Nord-Ouest et du Sud-Ouest : Une réponse militaire à un problème politique
© Le Jour : Denis Nkwebo | 24 janv. 2017 01:00:06 | 8076Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont quadrillées par un dispositif militaire impressionnant.
Des barrières de police et de gendarmerie sont visibles sur toutes les voies qui mènent dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. A Kumba, au 83ème peloton d’infanterie motorisé, les soldats disposent leurs équipements dans la grande cour. Les sapeurs-pompiers de la même ville ne sont pas en reste. Les soldats du feu sont prêts en permanence.
Le décor est presque le même dans tous les commissariats de la région du Sud-Ouest. A Buea, les chars lance-eau de la police et de la gendarmerie sont particulièrement redoutés par les populations locales, notamment celles qui sont impliquées directement dans les manifestations de rue. A Molyko, les étudiants se souviennent des descentes musclées des forces de l’ordre et leurs méthodes fortes.
Les va-et-vient des véhicules militaires et de police sont devenus permanents à Bamenda et Buea, depuis le début de la contestation sociopolitique qui a cours en ce moment dans ces régions. A Limbe, les populations observent avec intérêt les mouvements du Bataillon d’intervention rapide qui y dispose de sa plus importante base et son centre d’instruction. De sources militaires, près de 1000 gendarmes ont été déployés en renfort dans les deux régions.
Le nombre de fonctionnaires de police déployés en appoint aux forces sur place est encore plus impressionnant. « Nous étions confrontés à une situation insurrectionnelle qui n’était pas apparente et nous avons été obligés de prendre les mesures sécuritaires appropriées pour éviter le chaos sociale », a récemment confié un officiel au Jour.
En réalité, le gouvernement a décidé d’apporter une réponse militaire à un problème politique. En effet, les projectiles des manifestants, les cris d’étudiants, la grogne des enseignants et les processions des avocats en robes n’étaient pas susceptibles de provoquer l’effondrement du système. Si bien que la mobilisation des moyens militaires s’apparente à une utilisation excessive de la force. L’impressionnant déploiement des forces de défense et de sécurité dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest peut être contre-productif.
Le régime montre une nervosité certaine et mobilise ses forces comme s’il était poussé à ses derniers retranchements. Depuis l’interdiction du Consortium des organisations de la société civile anglophone et du Southern Cameroon National Council, il règne sur le pays entier un état d’exception de fait. A en juger par les interpellations à la pelle et la militarisation à outrance.
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