Eneo : Nouvelles révélations sur l’arrestation-libération du Dg
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La plainte à l’origine de l’interpellation de Patrick Eeckelers est d’un certain Guy Merlin Beyack, ex-agent en 8e catégorie de l’entreprise licencié pour faux, qui, de son côté, dénonce un réseau occulte.

Scène surréaliste, que celle de l’interpellation, le 17 août dernier au Hilton hôtel de Yaoundé, du directeur général de Energy of Cameroon (Eneo), Patrick Eeckelers. Le Belge a été cueilli par des agents de la police au restaurant de l’unique 5 étoiles de la capitale, où il venait de prendre son déjeuner, puis conduit manu militari à la direction de la police judiciaire à bord d’un taxi. Cette arrestation pour le moins cavalière a choqué le président administrateur général de la Cameroon Power Holding (CPH),la filiale du fonds britannique Actis, principal actionnaire d’Eneo qui en possède 51% des parts du capital.David Aldertonqui rapporte que son collaborateur a été entendu pendant plus deux heures dans les locaux de la police judiciaire avant d’être libéré grâce aux interventions de hauts responsables de la délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN),ne tardera pas à fairepart au Premier ministre, Joseph Dion Ngute, dans une correspondance qu’il lui adresse deux jours après, de son indignation. « Les conditions de cette interpellation interrogent sur le traitement que l’État du Cameroun réserve aux représentants d’investisseurs étrangers et pèsent négativement sur la relation de confiance qui devrait exister entre le partenaire stratégique Actis et le pays », dénonce-t-il.

A l’origine de l’interpellation de Patrick Eeckelers, une plainte de Guy Merlin Beyack, agent d’investigation Eneo pour les régions du Centre, de l’Est et du Sud, limogé il n’y a pas longtemps par le top management de l’entreprise pour faux. L’ex-agent en 8e catégorie,qui était en service à l’agence Eneo de Bastos, contestant les motifs de son limogeage malgré un procès-verbal d’huissier, avait saisi le parquet près les tribunaux d’instance de Bafia (Mbam et Inoubou) pour faux et usage de faux et pour dénonciation calomnieuse. Et le 12 août, le procureur de la République près lesdits tribunaux, Benjamin Alo’o, délivre un mandat d’amener contre non seulement le directeur général Patrick Eeckelers, mais aussi contre Stéphane Mballa Zogo, sous-directeur de la conformité d’Eneo, Henry Kiven, directeur de l’éthique, entre autres hauts responsables de l’entreprise. Le mandat d’amener visant ces hauts cadres aurait été signé suite au refus de ceux-ci de déférer à la convocation préalablement signée du même magistrat. Si la police avait exécuté ce mandat dans l’esprit et la lettre du document, c’est à Bafia qu’ils auraient immédiatement été conduits.

Financements occultes

Dans l’entourage de Guy Merlin Beyack, l’on rapporte en effet que ce dernier, dans le cadre des investigations en exécution de son cahier de charges, aurait démasqué un vaste réseau dans les services juridique, de l’éthique et des ressources humaines, spécialisé dans la fraude sur les contrats d’assurances, la gestion du carburant, l’entretien des véhicules et des résidences, etc., dans les régions du Centre, de l’Est et du Sud. Il accuse enfin lesdits cadres de financements occultes. C’est ce réseau qui serait à l’origine de ses malheurs. Guy Merlin Beyacka expliqué au procureur avoir été limogé alors qu’il était en repos médical après un accident de la circulation et sans même être passé devant le conseil de discipline de l’entreprise comme le prévoit le règlement intérieur. Toutes ces informations sont démenties par des sources autorisées à Eneo. Outre la première affaire, Guy Merlin Beyack a l’intention de déposer une deuxième plainte contre le top management d’Eneo pour licenciement abusif.

Campagne

Alors que plusieurs convocation visent d’autres responsables du concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun, des sources internes considèrent les derniers événements comme des manœuvres d’intimidation, au moment même où Eneo mène une vaste campagne contre la fraude électrique qui, pour elle, constitue « un enjeu majeur d’amélioration de la qualité de service, de protection des agents et des clients exposés aux risques d’accidents et d’amélioration des performances financières de tout le secteur de l’électricité ».Celle-ci se déroule tant en externe qu’en interne. Selon une note interne que Mutations a consultée, pour la seule année 2021, 487 barons de la fraude ont été arrêtés et mis à la disposition de la justice, de même que 162 faux électriciens. Par ailleurs, 15 employés Eneo et 30 des entreprises partenaires pris les mains le pot de confiture ont été licenciés, renseigne le même document.

Eneo se dit consciente que ces mesures ont généré de la part de ces acteurs une campagne de désinformation et de dénigrement, dont sa direction des affaires juridiques s’est saisie. Enfin, l’énergéticien assure que sa détermination reste intacte. Le top management a, ces derniers mois, sanctionné aussi des agents « engagés en première ligne du front de lutte contre la fraude. Le conseil de discipline suite à de nombreuses investigations a sanctionné leur implication dans des trafics qu’ils sont censés être les premiers à combattre ». Quant à l’arrestation-libération de son directeur général qui fâche, Eneo« s’en remet aux pouvoirs en place pour faire toute la lumière sur cette affaire et prendre les mesures nécessaires ».

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