Crise anglophone : Les chefs traditionnels de l’Ouest pour un autre dialogue national
© Mutations : Blaise Djouokep | 30 nov. 2020 12:49:00 | 2211Dans une déclaration, le Ccto se prononce sur les différentes crises que traverse le Cameroun et propose des solutions pour remmener la paix et la sérénité.
Quatre points constituent l’ossature de la déclaration des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun. Dans le document signé le 19 novembre par le Conseil des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun (Ccto), ces gardiens de la tradition se prononcent sur l’actualité sécuritaire, sociopolitique, sanitaire et économique. Ainsi, sur le plan sécuritaire, «nous interpellons en premier lieu, les chefs traditionnels de notre pays afin qu’ils organisent urgemment une rencontre pour activer, à leur niveau, les mécanismes traditionnels et coutumiers de résolution de ce type de conflit interne », indique la déclaration.
Les chefs traditionnels exhortent également les parlementaires à inscrire à l’ordre du jour ce problème dit anglophone afin d’y apporter des solutions. Et comme piste de solution à la résolution de ce conflit interne, les gardiens de la tradition proposent aux pouvoirs publics d’aller au-delà des balises posées lors du grand dialogue national en facilitant une concertation entre tous les courants de contestation, pour avoir un autre dialogue avec des interlocuteurs reconnus et mandatés. Concernant la pose des engins explosifs qui prend de l’ampleur dans les villes de Douala et Yaoundé, le gouvernement est appelé à prendre très au sérieux ce phénomène.
Sur le plan sociopolitique, les chefs traditionnels de l’Ouest constatent une montée progressive d’une tension et frilosité qui crée un climat de méfiance, d’intolérance et même de défiance. D’après la déclaration signée du président exécutif du Ccto, Sa Majesté Maurice Tchio, chef des Bamendjo, les pouvoirs publics semblent ne plus être réceptifs qu’aux courtisans et laudateurs et tolèrent de moins en moins la critique, fut-elle positive ; l’équilibre régional est dépassé mais surtout, travesti par le favoritisme, la corruption et le népotisme ; les relations entre les chefs traditionnels et les autorités administratives se raidissent peu.
Afin de remmener un climat de confiance et de sérénité, les chefs traditionnels proposent entre autres l’organisation par les chefs traditionnels d’un grand forum national contre le tribalisme ; la mise en place urgente d’un cadre de concertation entre les pouvoirs publics et les partis politiques ; la mise en veille des dissensions partisanes afin de trouver une solution au conflit interne dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
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