Morsures de serpents : Plus de 266 décès par an au Cameroun
© Mutations : Paulette Ndong | 22 oct. 2015 12:43:45 | 14284Telles sont les estimations de la société internationale de toxicologie.
Les morsures de serpents sont aussi considérées comme un problème de santé publique dans le monde. Au Cameroun, selon les estimations de la société internationale de toxicologie, on enregistre entre 2. 255 et 6. 206 cas de morsures et une charge mortelle autour de 266 décès par an. L’une des raisons avancées par les médecins de santé publique pour expliquer ces décès est le coût de la prise en charge. «Une ampoule de sérum antivenimeux coûte 70.000 Fcfa. Il en faut au moins deux pour une bonne prise en charge», a signifié le Dr Armand Nkwescheu, épidémiologiste et par ailleurs président de la Cameroon Society of Epidemiology (Case), lors de la conférence de presse donnée mardi dernier à Yaoundé. A cause du coût élevé du traitement, les victimes préfèrent généralement se rendre auprès des tradithérapeutes. «Nous n’avons pas assez d’argent pour acheter les sérums antivenimeux. Nous pouvons le contourner», rapportent les médecins.
Les données recueillies par le système de surveillance de ladite société indiquent aussi une incidence de 10 morsures pour 100. 000 habitants dans certaines régions. Pour LeGrand Gonwouo Nono, biologiste de conservation, seules 32 espèces sont venimeuses sur environ 150 espèces que compte le Cameroun». Et selon les spécialistes, 50% des morsures ne sont pas venimeuses. «C’est pourquoi, quand les victimes viennent avec une morsure, il est très important d’observer les symptômes, de faire un prélèvement et, enfin, de poser son diagnostic. Il ne faut pas créer la psychose», insiste le Dr Armand Nkwescheu. La prise en charge dépend du type de morsure et de venin. On distingue par exemple le mamba (agressif, rapide, avec un bond de 25 km/h) «dont l’action du venin est neurotoxique, tandis que celle de la vipère du Gabon est hémorragique», précise le biologiste de conservation.
Comme méthode de stabilisation de la partie mordue, le bandage a été recommandé par les spécialistes. «Cependant, il doit être bien fait», indique l’épidémiologiste Armand Nkwescheu. En milieu urbain et en milieu rural, les populations ont pour habitude de faire un garrot après une morsure de serpent. L’efficacité de cette technique «qui empêcherait le venin de remonter jusqu’au cœur» a été remise en cause. «Lorsque vous faites un garrot, vous attachez et serrez la partie qui se trouve au dessus de la morsure. Ce geste pratique dangereux empêche le sang et la lymphe de circuler dans l’organisme», avertit-il.
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