Batailles successorales : Un fils Monkam arrêté par la Police à l’hôtel la Falaise
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En séjour au Cameroun depuis quelques jours, Alain Christian Monkam, fils du milliardaire camerounais, décédé le 27 février 2021 en Afrique du Sud, vient de passer un week-end tumultueux à Douala. Lui qui a récemment demandé et obtenu du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, la mise sous administration séquestre des biens et actifs du défunt.

Cahier d’un séjour mouvementé au pays natal pour Alain Christian Monkam. Arrivé au Cameroun il y’a quelques jours seulement, le fils du défunt milliardaire Pascal Monkam, vit une situation pour le moins troublante. Etabli à Paris en France, l’avocat sort d’un week-end où il en garde encore des stigmates. Tout commence le 23 septembre 2022 à midi lorsqu’il se présente à l'hôtel la Falaise Bonanjo de Douala, pour tenter de se reposer après une semaine particulièrement chargée entre les affaires de succession et quelques impératifs professionnels. Quoique se trouvant dans un établissement hôtelier qui plus est, représente un patrimoine familial, l’homme demande une chambre payante à la réception. Au moment où la réceptionniste veut lui remettre une clé, elle reçoit un coup de fil (sans doute de la gérante) qui lui donne de fermes instructions. La preuve, elle raccroche et se ravise en annonçant au client qu'il n'y a plus de chambre libre dans l'hôtel. Une réponse qui va choquer Alain Christian Monkam. Sans plus tarder, il appelle son avocat pour venir constater l'incident et va l’attendre au Bar.

Batailles souterraines

Sauf que l’affaire va prendre une autre tournure. « Au bout de 15 minutes, 6 hommes (dont 3 en tenues) ont surgi pour me demander de m'identifier. J'ai obtempéré après des protestations. Puis ils m'ont conduit en dehors de l'hôtel en me demandant de les suivre au commissariat. Entre-temps mon avocat est arrivé et nous avons été tous les deux emportés dans le véhicule de police au commissariat. Pendant 2h (de midi 30 à 14h 30), j'ai été sermonné que l'hôtel la Falaise Bonanjo n'est pas le seul hôtel de Douala et que je dois dormir ailleurs. J’ai été relâché à 14h30 », raconte l’homme qui a saisi le  Tribunal de première instance (TPI) de Yaoundé au mois d’avril 2022, aux fins de désignation d’une administration séquestre ou d’un collège d’administrateurs à l’Hôtel La Falaise de Yaoundé, actuellement supervisé par sa sœur Marlène Monkam Leukam, qu’il soupçonne de détournements des revenus de cet établisSEMent hôtelier.

« Les revenus de celui-ci sont en péril à cause des multiples détournements au sein de la Société des EtablisSEMents Monkam S.A », lit-on dans les réquisitions du ministère public produites le 1er septembre dernier, lequel a examiné au fond la requête du requérant Alain Christian Monkam. La bonne nouvelle c’est que le parquet a dit fondée sa requête et requiert la désignation d’une administration séquestre ou d’un collège d’administrateurs des revenus de l’Hôtel la Falaise de Yaoundé, en « condamnant Marlène Monkam à payer les dépens de la procédure ». En attendant procéder la saisie des comptes de l’hôtel, les batailles souterraines SEMblent s’envenimer.

Appétits voraces

L’humiliation qu’il a subi dans un hôtel construit par les bons soins de son défunt paternel, sonne donc comme une mise en garde de sa sœur qui s’est toujours fermement opposée à sa décision d’instaurer une espèce de contrôle de l’héritage de leur richissime papa plutôt que de se contenter de s’adjuger sa part et la gérer à sa guise. Le Messager a appris que le même sort lui sera réservé s’il ose se présenter à la Falaise de Yaoundé. Rappelons que le 5 mars 2021, Alain-Christian Monkam avait introduit une requête au Tribunal de première instance de Douala- Bonanjo, pour solliciter la mise sous administration séquestre du patrimoine successoral du milliardaire Pascal Monkam. Le requérant disait craindre «que chacun de ses dirigeants fasse sien le chiffre d’affaires de chaque établisSEMent» dont le défunt avait confié la gestion. Dans le fond, l’avocat établi à Paris redoutait que les appétits voraces de ses frères et autres ayants-droits ne finissent par faire voler aux éclats, l’empire financier que leur a légué en héritage, leur illustre géniteur dont la contribution pour l’édification du Cameroun restera gravée dans les annales.

Dans cette «requête aux fins d’être autorisé à assigner à bref délai aux fins de désignation d’un administrateur séquestre des biens de feu Monkam Pascal» qu’il a rédigée, son conseil Maître Nkenngni Tchiliebou, avocat au Barreau du Cameroun, rappelait que le défunt a été marié à 5 épouses qui lui ont donné 16 enfants. Remarque suffisamment pertinente pour motiver la requête. Tout comme le patrimoine foncier du feu Monkam est présenté. Le patriarche a laissé à la postérité des hôtels au Cameroun, un centre commercial à Douala, plusieurs biens immobiliers à Douala, Yaoundé et Bakassa ainsi que sa résidence principale, des contrats de distribution avec des brasseurs au Cameroun, un complexe hôtelier en Afrique du Sud dont des Tours Jumelles, des comptes bancaires personnels, des comptes de société… Trois mois après, le tribunal, après examen de ce dossier en béton, a donné gain de cause à Alain- Christian Monkam, quoiqu’un groupe de 10 à 11 membres de sa famille très mécontents, ait interjeté appel contre cette ordonnance.

Revenus générés

L’extrait du plumitif renseignait sur la nature des biens placés sous administration séquestre. Il s’agit notamment des loyers détenus par les locataires de l’immeuble Ecobank sis à Bonanjo, tous les revenus et actions de feu Monkam Pascal détenus dans les hôtels la Falaise de Bonanjo, Résidence La Falaise d’Akwa, la Falaise Diamond de Bonanjo, les appartements meublés sis à Bonapriso mitoyens à la Pharmacie De Gaulle, hôtel La Falaise de Bonapriso, les ristournes et toutes les dividendes des concessions et des contrats de distribution brasserie signés par le défunt, soit à titre personnel soit sous le label de la Société des EtablisSEMents Monkam (SEM), et quel qu’en soit l’agence des Brasseries assignataire au contrat, de toutes les devises en monnaie étrangère, tous les comptes bancaires personnels et coffres forts appartenant à feu Monkam Pascal et la société où il était actionnaire, tous titres, loyers, avoirs et actions du défunt et tous autres revenus générés par ses biens meubles ou immeubles situés dans le ressort du Tribunal de première instance de Bonanjo. Affaire à suivre !

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