Coup d’État au Niger : ce qu’on sait
© Camer.be : Paul Moutila | 29 août 2026 14:29:07 | 9019Tentative de coup d’État au Niger : des mutins ont attaqué le palais présidentiel et la base aérienne 101 à Niamey. La garde de Tiani résiste.
Dans la nuit de vendredi à samedi, des militaires mutins ont tenté de prendre le contrôle de Niamey le régime du général Tiani, lui-même issu d’un putsch en 2023, affirme avoir repris la main.
Des tirs ont déchiré le silence de Niamey dans la nuit. Une tentative de coup d’État était en cours. Le palais présidentiel, la télévision d’État et l’aéroport étaient visés. La garde présidentielle a repoussé l’assaut, mais les combats se poursuivent aux abords de la base aérienne 101.
Le régime du général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir en juillet 2023 par un putsch, est confronté à ce qu’il qualifie de « mouvement d’humeur ». Une mutinerie menée par de jeunes officiers nigériens, venus de bases militaires régionales. L’enjeu ? La stabilité d’un pays du Sahel déjà miné par dix ans de violence djihadiste.
Une nuit de tirs à Niamey
Vers 1 heure du matin, heure locale, des tirs d’armes automatiques ont résonné dans plusieurs quartiers de Niamey. Des riverains ont rapporté des « tirs nourris et des détonations au niveau de la base » militaire, attenante à l’aéroport. Une habitante du quartier de la Poudrière témoigne : « On a eu trop peur, ça tirait trop, je me suis cachée sous le lit ».
Les mutins ont visé trois cibles stratégiques : le palais présidentiel, l’aéroport international Diori-Hamani et la Télévision nationale. Le signal de Télé Sahel a été coupé pendant un peu plus d’une heure, avant de revenir vers 10 heures.
La garde présidentielle résiste
Selon une source sécuritaire basée en Afrique de l’Ouest, « il y a eu une tentative de pénétrer dans le palais présidentiel par des insurgés issus des forces armées nigériennes. Ils ont été repoussés par la garde présidentielle ».
Un diplomate africain à Niamey confirme : « Il est clair que pour le moment la garde est restée loyale » au général Tiani. Le député nigérien du parlement de l’Alliance des États du Sahel (AES), Ibrahim Bana, a affirmé sur Facebook que « la situation est totalement sous contrôle de la Garde présidentielle ».
Un régime déjà fragilisé
C’est la troisième fois cette année que Niamey connaît des échanges de tirs. Mais les deux précédentes en janvier et juin étaient des attaques djihadistes ayant visé l’aéroport, repoussées en quelques heures. Cette fois, il s’agit d’une mutinerie interne à l’armée.
Le général Tiani avait lui-même reconnu en janvier « une faille dans le système » qui avait « permis l’attaque » contre l’aéroport. Une faille qui semble s’être élargie.
Des mutins aux motivations troubles
Des sources de renseignement indiquent que les événements ne sont pas liés aux djihadistes, mais à des troupes mutines issues de bases militaires régionales convergent vers la capitale. Certaines factions de l’armée reprochent à la hiérarchie le lourd tribut humain payé par les soldats en première ligne dans la lutte contre les groupes armés.
Un contexte régional instable
Le Niger est dirigé depuis juillet 2023 par une junte militaire qui a tourné le dos à la France pour se rapprocher de la Russie. Le président renversé Mohamed Bazoum est toujours détenu captif. Le régime peine à contenir la violence djihadiste qui ravage le Sahel depuis une décennie.
La situation en ce moment
Le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, a lu un communiqué à la télévision publique : « La prompte réaction des forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire ce mouvement d’humeur et de reprendre progressivement le contrôle de ces sites ». Il a appelé la population à « garder son calme et vaquer librement à ses occupations ».
En fin de matinée, un habitant du quartier de Yantala, proche de la présidence, a affirmé : « Tout est redevenu calme, on n’entend plus de tirs ».
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