Grégoire Owona reproche à Kamto son silence sur les violences post-électorales à Dschang
© Camer.be : Paul Moutila | 18 oct. 2025 01:33:06 | 3924Dans le paysage politique camerounais déjà sous tension après la présidentielle du 12 octobre 2025, un nouvel échange tendu oppose le pouvoir et l'opposition. Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du comité central du RDPC, le parti au pouvoir, a publiquement critiqué le chef de l'opposition Maurice Kamto pour ne pas avoir condamné les récentes manifestations violentes ayant secoué Dschang, une ville de la région de l'Ouest dont ce dernier est originaire.
Cet épisode intervient après que Maurice Kamto a appelé, vendredi, au respect du verdict des urnes tout en enjoignant les Camerounais au calme et à patienter en attendant les résultats officiels. Alors que le leader de l'opposition redoutait qu'une fraude électorale massive ne plonge le pays dans le chaos, venant s'ajouter à deux conflits armés préexistants, Grégoire Owona, également ministre du Travail, a exprimé un tout autre regret. Il a fustigé le silence de Kamto concernant les violences post-électorales à Dschang, où la situation a dégénéré.
« Assez sincèrement, j'aurais attendu du Professeur Associé de Droit que vous êtes, une condamnation ferme des graves obstacles au processus électoral ainsi que des manipulations qui ont conduit aux incidents de Douala et Dschang, rapidement contenus par les forces de l'ordre, dont je salue le rôle républicain », a déclaré le dignitaire du régime. La ville de Dschang a en effet été le théâtre d'une crise politique aiguë, avec des manifestants incendiant le palais de justice et la maison du parti au pouvoir, RDPC, pour protester contre de forts soupçons de tripatouillage des procès-verbaux électoraux.
Ce différend illustre la profonde fracture qui caractérise le processus électoral camerounais. D'un côté, l'opposition et une partie de la société civile réclament une transparence absolue et dénoncent des irrégularités. De l'autre, le pouvoir en place défend la légitimité du scrutin et appelle à attendre les résultats dans le calme, tout en mettant en avant le professionnalisme des forces de sécurité. Le dialogue semble rompu, laissant planer le spectre d'une instabilité prolongée.
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