Le calvaire des toilettes publiques à Yaoundé
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Peu présentes, plusieurs habitants de la capitale politique préfèrent se mettre à l’aise en plein air, bien que cette pratique expose à des maladies et pollue l’environnement.

Yaoundé. Nous sommes au lieudit «Poste centrale », le 30 juillet dernier. Il est exactement 11h, une légère pluie vient d’arroser la cité capitale. Des usagers vont et viennent. Jusqu’ici, il fait bon vivre. Curieusement, à quelques mètres de là, plus précisément au premier virage qui mène au marché Mfoundi, une odeur nauséabonde enveloppe l’air. Raison : le canal du Mfoundi a été transformé en toilettes publiques. Là-bas, les habitués des lieux urinent, défèquent à l’air libre sans-gêne et sans être inquiétés.

Difficile d'y rester assez longtemps surtout pour des sujets qui souffrent des maladies pulmonaires. Mais, étrangement, cette situation ne pose aucun problème aux commerçants qui installent régulièrement leurs marchandises sur des bouts de plastique ou d’une bâche. Autour de 11h30, on aperçoit un jeune homme qui se dirige aux pas de course vers un immeuble situé derrière la Société nationale d’investissement (Sni). C’est alors qu’il va s’accroupir et commencer à déféquer. Une image déplorable qui n’émeut pas les habitués de ce coin.

Malheureusement cette zone n’est pas le seul lieu à Yaoundé où, il faut se boucher les narines ou retenir sa respiration. Dans les marchés (Mfoundi, Mvog-Mbi, Etoudi…) et autres espaces de forte fréquentation, le même constat est fait et il est plus inquiétant. Les usagers invoquent plusieurs raisons pour justifier leur comportement déviant. «Il n’y a pas de toilettes publiques. Les gens vont faire comment ? Je ne peux pas bloquer les urines dans la vessie parce que je suis devant les gens. Je vais me lâcher.

Ça n’a pas commencé sur moi et cela ne va pas finir sur moi », lâche un jeune homme. Et Léon de renchérir :«Écoutez, même les grandes personnalités urinent en route. Laissez les gens tranquille. Au temps de nos parents, il n’y avait pas de toilettes publiques. Ils ont vécu plus que nous ». Bien que celles-ci ne soient pas en nombre suffisant, il faut reconnaitre que ces toilettes publiques existent quand même dans certains endroits. Mais, « l’accès est payant. Les camerounais ont du mal à s’acheter à manger. Le peu qu’on a dans le ventre, lorsqu’on veut s’en débarrasser, on doit payer pour se mettre à l’aise. On est où là. Il faut l’argent pour faire tout dans ce pays », fulmine un commerçant ambulant.

À côté de ces raisons, il faut quand même déplorer ce comportement qui met mal à l’aise l’entourage et pollue l’environnement. « Il n’est, peut-être pas conseillé de garder sa vessie pleine, mais, cela ne devrait pas pour autant constituer un prétexte pour les uns et les autres de faire pipi ou déféquer n’importe où », conseille un personnel de santé. Et de poursuivre :

« Surtout dans des endroits à forte fréquentation par le public. Encore que, le Cameroun est tenu en proie ces derniers moments par certaines maladies qui fleurissent avec les actes d’insalubrité. Et c’est d’ailleurs, le cas en figure du choléra qui fait des morts au Cameroun ».

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