Crise anglophone : « Le retour au fédéralisme pourrait être la solution »
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Selon une réflexion menée par Noucti Tchokwago, homme d’affaires et homme politique, candidat à la présidentielle de 2004, le conflit qui sévit dans le Nord-ouest et le Sud-ouest pourrait être résolu en optant pour le fédéralisme.

Nombreux sont les penseurs et autres, hommes politiques, qui se sont montrés préoccupés par la situation dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et les propositions de sortie de crise. Malgré la tenue des assises nationales du 30 septembre au 4 octobre 2019 que le pouvoir de Yaoundé a nommées « Grand Dialogue National » et les recommandations qui en sont sorties parmi lesquelles le statut spécial des deux régions ; la loi sur le bilinguisme ; l’instauration des publics indépendants conciliators ; l’instauration de la house of chiefs ; le plan de désarmement, démobilisation et reconstruction ; avant cela il y a eu le recrutement massif des magistrats et des enseignants anglophones pour les affecter dans les structures où l’Etat en avait besoin, une chambre de la Common law à la cour suprême, entre autre ; tout cela n’a suffi à instaurer un climat serein dans les deux régions anglophones.

Six années déjà que la crise dure et perdure ; entre temps le bilan est lourd, des pertes en vies humaines, des familles déchirées et le traumatisme est grand. L’on en est aujourd’hui à se poser des questions : qu’est ce qui faut faire ? Faut-il organiser d’autres assises nationales et comment doit-on l’organiser ? Autant de question qui taraudent les esprits car personne ne peut dormir sur les deux oreilles pendant que les tueries et que des bandits de grand chemin s’en mêlent pour faire des rapts aux rançons. Entre temps, des personnes de bonne volonté pensent que eût égards au fait qu’il y a eu escalades dans les revendications et les positions se sont radicalisées, certains réclamant la sécession, il y a lieu de choisir la position médiane en optant pour un Etat fédéral en lieu et place d’un Etat unitaire décentralisé qui manifestement ne semble pas marcher comme l’on s’y attendait.

Éviter une concentration des pouvoirs Selon une réflexion menée par Noucti Tchokwago, la crise anglophone pourrait être résolue en optant pour le fédéralisme. Une façon de couper la poire en deux entre les velléités sécessionnistes et l’Etat unitaire décentralisé actuel. Bien que politiquement en retrait, le patriarche de l’Ouest propose un Cameroun fédéral non plus à deux Etats fédérés comme ce fut le cas en 1961, mais un Etat fédéral à neuf ou dix Etats fédérés selon que les deux régions anglophones décident ou non de former un seul Etat fédéré. Cet Etat fédéral serait constitué autour de l’Extrême- Nord, le Nord, l’Adamaoua, l’Est, l’Ouest, le Centre, le Sud et un Etat capital dont le contour est le département du Mfoundi avec pour chef-lieu est Yaoundé.

Selon le contour désigné par Noucti Tchokwago, les cinq régions que sont l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua, l’Est et le Sud ne changent pas. Ce qui pourrait changer ce sont les deux régions anglophones qui peuvent décider de se réunir dans un far- Ouest, tandis que le Littoral actuel et les départements de l’actuel Ouest seront réunis ou non dans un Etat fédéré appelé Centre qui comprend le département de Mayo-Banyo ; puis le dixième ou le neuvième Etat est l’Etat capital qui abrite les institutions de l’Etat fédéral, et dont le contour est le département du Mfoundi. Pour éviter une concentration des pouvoirs, l’homme politique propose que la ville de Buea soit le siège du parlement fédéral et Yaoundé comme siège du gouvernement fédéral.

Un choix précise-t-il, qui doit nécessairement passer un vote référendaire pour être approuvé par au moins les 2/3 des électeurs. Il va plus loin non sans souhaiter par ailleurs un débat entre Camerounais sur la question fédérale, lequel débat doit être dynamique, ouvert à toutes les contributions, en vue d’aboutir à une solution juste, pacifique et durable de la crise anglophone et du problème camerounais en général, tant il est vrai que l’Homme camerounais doit se sentir chez lui où qu’il se trouve sur le territoire national, en tant qu’électeur et éligible, les matières et domaines de compétences entre l’Etat et les Etats fédérés devant être sérieusement définis.

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