Qatar 2022 : Premières leçons d’une élimination
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Cela aurait dû être le match référence de la sélection nationale du Cameroun en coupe du monde de football. Malheureusement, la laborieuse victoire des Lions indomptables sur la Seleção du Brésil est restée en travers de la gorge de nombreux supporters qui espéraient un meilleur résultat de la Serbie face à la Suisse pour ouvrir une place aux Lions indomptables pour les 8ème de finale. Seulement, dans la foulée de ce rêve en passe de devenir une réalité, le Cameroun a écrit une des plus belles pages de son histoire en s’offrant le scalp du Brésil (1-0) vendredi 2 décembre à la Coupe du monde 2022.

Malheureusement, les Lions indomptables du Cameroun sont éliminés en raison de la victoire de la Suisse dans l’autre match qui se jouait au même moment. Ainsi donc, après la Tunisie, victorieuse de l’équipe de France, tenante du titre, mais éliminée (1-0), un 2ème représentant africain a vécu le même triste scénario, également frustrant à la Coupe du monde 2022 : les Lions indomptables du Cameroun. Toutefois, vendredi dernier, les poulains de Rigobert Song ont en effet réalisé un authentique exploit en battant le Brésil, grand favori du tournoi (1-0), au Stade Lusail. Même si les Auriverde alignaient un onze remanié (mais toujours très impressionnant), la performance est de taille.

Malheureusement, la victoire de la Suisse contre la Serbie dans l’autre match de ce groupe G (3- 2) a conduit les Lions Indomptables au quai dans un port de Doha. Avec comme sentence, le retour au pays, comme l’Allemagne ou la Belgique. Avec un onze très offensif (4 attaquants) et une charnière centrale inédite Wooh-Ebossé, les Camerounais affichaient pourtant leurs limites défensives en début de partie et semblaient jouer sur un fil. Hormis une tête de Martinelli qui obligeait Epassy à s’employer, les hôtes de la dernière Can ne concédaient toutefois pas de grosse occasion et leur jeu agressif posait de plus en plus de difficulté aux Auriverde. Mieux, les Lions Indomptables commençaient à sortir les griffes, avec un centre de Fai repoussé tant bien que mal par Ederson et surtout une tête smashée de Mbeumo, sur un centre de Ngamaleu, qui contraignait Ederson à réaliser un superbe arrêt. Le premier tir cadré concédé par le Brésil dans ce Mondial.

Au retour des vestiaires, ce sont encore les quintuples champions d’Afrique qui se montraient les plus menaçants mais Aboubakar, en bonne position, croisait trop sa frappe. La Seleçao n’était toutefois pas en reste et Epassy avait l’occasion de commencer son show. L’habituel remplaçant d’André Onana, suspendu et qui a quitté le rassemblement, écœurait tour à tour Martinelli, Militao en 2 temps, puis Antony et Guimaraes. Plus que jamais dos au mur, les Camerounais se découvraient de plus en plus et le danger se rapprochait de leur but. Cela n’empêchait pas Olivier Ntcham de s’essayer à un tir lointain mais Ederson se couchait superbement pour repousser.

C’est durant cette fin de match complètement débridée qu’Aboubakar ouvrait le score d’une superbe tête décroisée suite à un centre impeccable du joueur local Jérôme Mgom Mbekeli (1-0, 90e+1). Auteur de sa 2ème réalisation au Qatar, le meilleur buteur de la dernière Can était toutefois exclu pour avoir célébré son but en enlevant son maillot. Derrière le Brésil poussait fort pour revenir durant les 8 minutes de temps additionnel, mais les Camerounais tenaient leur exploit.

Entourage

Du coup, l’on ne peut s’empêcher de tirer les premières leçons de cette expédition qatarie, avant que les bouches commencent à se délier après leur retour dans leur destination initiale. Dans un premier temps, il serait honnête de reconnaitre pour s’en féliciter tous les efforts pour mettre cette équipe dans les conditions idéales. Peut-on s’attarder sur leur condition de départ pour le Qatar à bord d’un avion spécialement affrété et paré aux couleurs du Cameroun ? Que non ! Pour une fois, l’on n’a pas entendu de bruits de godasses au sujet des primes non soldées avant le début de la compétition comme on avait pris l’habitude rien qu’au regard des fiascos de 1994, 2002, 2014. On ne le dira jamais assez, ceci est à mettre à l’actif du nouvel encadrement de la Fédération

camerounaise de football qu’incarne aujourd’hui, Samuel Eto’o Fils. A moins d’être amnésique ou simplement allergique au changement, l’on perçoit davantage à ce jour des signaux forts pour la restructuration du football camerounais. En réalité, si les Lions indomptables n’ont pas pu franchir la barrière de la phase de poule, ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas le niveau de la coupe du monde comme le subodore les détracteurs de Samuel Eto’o, mais davantage parce qu’ils ont pêché dans une fébrilité qui reste inexplicable jusqu’à date. C’est donc ce qui nous oblige à sortir de notre réserve pour attirer l’attention de Samuel Eto’o sur des sujets que peuvent simuler son très proche entourage. Et pour nous, ce sont les premières leçons de l’aventure de Qatar 2022.

Au président de la Fécafoot, nous implorons qu’il puisse continuer son travail titanesque de nettoyer les écuries d’Augias dont il a hérité de ses prédécesseurs. Mais davantage dans son propre entourage qui joue un rôle suffisamment néfaste pour la réussite de sa mission salvatrice à la Fécafoot. Samuel Eto’o Fils a-t-il besoin de preuve que c’est son entourage qui le met en mauvaise posture dans l’opinion ? Il suffit qu’il réponde à cette question : comment les indiscrétions de la tanière peuvent-elles se retrouver dans les réseaux sociaux sans son assentiment ? Samuel Eto’o peut-il également nous faire croire qu’il n’est pas au courant du mauvais jeu que les agents de joueurs jouent au sein du groupe ?

En tout cas, il est temps qu’il comprenne que tout ce qui se retrouve dans les réseaux sociaux est l’émanation de ses propres proches collaborateurs. C’est ainsi que dans son chantier de la restructuration du football camerounais, Samuel Eto’o se doit impérativement d’instaurer une discipline d’enfer dans la tanière. Il faudrait même qu’il s’inspire de l’exemple du Sénégal, avec Aliou Cissé sur le banc de touche de Lions de la Terranga depuis près de 10 ans. Mais Rigobert Song mérite-t-il un tel bail, lui qui, en tout point, a montré bien de limites dans la gestion de la tanière des Lions indomptables du Cameroun ? La question, bien qu’elle reste ouverte, mérite qu’on s’y attarde tant cette équipe a besoin d’un sérieux lifting. Sur toutes les lignes. En d’autres termes, Rigobert Song est-il à la hauteur de sa mission à la tête des Lions indomptables ? L’on pourrait rapidement répondre par la négative.

La Relève

C’est ainsi que, au poste de gardien buts, la non sélection de Fabrice Ondoua n’a de cessé de poser problème dans l’opinion. Pour des observateurs, sa seule sélection aurait contraint André Onana à réviser à la baisse ses velléités d’indiscipline. En défense, la non-sélection de Ngadeu qui a fait tollé tant il est vrai qu’il était temps de faire confiance aux jeunes. Chistopher Wooh l’a majestueusement montré lors de Cameroun-Brésil qui a vu la victoire des Lions lors de leur 3ème match de groupe. Au milieu du terrain, l’on reste sur notre soif tant il est vrai que notre milieu de terrain s’est toujours illustré par ses appétences défensives alors que pour marquer les buts, il faut jouer dans la profondeur pour inquiéter l’adversaire. Du coup l’on estime avec de nombreux analystes que le Cameroun a un fort handicap sur son banc de touche comme entraineurs.

Du coup donc se pose la possibilité de donner plus de chances et de responsabilité aux jeunes pour bâtir l’équipe nationale du Cameroun de demain c‘est d’ailleurs à ce titre que Brésil-Cameroun restera pour les Lions indomptables, un match référence.

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