Parfait Mbvoum à Kondengui : les «ordres d'en haut» révèlent une justice expéditive au Cameroun
© Camer.be : Toto Jacques | 28 nov. 2025 12:12:58 | 3323L’actualité politique au Cameroun est de nouveau marquée par un geste fort et expéditif du pouvoir. Parfait Mbvoum, figure politique et soutien du président élu Issa Tchirome Bakary, a été discrètement déposé à la prison centrale de Kondengui hier soir aux alentours de 23 heures. Cette action, menée en catimini, loin des caméras et de l'agitation médiatique habituelle, soulève de sérieuses interrogations quant au respect des procédures légales et à l'indépendance du processus judiciaire en cours.
Selon un membre de sa famille, contacté peu après le transfert, cette manœuvre ne serait pas le fruit d’une décision administrative ordinaire, mais l’exécution d'« ordres venus d’en haut ». Cette déclaration, bien que non officielle, renforce la perception tenace d’une justice expéditive et instrumentalisée, où les injonctions politiques priment sur le droit. Pour les observateurs des droits humains et les analystes politiques, l'utilisation de la prison de Kondengui, déjà tristement célèbre comme lieu de détention des opposants et des militants de la société civile, envoie un signal clair de la fermeté et de l'intransigeance du régime.
Parfait Mbvoum était dans le viseur des autorités depuis ses déclarations publiques jugées subversives, notamment celles relatives à la Brigade Anti-Sardinards (BAS) et à l’éventualité d’un changement de régime par des voies non conventionnelles. Son interpellation et son défèrement devant le tribunal militaire de Yaoundé en mars dernier avaient déjà mis en lumière la tendance du pouvoir à réprimer sévèrement toute forme de dissidence politique. La rapidité et la discrétion de son incarcération nocturne illustrent une volonté d’éviter toute mobilisation de soutien ou de minimiser l’impact médiatique de cette décision.
Cet épisode s'inscrit dans un contexte où la liberté d'expression est de plus en plus menacée. Chaque action ciblée contre un opposant majeur ou un leader d'opinion, qu'il soit un militant pour le changement ou un critique du système, contribue à la contraction de l’espace démocratique. Le message transmis par ce transfert nocturne est sans équivoque : la gouvernance camerounaise n'hésitera pas à utiliser toutes les ressources de l'État pour maintenir son emprise. L'opinion publique et la diaspora attendent désormais de voir si cette incarcération se transformera en une longue détention préventive, caractéristique des dossiers politiques sensibles.
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