CAMAIR-CO : Bras de fer entre le DG et son PCA
© Repères : Georges YABADA | 27 mai 2019 00:40:00 | 5163Dans une lettre du 6 mai 2019, Ernest Dikoum, le directeur général (DG) de la compagnie aérienne nationale, prend à contrepied Louis Georges Njipendji, son président du conseil d'administration (PCA), lequel exige le décaissement de 171millions FCFA pour louer un aéronef auprès de la société National Airways.
C'est le 26 avril 2019, que Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) annonçe à ses partenaires commerciaux, la fermeture de ses vols régionaux à la vente, «en attendant l'entrée en service d'un nouvel aéronef». Rassurant dans le même message le maintien à la vente des vols domestiques. Camer.be. Conséquence évidente de cette suspension des services régionaux de la Camair-Co : l'arrêt quasi-total de l'exploitation de la compagnie en raison du manque de moyens financiers, d'après un préavis de grève lancé le 24 avril 2019 par le Collectif des syndicats nationaux des transports aériens. Malgré une accalmie sociale apparente, la compagnie aérienne nationale reste confortablement installée dans une zone rouge.
Par correspondance du 6 mai 2019, Louis Georges Njipendji, autorise Ernest Dikoum, à signer avec la société National Airways, un contrat de location d'un aéronef de marque «Embraer ERJ 145». L'info claire et nette. Ce, conformément aux résolutions du conseil d'administration du 26 avril 2019. Au terme duquel des mesures transitoires de redressement ont été prises. A savoir: la réduction des fréquences et des dessertes non rentables, la stabilisation de la flotte, avec au moins 1 MA60, 1 Q400, le B737 de Karinou et un autre avion de location, la reconstitution de la flotte de la compagnie à très moyen terme avec l'acquisition au moins de 2 Boeing 737 NG en échange.
La notification du président du conseil d'administration à son directeur général, bien qu'en conformité avec les mesures de crise à appliquer, méconnaît pourtant la situation catastrophique de la trésorerie de la Camair-Co. En réponse à Louis Georges Njipendji, Ernest Dikoum confirme en effet, dans une correspondance également adressée le 6 mai 2019, la forte tension de trésorerie qui frappe de plein fouet «L'étoile du Cameroun». «Je voudrais signaler l'indisponibilité en l'état actuelle de la trésorerie de Camair-Co».
Dans la même correspondance, le directeur général recadre: «Permettez-moi à toutes fins utiles que ma lettre du 2 mai 2019 visait à vous présenter le comparatif des trois offres reçues, afin de vous permettre de déterminer laquelle choisir. L'objectif n'était pas de solliciter l'autorisation du conseil d'administration pour la location auprès de la société National Airways d'un aéronef Embraer ERJ 145, comme il a été indiqué dans votre correspondance ».
Au-delà de cette divergence d'approche, Ernest Dikoum dévoile dans sa correspondance, le fonds de caisse de Camair-Co, après «avoir pris acte du choix du Conseil d'administration porté sur la National Airways». «Nous ne disposons pas de la somme nécessaire au règlement du déposit, condition préalable à la location de l'aéronef Embraer ERJ 145 en ACMI», explique le directeur général au PCA. Le montant du déposit étant évalué à 171.843.750 FCFA. Cessation de paiement ? Banqueroute ? Camair-Co budgétivore pique du nez.
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