Répression du Soutien à Tchiroma, le Cas Ludovic DAGA et la Peur Politique
© Camer.be : Toto Jacques | 22 nov. 2025 13:04:44 | 4193Le Cameroun fait face à une nouvelle vague de tensions politiques où l'expression de l'opinion, notamment celle favorable à l'opposant Issa Tchiroma Bakary, semble être devenue un acte risqué et sévèrement réprimé. Le cas de Ludovic DAGA, présenté comme un militant du MRC détenu à Kondengui, illustre parfaitement cette situation.
Son emprisonnement et le sort réservé à d'autres partisans de l'opposition mettent en lumière ce que certains décrivent comme une véritable chasse aux sorcières. Le simple fait de manifester son soutien à l'opposant, d'arborer un gadget à son effigie ou d'affirmer publiquement qu'il aurait pu remporter l'élection du 12 octobre est perçu par le pouvoir en place comme une provocation grave, justifiant des mesures d'une extrême sévérité, loin des standards d'un État de droit démocratique.
Ce climat de peur, où le nom même de Tchiroma ne peut être prononcé « en bien » sans risque de représailles, témoigne d'une volonté d'étouffer toute forme de contestation post-électorale. Les autorités camerounaises justifient ces interpellations politiques par la nécessité de maintenir l'ordre public face à ce qu'elles qualifient d'« actes insurrectionnels » et de « tentatives de déstabilisation » du pays.
Elles ont d'ailleurs promis des poursuites judiciaires fermes contre l'opposant lui-même pour violation du code électoral et incitation à l'insurrection. Cependant, pour l'opposition et les organisations de défense des droits humains, cette réaction disproportionnée est une manœuvre pour confisquer le pouvoir et terroriser le peuple. L'enjeu dépasse le seul sort des détenus comme Ludovic DAGA; il s'agit de la liberté d'expression et de la capacité du pays à garantir un processus électoral transparent et incontestable.
La communauté internationale a, à plusieurs reprises, dénoncé cette répression accrue, exhortant le gouvernement à libérer les détenus sans condition. Cette crise, nourrie par la revendication de victoire de Tchiroma et l'absence d'une réforme électorale en profondeur, continue de miner la stabilité politique du Cameroun.
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