Affaire Lydienne EYOUM au Cameroun:Yondo Black Mandengue « Je vais solliciter une audience auprès du chef de l’Etat »
© copy; Camer.be : Entretien avec Bernard BATANA | 15 juil. 2015 09:45:18 | 12530Dans son cabinet situé au quartier Akwa à Douala, Maître Black Yondo Mandengue, ancien bâtonnier de l’ordre et avocat au barreau du Cameroun est préoccupé. Sur sa table, un dossier brûlant, celui de Me Yem Eyoum, Française d’origine Camerounaise, sa cliente qui vient de prendre 25 ans de prison, la fermeture de son cabinet et la confiscation de ses biens pour crime de détournement de deniers publics. Le sujet a occupé l’actualité et fait les choux gras de la presse au cours de la visite du président François Hollande au Cameroun. Nous avons approché Yondo Black pour faire parler la « têtutesse » des faits dans cette affaire qui a pris des proportions après la rencontre entre Biya et Hollande et laisser libre cours aux commentaires.
Yondo Black se méfie des journalistes.
Qui abordent le sujet parce que « Vous les journalistes, déformez mes propos » sur un dossier aussi frileux ou Me Eyoum joue sa liberté. Dans ce pays ou l’amour propre est à fleur de peau, la susceptibilité exacerbée. Et s’érige contre un journal de la place qui a titré « Yondo Black refuse la main tendue du chef de l’Etat » Faux « Je n’ai nulle part dit que le président Biya a menti aux Camerounais et à François Hollande en présentant les faits de façon erronée » L’avocat soutient mordicus que Yen Eyoum est en détention arbitraire.
Que pensez-vous du détournement « 1 milliard cfa » commis par Yen Eyoum dont est convaincu Paul Biya lors de sa déclaration à l’occasion de la visite de Hollande ?
A cette question, l’avocat tend une note « Honoraires et frais divers affaire Etat /ex oncpb C/SGBC » signé de Abah Abah Polycarpe, alors ministre des finances dans laquelle on peut lire « La somme saisie « par Me Eyoum alors conseil de l’Etat du Cameroun » et qui s’élève 2 155 971 808 CFA se repartie ainsi qu’il suit : Etat : 1 059 618 453 CFA, avocats et huissiers : 1 096 353 355 CFA » L’Etat ayant intégralement perçu les sommes qui lui étaient dues et n’en déplaise à ceux qui pensent devoir faire de l’activisme autour de cette affaire à mon sens claire et limpide, je ne trouve pas d’objection à ce que les conseils et les huissiers perçoivent leur du. Conclut la note du ministre. La suite on la connait, l’emprisonnement.
Avez-vous déposé un recours en grâce ?
Pour l’heure, je suis quelque peu embarrassé quant à l’exercice du recours en grâce qu’il faut adresser au chef de l’Etat. Sa déclaration à l’occasion de la visite du président Hollande donne à penser qu’il est convaincu que Me Yen Eyoum a commis le crime de détournement de deniers publics qui lui est reproché, emboitant ainsi le pas à la cours suprême. Dans ces conditions, accorder la grâce serait verser dans l’arbitraire, alors que d’autres Camerounais, coupables du même crime continuent de croupir dans les geôles de la République. Ce n’est pas de ce Cameroun, ni de cette justice que nous voulons.
J’aurai été plus à l’aise en sollicitant le recours en grâce si le président Paul Biya avait répondu au journaliste que le président Français l’a saisi du cas de Me Yen Eyoum, mais sachant que nous sommes dans un Etat de séparation de pouvoirs, il avisera lorsqu’il aura le dossier en mains. Une telle réponse laissait la porte ouverte pour un recours en grâce, convaincu comme je le suis que la cour supreme a dénaturé les faits, forçant les portes pour aboutir à la condamnation.
Finalement alors…
Quoi qu’il en soit, je vais solliciter une audience auprès du chef de l’Etat, en espérant que ses sbires ne feront pas barrage, comme à l’accoutumée, afin de lui expliquer de vive voix mon obstination quant à voir libérer Me Lydienne Yen Eyoum, convaincu que ni elle, ni le ministre Engoulou aujourd’hui décédé, ni Mr Ngwem Honoré n’ont commis le crime de détournement de deniers publics qui leur est reproché. Les éléments constitutifs du crime au regard de la loi, faisant royalement défaut.
Lire aussi
ORLUS FOSSO, AMBASSADEUR YOUTH CONNEKT CAMER: FRUIT DE PLUSIEURS ANNÉES DE COMBAT POUR LA JEUNESSE
Univers carcéral: Mbombog Mbog Matip Emmanuel détenu arbitrairement à la prison centrale de Bertoua
Douala : elle retrouve son alliance au doigt de la maîtresse
Ce que Calixthe Beyala affirme sur la mort d’Adja Awa
Bafang : un député, un garde du corps et 12 millions FCFA
Études au Canada : comment un étudiant camerounais peut obtenir son permis d'études
Okola : un garçon de 6 ans au cœur d’une affaire de viol présumé
Les passions africaines autour du Cameroun
Université de Yaoundé I: La conférence de la sénatrice PUENE Françoise dit « MAMY NYANGA" annulée
Douala 5è : Ibrahim Hoballah honoré après la réalisation d’une route de 700 millions de FCFA
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Kaïros : le choix de l'inclusion pour la refondation du Cameroun
DJ CHRIST : LE NOUVEAU MAÎTRE DU BIKUTSI À PARIS !
Il y a 18 ans, l'assassinat du chanteur de reggae révolutionnaire Lucky Dube
DÉDICACE : DENISE NGUENE, LA MAGICIENNE DES MOTS, A OFFERT UNE MAGISTRALE SOIRÉE LITTÉRAIRE
Bangangté:la Fondation Motana Académie mise sur la formation professionnelle pour l’avenir de tous
il y a un mois
MRC : la convention du 17 octobre déclarée, le pouvoir peut-il dire non ?
Mendel : « Zelensky est le plus grand obstacle à la paix »
Sánchez : « Le droit international n'est pas à géométrie variable »
Thérèse Chartier - Ninard Tchoubi : « Nombre de Camerounais formés en France voient leurs compétence
Expulsés des États-Unis : le Cameroun dit oui pour 30 millions
il y a un an