Brigade routière, source de corruption ? La COMICODI interpelle le ministre de la défense
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Monsieur le Ministre et cher compatriote,. Depuis 72 heures, des images dégoûtantes d’une rare exactitude, circulent sur les réseaux sociaux. Lesdites images mettent en cause des éléments de la gendarmerie, affectés à la circulation, ceux que l’on désigne tantôt peloton motorisé et tantôt brigade routière. La scène qui choque et suscite pratiquement la nausée, montre assez clairement un gendarme avec tenue et galons, abusant des automobilistes en leur extorquant des sommes d’argent. IL s’agit d’un vrai caissier, puisqu’il rend même la monnaie avec une aisance déconcertante. 

A l’analyse des images, on devine que tout cela est coordonné, puisque les références du chauffeur sont requises, certainement pour communiquer à des collègues du braquage positionnés dans la suite du trajet sur le même axe.  Pour ceux qui sont habitués du trajet de Yaoundé – Ouest, la scène se déroule à EBANG, près du pesage après Messassi, où la bâtisse en construction abandonnée est reconnaissable.

Monsieur le Ministre, 

Au-delà du choc des images, de la honte pour ce père de famille dont les enfants découvrent que son métier de gendarme se réduit à dépouiller les automobilistes, que faudrait-il faire concrètement ? A ce même endroit, j’ai déjà personnellement bagarré à maintes reprises, fait venir même des officiers supérieurs du SED pour les prendre la main dans le sac, prodigué des conseils aux éléments, fait des photos cachées, saisi vos prédécesseurs, en vain. Lors de l’une de mes interventions vigoureuses, les supérieurs venus sur le site, avaient découvert des billets de banque en toutes les coupures possibles, déversées partout dans le véhicule de marque TOYOTA CARINA aux vitres teintées qui servait de caisse. Pris de panique le gendarme de rang d’adjudant qui était à bord a démarré et s’est échappé comme un vrai brigand. 

Le même scénario est visible sur tous les axes routiers du pays, et des sources crédibles avancent des recettes de plusieurs milliards par an, nettement mieux que ceux des postes de payage officiels. Les mêmes sources renseignent que les patrons supportent et planifient ces actes dont ils sont les premiers bénéficiaires. Les mêmes sources renseignent que la nomination à ces postes coûte cher, très cher, mais avec un retour toujours gagnant pour les gendarmes délinquants. La question de conscience, mais aussi de confiance dans le sérieux et la crédibilité de l’ensemble de nos institutions ainsi que de tous ses démembrements organiques et opérationnels, est dorénavant posée par cette situation, ces images inacceptables et cruelles. 

Il y a quelques années, j’avais déjà soumis la même préoccupation, à l’un de vos prédécesseurs. Ce dernier m’avait fait venir et m’avait posé la question : dites-nous, voulez-vous vraiment la suppression de ce corps ? J’avais hésité, en prenant pour argument pratique que ces gendarmes motorisés, sont souvent les premiers secouristes sur les scènes d’accident et les seuls symboles visibles de l’Etat entre les axes urbains. 

Aujourd’hui, mon avis ne peut plus être le même. Chaque citoyen et citoyenne aura son avis, mais il appartiendra en définitive, au gouvernement de la république de prendre la décision la plus appropriée. C’EST TRES GRAVE. De jeunes gendarmes meurent en chassant les bandits dans la rue comme à Douala récemment et d’autres sont lâchement assassinés par des terroristes dans le NOSO et l’Extrême nord. Pendant ce temps, des gendarmes voyous gèrent des banques privées de braquage sur les grands axes interurbains. 

Nous ne pouvons pas laisser perdurer ce qui s’assimile à un impôt de la mafia. Il faut commencer par proscrire ces petits véhicules aux vitres teintées qui leur servent à la fois de caisse et de chambre occulte de négociations. Ne rien faire reviendrait à une si haute trahison consciente du pays par ceux-là mêmes qui sont chargés de défendre son honneur. La corruption est certes généralisée, mais ce genre cause un tort radicalement destructeur dans tous les sens du terme, en ce qui concerne l’éthique sociale, l’éducation de nos enfants et ultimement la sauvegarde des valeurs de probité et des mœurs de dignité élémentaire.

Sur cette affaire, des sanctions doivent tomber tout de suite. Il faut relever les gens de leurs fonctions, et renvoyer les commanditaires, ceux qui donnent les ordres et attendent les recettes le soir. A plusieurs reprises, j’ai fait face à certains qui étaient prêts à me tirer dessus, et qui se référaient à un chef au téléphone. Autant nous félicitons et admirons la célérité, la rapidité et le sens de l’Etat qui ont marqué la récente décision de mettre aux arrêts de rigueur trois soldats coupables de meurtres de civils dans le NOSO, autant nous attendons avec une impatience de césarienne, des décisions plus que fortes sur le présent dossier.
De nombreux partenaires des pays voisins ont changé d’itinéraires et abandonné le transit par notre pays, à force d’être abusés par ces citoyens voraces qui sévissent avec une intensité particulière, sur l’axe Douala – Bangui – Ndjamena. Ceux de la sortie de Douala, du pont de la Dibamba, de Boumnyebel, tout comme ceux des axes ouest, Douala – Bafoussam et Yaoundé - Bafoussam, méritent la palme d’or de la trahison de la déontologie de probité morale et de respect des valeurs fondamentales de dignité. Comment réagissent les épouses et les enfants de ces soldats de la cupidité ? Comment répondent-ils à l’interrogation forte et patriote du chef de l’Etat : 
QUEL CAMEROUN VOULONS-NOUS POUR NOS ENFANTS ?

Je vous sais patriote et diligent, et ma confiance dans vos actions, vont croissants, ce qui me rassure sur les décisions très fortes des prochains jours.
Hautes et fraternelles considérations./.

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