Lettre au Pr. Jean BAHEBECK à propos du beignet haricots: Une incontournable question de principe
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Nous devons faire de la défense du « Beignets – haricots », une incontournable question de principe, et situer résolument notre démarche, dans la stratégie globale d’émancipation des consciences des Africains, pour la lutte contre le discours lourdement préjudiciel de la condescendance occidentale, européocentriste et dominatrice, lequel secrète la pensée unique colonialiste, et la mondialisation impérialiste sous le couvert d’un libéralisme discriminatoire et marginalisant. C’est le même discours et à travers le même cadrage sectaire, qui a définitivement travesti la science, corrompu les nouvelles technologies, et inventé une humanité aléatoire qui ne connaît du noir et de la terre d’Afrique, que de sauvageries, et pire de source de certaines pandémies cruelles à l’instar du Sida, en attendant le Corona.

Bonjour Professeur, cher frère et très cher compatriote,

J’ai pris connaissance avec une immense satisfaction, de ta réaction suite aux débilités irresponsables déversées contre « le Beignets – haricots ». Je t’en remercie vivement et franchement, avec des félicitations pour ton éclairage.

En réalité ce qui est en cause va chercher plus loin qu’une simple polémique de débats d’intellectuels, c’est, comme je l’ai déjà souligné avec force dans une réaction de la COMICODI, une dérive inacceptable qui concoure à attaquer l’intégrité de notre patrimoine national, dont font partie l’ensemble de nos mœurs culinaires, artistiques, productiques, inventifs, économiques et socio-anthropologiques. Demain, ce sera au tour du Sanga, du Koki, du Ndolè, du Kwem, du Eru, du Couscous-gombo. Il faut barrer la route à ces égarés.

Je revendique le statut d’enfant du « beignets-haricots », avec fierté et reconnaissance infinie.
Lisez ce témoignage : 

« En 1973-1974, j’étais élève en classe de première au Lycée Joss de Douala, avec des camarades comme Epimaque Djapé, Logmo Jean Pierre, feu Jérôme Minlend et d’autres. Chaque matin, je partais de la case familiale située derrière l’ancien ISES, de mon quartier de New-Déido, j’avais pour argent de poche, 25Fcfa, fruit de mon travail d’aide pousseur le weekend. Je marchais jusqu’au lycée technique de Douala, où je faisais une pose pour manger. Une maman vendait à l’entrée, le beignets – haricots. Je prenais deux beignets à 10 Fcfa, le haricot de 5 frs et un bol de bouillie (koukoulou) de 5frs, soit 20frs au total, puis je reprenais la route jusqu’au lycée. A midi, je passais le temps dans les parages du lycée, et me gavais de bananes avec le reste de 5 frs, pour cinq doigts. C’était ça mon repas, et je me portais bien » 

A trouver dans,  Shanda Tonme, Les chemins de l’immigration, La France ou rien, 
troisième livre d’une autobiographie en six volumes, L’Harmattan, 2009. Paris. 

Nous sommes certainement nombreux à avoir vécu cette expérience. C’est notre ADN.

Fraternellement

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