Ly Dumas : « nous allons renforcer nos actions existantes autour des savoirs faire traditionnels »
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CAMEROUN :: Ly Dumas : « nous allons renforcer nos actions existantes autour des savoirs faire traditionnels » :: CAMEROON

La présidente fondatrice de l’Ong Fondation Jean Félicien Gacha revisite les faits d’armes culturels de son organisation après 20 ans, grâce au partenariat public et privé.

La Culture a été au cœur de la célébration des 20 ans de la Fondation Jean Félicien Gacha. Qu’est-ce qui peut justifier cette attache?

La culture et l’éducation sont au cœur des valeurs de la Fondation Jean Félicien Gacha. Nous avons pour mission de prendre soin de l’humain dans son entièreté et la Culture y tient une place importante, car elle permet à chacun d’être fier de ses origines et renforce son identité. Ceci a encore plus d’importance si nous prenons en considération l’histoire, car comme le dit Vauvenargue: « La culture est ce qui nous reste lorsqu’on a tout oublié ».

Il n’a pas été question que de la culture Medumba, bien plus, vous avez mis l’accent sur la synergie identitaire des quatre aires culturelles du Cameroun. Quel message vouliez-vous transmettre ?

Nous souhaitons transmettre un message d’union face à la diversité des différentes aires du Cameroun. Nous sommes très sensibles à la démarche du ministère des Arts et de la Culture (Minac) qui a comme objectif de valoriser de manière équitable les quatre aires du Cameroun. J’ai grandi aux quatre coins du Cameroun grâce à la fonction de mon père. J’ai donc toujours considéré le Cameroun comme Un! Au temps de ma jeunesse, on se pensait Camerounais avant toute chose. En fin d’année, au Lycée Manengouba de Nkongsamba où j’ai étudié, chaque élève partageait avec les autres, son identité culturelle par des contes, des chants, des danses et des mets issus de son lieu d’origine.

Dans cette mouvance, à quoi peut-on s’attendre dans les prochaines années dans le sens de la promotion et de la valorisation du savoir-faire culturelle et artistique du Cameroun?

Nous allons renforcer nos actions existantes autour des savoirs faire traditionnels comme la broderie de perle, la ferronnerie d’art, la menuiserie, l’art culinaire et même la pharmacopée traditionnelle africaine. Nous œuvrons aussi de manière rapprochée avec les autorités traditionnelles afin d’accompagner et sensibiliser les artisans du textile à l’importance de la transmission de leur savoir-faire.

Parmi les expressions artistiques, nous avons noté la prestation des marionnettes géantes, rendue possible par l’IFC. Comment ce partenariat a été mis sur pied ?

Le partenariat avec l’Institut français du Cameroun (Ifc) ne date pas d’aujourd’hui. A l’initiative de Nicolas Fargues, nous collaborons avec eux depuis 2013 dans le cadre de notre résidence d’écriture conjointe entre Yaoundé, Douala et Bangoulap. Y sont passés, les écrivains Julien Blanc-Gras, Arnaud Bertina, Sami Tchak, et la BDéiste Annick Kamgang, entre autres. Ces artistes sont accueillis au sein de la maison d’hôte de la Fondation Jean Félicien Gacha: la Villa Boutanga, située à 1500 m d’altitude, cadre idéal, beau et paisible, favorable à la création. En parallèle de cette résidence d’écriture, nous développons notre propre programme de résidence artistique. En 2022 nous avons reçu Mallory Lowe, photographe, qui développe un travail autour d’archives photographiques et de procédés d’impression textile. Nous en profitons pour remercier les équipes dirigeantes de l’IFC menée par Yann Lorvo.

Pendant près de 4 jours, nous avons vécu une espèce de semaine Culturelle où autant d’expressions artistiques: danse traditionnelle, musique moderne, musique gospel, arts visuels, défilé de mode, conte entre autres, se sont exprimées. Est-ce que cela ne pourrait pas vous suggérer l’organisation d’un festival culturel?

Absolument! Fort de cette première expérience, nous envisageons d’inscrire ce modèle de festival à notre programmation, en intégrant davantage nos partenaires culturels et institutionnels pour une mise en réseau essentielle à la pérennité de ces actions sur le terrain, en le rendant accessible à tous, afin que sur notre site de Bangoulap, se retrouvent artistes, écrivains, chercheurs, botanistes ou simples spectateurs venant de tout le territoire camerounais, ou d'ailleurs, pour s’ouvrir les uns aux autres.

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