corruption: Concours de la police, aïe !...
© Le Jour : Patrice Etoundi Mballa | 26 mai 2016 16:02:24 | 8132Nous avions toujours été nombreux à ne pas pardonner à Amnesty lnternational de rappeler sans cesse que l’administration camerounaise « est l’une des plus corrompues du monde ». De toute façon, nous n’en croyions pas un mot.
Chauvins et patriotiques jusqu’au bout des doigts, nous en étions plutôt fâchés ; car, nous y voyions sinon un à-priori raciste, du moins, une « enquête bâclée » qui ne relevait pas, d’après nous, des faits
concrets. Et, ma foi ! nul ne saurait reprocher à des citoyens libres d’aimer leur « cher et beau » pays, au point de réfuter d’emblée tout ce qui risque d’écorcher, à travers le monde, sa belle renommée…
Donc, dans quelques jours, comme si de rien n’était, nos élèves-commissaires, officiers, inspecteurs et gardiens de la paix vont entrer en formation, à l’issue des soi-disant concours où la corruption, les tricheries et les tripatouillages les plus ignobles auraient battu tous les records imaginables.
Nous sommes sérieusement embêtés.En effet, d’après des documents qui circulent et que l’on retrouve presque partout, y compris sur le Net,les résultats de ces différents concours sont d’une opacité inextricable…
Ainsi, en comparant les listes officielles que des journaux locaux avaient, en leur temps et à leur profit, intégralement publiées, où figuraient, par ordre alphabétique, les noms des « admissibles », avec les listes des définitivement « admis », cela coupe le souffle et brouille la raison : certains « définitivement admis » ne figuraient même pas parmi les « admissibles ». La conclusion se tire d’elle-même : certains « admis », définitivement , n’ont jamais mis les pieds dans une salle de concours.
En restant dans la même logique, on est obligé de reconnaître que ces « miraculeusement définitivement admis » sont, par rapport à la police et au parcours d’honneur qu’elle impose, des corps totalement étrangers.
Demain, ils seront inspecteurs, officiers, commissaires et tout ce que vous voulez; mais, la triste vérité demeure : ces « migrants n’ont jamais voulu être policiers ; ils n’ont fait l’objet d’aucune enquête de moralité; ils n’ont subi aucun concours. Ah, les veinards !... Mais, il faut les plaindre ; car, toute leur carrière durant, ils ne seront jamais fiers de la manière peu glorieuse dont ils sont entrés à la police, avec effraction.
Des amis qui semblent connaître, mieux que nous, les « réalités profondes du pays » nous ont averti qu’il ne fallait pas parler des problèmes de la police, à haute voix, parce qu’ils « proviennent de très
haut et qu’ils sont délicats ».
Ils ont même ajouté que c’est toujours comme ça que ces « affaires-là se passent ». Nous voulons bien !… Mais, dans un Cameroun de plus en plus intellectuellement « émergent », si nous ne dénonçons pas ce genre de comportements sales, comment allons-nous pratiquer « cette rigueur et cette moralité» auxquelles le président Biya nous invite ?
De plus, dans ce cas précis, comment faire, pour ne plus nous souvenir que le délégué général à la Sûreté, M. Mbarga Nguele, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », avait, par prémonition ou par expérience, semblé flairer quelque chose de louche dans ces concours, bien avant leurs tenues respectives ? Il avait alors tiré sur la sonnette d’alarme. Il avait même eu le courage responsable de brandir des menaces et de promettre des sanctions à tous ceux qui, lors desdits concours, viendraient à commettre des indélicatesses constatées. Ainsi, répondant aux questions de Mme Joyce Cécile Ndjem Mandeng, dans le N° 16, du mois de décembre 2014, de « Servir », le magazine trimestriel de la DGSN, M. Mbarga Nguele précisait, entre autres ; « … il faut qu’on sache qu’il n’y a pas de monnayage pour les concours d’entrée à la Sûreté Nationale… La seule voie valable est celle du mérite… Le corrupteur et le corrompu seront poursuivis… »
Le DGSN est l’une des personnalités- clé de la République. Il ne peut pas avoir parlé en l’air, juste pour faire plaisir à la curiosité d’une journaliste. Alors, on attend voir…
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