Crise Anglophone : La Commission africaine met la pression sur Paul Biya
© Le Messager : Christian TCHAPMI | 03 mai 2018 18:15:25 | 22623Dans un rapport dont le Messager a obtenu copie, la Commission africaine des droits humains et des peuples, somme le gouvernement camerounais de répondre des abus dont ont été victimes Paul Ayah Abine et certains cadres du parti pour l’action du peuple (pap) depuis le début des mouvements de rébellion dans les régions anglophones du pays.
Huit pages d’une densité incroyable. Un volumineux document articulé autour d’un impressionnant exposé des faits et des incidences reposant sur des termes procéduriers puisés non seulement dans la Charte des Droits de l’Homme et des Libertés mais aussi des textes fondamentaux régissant la Commission africaine des droits humains et des peuples dont la dernière session extraordinaire remonte au 22 février dernier à Banjul en Namibie. Le rapport (rédigé en anglais) de cet organisme relatif à ce qui est en droit d’être baptisé « l’affaire Pap contre l’Etat du Cameroun », est en quelque sorte, le résumé du calvaire de Paul Ayah Abine et de certains camarades du parti, devenus sans le vouloir, des victimes otages d’un régime frileux qui fait feu de tout bois pour tenter d’étouffer Les véritables raisons de la crise anglophone. Pourchassés, acculés, pris pour cible et injustement accusés d’avoir contribué à l’enlisement de la situation sociale qui embrase les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, tel qu’ils le décrivent, les plaignants qui ont saisi l’instance en janvier dernier pour dénoncer les abus dont ils sont victimes, ont exigé réparation.
Les sombres desseins du régime
Clichés après clichés, la Commission s’appuie sur ces accusations pour motiver son rapport. Au rang des victimes, le Vice-président, le secrétaire national à la Communication, le Coordonnateur du parti à Kumba, le chef de campagne dans les localités tels : Buea, Mamfé et même des militants et sympathisants influents du Pap … Tous « arrêtés, torturés et embastillés dans des prisons du Cameroun, en attente de jugement », comme l’indique ledit rapport.
Au banc des accusés, le régime en place qui redoute que l’expansion du Pap ne fasse ombrage au Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (Rdpc) en perte de vitesse. Du moins, si l’on s’en tient aux résultats des dernières élections sénatoriales. Les plaignants estiment que le pouvoir en place a pris pour prétexte la crise anglophone pour « anéantir les adversaires politiques en usant même des méthodes non conventionnelles ».
Des actes que la Commission condamne avec la dernière énergie, estimant que ce parti ne demande qu’à participer au processus de consolidation de la démocratie au Cameroun. Après avoir jugé l'affaire admissible au regard de l’exposé des faits et de leur véracité, exige du régime « plus de preuves contradictoires pour mieux travailler en toute équité et en toute impartialité ».
100 milliards de Fcfa en guise de réparation
Selon le rapport, l’Etat s’est visiblement tiré une balle dans la jambe avec l’affaire Paul Ayah Abine. Ecroué pendant huit mois dans les geôles du Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed) sans jamais été auditionné, l’ancien Avocat général près de la Cour suprême qui avait saisi par voie de courrier, le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme à Genève, n’a retrouvé la liberté que le 31 août 2017.
Après avoir été enlevé à son domicile à Yaoundé le 21 janvier 2017 par six hommes armés et non identifiés puis, détenu « de façon illégale », le président du Pap dont la santé est de plus en plus vacillante, n’a eu la vie sauve qu’à la faveur d’un décret signé de Paul Biya pour instruire l’abandon des poursuites contre le magistrat à la retraite accusé d'être le leader des séparatistes et d’avoir pris sur lui de financer des mouvements de contestation du régime.
Malheureusement, cette décision du président de la République n’a pas suffi à calmer l’ire de la famille qui continue d’accuser le gouvernement d’avoir injustement transformé un homme sain en un grand malade ; un homme digne en un terroriste. La fameuse lettre des avocats (juillet 2017) à laquelle étaient joints en annexe, divers documents de nature à prouver l’arrestation et la détention arbitraire de l’ancien député Rdpc dans le Manyu, serait donc l’élément déclencheur au sein de l’Union africaine.
D’ailleurs, le Pap, pour justifier cette démarche, estime que c’est parce que la justice leur a été refusée dans leur pays qu’il a saisi l'étranger. La Commission pense qu’il est temps que l'Etat réponde de ses actes qui ne sont pas dignes de ceux d'un Etat de droit. En rappel, l'indemnisation réclamée par le Pap s'élève à 100 milliards de Fcfa. Aux dernières nouvelles, le gouvernement aurait déjà été saisi et leur défense reste attendue. A suivre !
Lire aussi
Le calendrier électoral est devenu un secret d’État au Cameroun !
Libye : 15 ans après Kadhafi, le chaos a gagné
Binyam sort du silence : « Mon nom n’est pas à vendre »
Convention extraordinaire du Mrc: Les militants de Kékem envisagent les victoires futures
Les « katikas » veulent renverser la table À qui profiterait la chute de l'État ?
Tiriane Balbine Noah : « Kamto mérite le Nobel de la Paix »
FRANCE : QUAND LA JEUNESSE S’EMBRASE, LE FILM DES EVENEMENTS
Partis politiques : Tiriane Balbine Noah élue présidente du MRC
MRC à Odza : le jour où l’opposition change de visage
Fichier vicié : Binyam boycotte le scrutin du MRC
Canal de vie
POINT DU DROIT
partenaire
évènement
vidéo de la semaine
vidéo camer
il y a une semaine
Conseil constitutionnel : Nama Remy, l'homme qui succède à Atangana
Pénurie de poisson au Cameroun : Congelcam sonne l'alerte
Mvondo Ayolo dément : « On ne cache pas la mort d'un chef d'État »
Me Touko Tom : « La faute historique de l'opposition camerounaise »
Des millions de la fondation Fu'a Toula Kadji D. pour les lauréats de l’excellence scientifique
il y a un mois
Franc CFA, bases militaires : l'Occident perd pied en Afrique
Paris sportifs au Maghreb : pourquoi la nuit de Blida hante encore les parieurs algériens
SOSUCAM : l'offre kényane qui change tout
Mercy of God : un cercueil caché sous le béton à Nkoabang
Douala : enceinte, elle est agressée en allant accoucher
il y a un an