Affaire Marafa : Des diplomates américains au front
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Ils sont huit à demander à l’administration Biden de faire pression pour obtenir la libération de l’ancien secrétaire général de la présidence.

En défendant la cause de Marafa Hamidou Yaya, ex secrétaire général de la Présidence de la République (SGPR) du Cameroun, le diplomate américain Niels Marquardt utilise un ton dramatique, alarmant et même désespéré. L’ancien ambassadeur des États-Unis au Cameroun (2004 - 2007) publié une tribune dans le journal de l’American Foreign Service Association (en français, Association américaine des affaires étrangères) pour attirer l’attention de l’administration Biden pour obtenir la libération de cet ancien dignitaire du régime de Paul Biya.

Prisonnier politique

Dans cette sortie, l’ancien SGPR est présenté comme un homme privé de ses droits fondamentaux, notamment l’accès aux soins, alors que son état de santé s’est aggravé avec l’âge et le coronavirus. « La santé du prisonnier s’étant considérablement détériorée au cours de ses dix années de prison, il est de plus en plus urgent d’agir. Cet homme âgé a survécu au COVID-19 (dont il n’est pas vacciné) l’année dernière. Devenu presque complètement aveugle, il souffre d’un grave problème cardiaque et a absolument besoin d’un traitement qui n’est pas disponible au Cameroun », écrit Niels Marquardt. Plus triste encore, le « prisonnier politique » n’a pas droit au réconfort de ses proches. « Il est incarcéré dans une prison militaire, dans une cellule humide, où la lumière du jour ne peut filtrer. Après son arrestation, celle qui fut sa fidèle secrétaire pendant une vingtaine d’années a été sauvagement assassinée à son domicile. Quant à son épouse, elle est morte sans avoir pu lui rendre visite ne serait-ce qu’une seule fois », ajoute-t-il.

Fair-play

Le diplomate à la retraite semble même remonté contre le gouvernement de son pays, car ce n’est pas la première fois qu’il intercède pour son « ami » Marafa. « Sept anciens ambassadeurs des États-Unis au Cameroun (Frances Cook, Harriet Isom, Charles Twining, John Yates, George Staples, Janet Garvey et Robert Jackson), qui connaissent et respectent M. Marafa, ont écrit avec moi aux administrations américaines successives pour leur demander de nous aider à obtenir sa libération. En vain », s’offusque-t-il. Son souhait est que « la décence élémentaire, la loyauté et le fair-play obligent les États-Unis à suivre de près le cas Marafa et des affaires similaires jusqu’à ce que justice soit réellement rendue. Non seulement ce serait la bonne chose à faire, mais cela montrerait à nos amis et collaborateurs du monde entier (…) que, même après avoir laissé se produire un événement aussi stupidement tragique, l’Amérique se montre à la hauteur de ses responsabilités ».

Si pour lui cet « honnête homme » est injustement en prison, il est aussi une victime du site Wikileaks qui a eu la maladresse de divulguer ses confidences en 2010, lorsqu’il avait exprimé son  intérêt pour « une éventuelle candidature à la présidence du Cameroun, dans l’éventualité où Paul Biya quitterait ses fonctions ». Mais s’agissant du détournement des deniers publics dont on l’accuse, Niels Marquardt persiste et signe que Marafa a été condamné « sans aucune preuve ». Il est juste pris dans l’engrenage des querelles qui opposent « les sudistes et les nordistes » autour du pouvoir.

Niels Marquardt se dit cependant inquiet de l’après Biya. « Nul ne sait ce qu’il se passera lorsqu’il quittera enfin la scène, mais beaucoup redoutent que la transition s’accompagne d’une période de violence généralisée », écrit-il.  

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