Mono Ndjana, victime du « plagiat complet » L’ouvrage vient de paraitre aux éditions du Carrefour
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Le philosophe et écrivain, Hubert Mono Ndjana (75 ans), a mal. Son livre, « Plagiat complet », paru aux Editions du Carrefour, l’illustre à suffire. Le sous-titre « Comment gagner son pain sans la sueur de son front », n’est pas anodin, bien qu’il soit en porte-à-faux avec la maxime « il faut gagner son pain à la sueur de son front ». L’ouvrage de 126 pages est l’une de ses minutions de guerre qu’il a lancé contre le plagiat. Dans cette publication, sa principale cible c’est son ancien étudiant. Avec les mots, Mono Ndjana tire à balles réelles sur Emile Kenmogne (57 ans). Le crime de son ancien étudiant, doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines à l’Université de Dschang, estime-t-il c’est de l’avoir plagié.

Avant de publier l’ouvrage, l’écrivain a d’abord écrit aux autorités des universités de Yaoundé 1 et de Dschang pour attirer leurs attentions sur les faits de plagiat ; et a ensuite trainé le mis en cause devant les tribunaux, pour espérer enfin que le droit soit dit et qu’il soit dédommagé.

Pour nombre de critiques littéraires, le « Plagiat complet » est un livre entièrement à part. Sans code Isbn et sans table de matières entre autres, il va droit au but pour s’offusquer contre ceux « qui polluent les hautes sphères de l’Etat en hypothéquant l’avenir de la nation ». L’auteur se demande comment l’on peut confier la charge d’inspecter ou de diriger à des personnes « quand en amont ils n’ont fait eux-mêmes que tricher et plagier ». Hubert Mono Ndjana ne s’arrête pas sur ces questionnements. Il suggère à l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), d’ « ouvrir l’œil sur les impostures académiques », au lieu de laisser perdurer l’impunité.

La première partie du livret présente des faits de plagiat. Ici, la chargée de cours à l’Université de Douala, Stéphanie Ngo Mbem-Konera est mise à contribution, pour construire les aspects juridiques et éthiques du plagiat. La publication de cette universitaire laisse place à deux textes « jumeaux » face à face. Il est question dans ce chassé-croisé épistolaire du texte du plagié d’une part et de celui du plagiaire d’autre part. Et qui permettent au lecteur d’émettre son opinion si oui ou non il y a un fait de plagiat. La deuxième partie plonge le public dans un article de presse, qui dresse le compte rendu d’audience du 3 mai 2018. Ledit journal renseigne que le parquet avait renvoyé l’affaire le 7 juin de la même année, le temps d’investiguer davantage. Rendu à date, une décision de justice n’est pas rendue. Une situation d’impunité dont parle le livre, tout en indiquant qu’en 2012, le journal Le Monde a publié dans ses colonnes le cas de la ministre allemande de l’éducation qui démissionne après des faits avérés de plagiat. A la fin, le parquet n’examine pas la plainte du plagié, mais reçoit l’exception du plagiaire (partie défenderesse) qui dans son argumentaire, démontre que la saisine du tribunal a été faite en retard. Hubert Mono Ndjana dans son livre n’a d’yeux désormais que pour la morale et non plus pour le droit.  

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