Mbouda : Quand saboter une réunion politique devient un sabotage démocratique
© Camer.be : Paul Moutila | 26 janv. 2026 12:56:18 | 2692Ce qui s'est produit à Mbouda dépasse largement le cadre d'un simple incident. L'Assemblée Générale du MRC, pourtant déclarée et autorisée, a été violemment perturbée par un commando organisé. Ces individus ont fait irruption, détruit du matériel, semé la panique, puis sont repartis tranquillement sous le regard passif des forces de l'ordre. Ce n'est pas un fait divers, c'est un signal d'alarme pour la démocratie camerounaise.
Une opération planifiée, pas un mouvement spontané
Personne parmi les habitants de Mbouda n'a reconnu ces perturbateurs. Leur coordination militaire, leur protection tacite et leur départ à bord de véhicules de luxe trahissent une manœuvre soigneusement orchestrée. Ces agents du chaos n'étaient pas là par hasard. Ils exécutaient une mission de sabotage politique commanditée par des élites locales paniquées devant la montée en puissance du MRC. Quand on ne peut plus gagner par les urnes, on tente de les empêcher.
Le silence complice des forces de sécurité
Les forces de l'ordre ne peuvent se réfugier derrière une prétendue neutralité politique. Leur mission est républicaine avant tout. Les textes internationaux leur imposent de protéger les droits fondamentaux, notamment le droit de réunion et la participation politique. En restant passives face à cette agression, elles ne sont plus neutres. Elles prennent parti contre la démocratie. Ce silence complice constitue une faute grave qui mine la confiance citoyenne envers les institutions censées garantir l'État de droit.
Saboter aujourd'hui, fausser demain
Des élections libres ne commencent pas le jour du vote. Elles se construisent à travers la liberté d'organiser des réunions politiques, l'égalité d'accès à l'espace public, la sécurité des militants et l'impartialité de l'administration. Empêcher un parti de se réunir aujourd'hui, c'est déjà fausser l'élection de demain. Chaque entrave à la liberté d'expression politique compromet l'intégrité du processus électoral dans son ensemble.
La peur révèle la faiblesse
Ce recours à la violence indirecte n'est pas une démonstration de force. C'est l'aveu d'une peur électorale. Ceux qui redoutent le verdict des urnes cherchent à créer le chaos, à provoquer des réactions, à justifier demain la répression ou le report des échéances électorales. Mais l'histoire l'a prouvé maintes fois : on ne combat pas une idée avec des nervis, on ne bat pas un état d'esprit par l'intimidation.
Une conscience citoyenne irrépressible
Le MRC est devenu bien plus qu'un simple parti politique. C'est désormais une conscience citoyenne qui se diffuse à travers le Cameroun. Les citoyens savent que leurs droits ne sont pas des faveurs, que la démocratie ne se mendie pas, que la souveraineté populaire se défend par l'organisation, la discipline et la vigilance. Qu'on autorise ou qu'on interdise, cette prise de conscience collective ne peut être étouffée par la force.
L'urgence d'une mobilisation responsable
Face à ces provocations, la réponse doit être la documentation systématique des abus, la mobilisation pacifique et massive, la solidarité citoyenne au-delà des clivages. La vigilance lors des prochaines activités politiques, dans le strict respect de la loi, devient impérative. L'interpellation nationale et internationale sur le comportement des autorités s'impose. La paix durable ne naît pas de la peur, mais de la justice et du respect de la volonté populaire.
Ce qui s'est passé à Mbouda concerne tous les Camerounais, quelle que soit leur affiliation. Aujourd'hui c'est le MRC, demain ce peut être n'importe quel citoyen. Défendre le droit d'un parti à se réunir, c'est défendre le droit du peuple à choisir librement. Le peuple observe, apprend et se prépare, pacifiquement mais déterminé.
Comment garantir que les prochaines échéances électorales se déroulent dans des conditions véritablement démocratiques ?
Lire aussi
Sylvia Bongo exige des comptes sur les biens saisis au Gabon
Marche de soutien : Yaoundé 5 répond présent pour Biya
Condamné à mort, Kabila lance son plan pour « sauver » la RDC
Fayçal Demaissala : « Le PCRN n'avait que 6 000 procès-verbaux »
Maurice Kamto : simple militant, mais faiseur de rois
MRC : Willy Mengue convoqué, il dit ne pas fuir la justice
Assemblée nationale :Le Président DATOUO Théodore convoque le Bureau en réunion cruciale lundi
Vice-président : Osih accuse Biya d'escroquerie
Qui veut faire interdire la convention du MRC ?
Convention extraordinaire du 17 octobre prochain: Les clarifications du MRC
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Conseil constitutionnel : le bureau d'Atangana scellé à Yaoundé
« Rip Monsieur le Président » : l'hommage qui est en réalité un réquisitoire
Vision 4 : Sadi ordonne à Canal+ de rétablir la chaîne
MRC : Mengue promet de ne pas troubler le 17 octobre
38 postes de contrôle, 17 pots-de-vin : le corridor en chiffres
il y a un mois
« La France a tout organisé » : la sortie explosive d'Ali Bongo
Indira Baboke dit « oui » à Tamsir en plein concert à Douala
SURESNES – DJ HANS ET RÉGINE : QUAND L’AMOUR CHOISIT LA SOBRIÉTÉ
Coupures d'électricité : Zelensky menace de riposter sur Moscou
Bab el-Mandeb : les Houthis contrôlent désormais le détroit
il y a un an