Quand Barack Obama accable Nicolas Sarkozy à propos de la Libye
© Source : Lexpress.fr | 11 mars 2016 03:04:50 | 24133Dans une interview fleuve sur sa politique étrangère au cours de ses deux mandats, le président américain revient sur les ratés des interventions militaires américaine. Et se défausse sur la France de Nicolas Sarkozy à propos de la Libye.
Dans une série d'entretiens fleuve avec le magazine The Atlantic, le président américain Barack Obama revient sur le bilan de la politique étrangère américaine. Parmi les sujets abordés avec le journaliste Jeffrey Goldberg, il revient sur la Libye, et notamment l'intervention menée avec la France et le Royaume-Uni en 2011.
Le président américain emploie le terme de "désordre" avec le journaliste, mais en privé, il parle de "merdier" (shit show), assure Jeffrey Goldberg. Un bourbier qu'il attribue moins à l'incompétence américaine qu'à la passivité de ses alliés et à l'implacable pouvoir de nuisance du tribalisme.
"Quand je regarde en arrière et que je me demande ce qui n'a pas marché", confie Obama, j'admets qu'il y a des critiques à faire, "parce que j'avais plus de foi dans les Européens, étant donné leur proximité avec la Libye, leur investissement dans le suivi" de ce pays. Le président américain souligne que Nicolas Sarkozy a perdu son poste l'année suivante. Tandis que le Premier ministre britannique David Cameron a rapidement cessé d'accorder de l'attention à la Libye, "distrait par une série d'autres choses."
La "vantardise" de Sarkozy
"Sarkozy voulait mettre en avant la participation de la France à la campagne aérienne, alors que nous avions détruit toutes les défenses aériennes et mis en place l'essentiel de l'infrastructure" de l'intervention. Ce genre de vantardise était une bonne chose, poursuit Barack Obama, parce que cela permis aux États-Unis "de nous offrir la participation de la France de sorte que l'intervention est devenue moins onéreuse et moins risquée pour nous."
En d'autres termes, donner à la France un crédit supplémentaire en échange de risques et de coûts inférieurs pour les États-Unis était un compromis utile, sauf que "du point de vue d'un grand nombre d'experts de l'establishment des Affaires étrangères, eh bien, ce fut terrible. Si nous devions faire quelque chose, nous devions évidemment être à l'avant, et personne d'autre ne devait en partager l'honneur ".
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