Cameroun, Kribi: Regain d'espoir pour les chercheurs de travail
© Mutations : Lazare Kingue | 19 févr. 2018 17:15:05 | 7475L’agence du fonds national de l’emploi de Kribi lance cette année, des formations permettant d’être qualifié pour un emploi au port autonome.
Rose Napoua, âgée de 24 ans, est titulaire d’un probatoire A4. Faute de moyens pour poursuivre ses études en terminale, elle a déposé il y a six mois son dossier à l’agence du Fonds national de l’emploi (Fne) de Kribi pour bénéficier d’une formation en hôtellerie. « Jusqu’à présent, je n’ai pas été appelée. Et pourtant, je sais que l’une des missions du Fne c’est la formation des jeunes en quête de qualification » déplore-t-elle. Serge Lobe Ntyam, titulaire d’un Bepc se retrouve également dans cette situation. Cela fait six mois qu’il a lui aussi déposé un dossier à l’agence Fne de la cite balnéaire pour suivre une formation en vitrerie et menuiserie métallique. « Je commence à perdre espoir et à croire que le programme formation/emploi dont on parle au Fne n’est que du bluff » fulmine-t-il, désespéré.
D’après le directeur d’agence Fne de Kribi, Pierre Mateke Selle, cette situation découle du fait que l’année 2017 a été financièrement difficile pour sa structure. Pas de possibilité de soutenir toutes les actions. Encore que beaucoup de financements ont été octroyés aux promoteurs de microprojets dont la plupart n'ont pas encore commencé à rembourser les emprunts. Et pourtant, en quête de formation pour une qualification dans les métiers de l’hôtellerie, de l’informatique ou les métiers portuaires, plusieurs dizaines de jeunes gens sont enregistrées dans leur base de données. « La volonté de leur faire bénéficier d’une formation est là. Mais il se pose un problème de moyens. Dans le plan d’action 2018, nous avons prévu plusieurs séries de formations. Nous demandons aux chercheurs d’emploi et à ceux qui ont déposé des dossiers de formation de garder espoir. Ce n’est pas parce que nous manquons de moyens immédiats qu’il faut penser que nous ne faisons rien », rassure le directeur d’agence.
Les visites en entreprise pour savoir recenser leurs besoins en matière de ressources humaines, l’accueil, l'orientation, l’insertion et la captation des candidats sont quelques unes des activités classiques du Fne qui sont en cours dans la cité balnéaire. Et dès cette semaine, débutent les formations ; avec en prime celle en conduite d’engins lourds qui ont débuté il y a quelques jours à Douala. « Il s’agit d’une formation en conduite de gros engins, de ceux que l’on retrouve au port. Seuls les titulaires d’un permis B sont retenus. La direction générale du Fne a mis des moyens à notre disposition afin que nous soutenions les jeunes qui, au sortir de cette formation, seront qualifiés pour un emploi décent au port de kribi », informe Pierre Mateke Selle. Cette année, le budget du Fne s’élève à 10 milliards Fcfa. Kribi espère donc une affectation de ressources qui lui permettra d’accompagner plus sereinement les jeunes inscrits.
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