Léa Bitoo: Première femme enseignante Log-Nkol
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La Syndicaliste a malheureusement été arrachée à la vie par des bandits le 29 juin 1992, il y a 30 ans.

De Léa Bitoo, presque tout le monde gardent le souvenir d’une enseignante rigoureuse et dévouée. Normal, c’est un pur produit de la prestigieuse école normale de Foulassi où l’hymne nationale du Cameroun a été créée.

Originaire du village Log-Nkol dans le département de la Sanaga Maritime par  Massock Songloulou, la jeune fille intègre ce prestigieux  établissement dans les années 40. Très jeune, elle en ressort l’une des premières institutrices de sa région. 

Gentille et volontaire, sa carrière, Mme Bitoo l’a passe dans les  écoles confessionnelles protestantes de la Sanaga Maritime. Très au fait des problèmes des enseignants, la jeune femme devient une syndicaliste redoutable. Elle fait de l'alphabétisation des femmes son leitmotiv, convaincue que ces dernières seraient par la suite mieux à même de soutenir leurs enfants pendant leur scolarité. Cette action s'appelait l'Ecole sous l'arbre. « Après sa journée de travail, maman allait de maison en maison pour apprendre aux femmes à lire. De retour chez nous, elle s'installait sur un fauteuil, au clair de lune, corrigeait nos devoirs, écoutait le journal du 20h à la radio. C’était également  l'occasion d'échanges intéressants, ponctués de son rire strident, avec ses collègues hommes, refaisant le monde. L'éducation, d'abord l'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation le plus beau des héritages disait elle», se souvient sa fille Madeleine Ngombet Bitoo,  chirurgienne-dentiste en France et Ex Vice-présidente de la Région Poitou Charente. 

Née vers 1933, Léa Bitoo était aussi la maman, la conseillère et la confidente. Ainsi a-t-elle pris sous son aile ses nombreux frères, sœurs et cousins. Très tôt orpheline, aînée d'une famille de cinq enfants, elle est remarquée par des pasteurs en mission d'évangélisation des populations qui sont pour la plupart animistes.

Madeleine, sa maman, qui s'était convertie au Christianisme l'a naturellement confiée aux pasteurs américains qui se sont chargés de son éducation. 

Féministe avant l'heure, elle a entretenu une relation amoureuse avec un jeune collègue, en attendait un bébé sans projet de mariage. Ceci a fortement irrité sa hiérarchie qui a décidé de son licenciement. Elle s'est battue, a porté l’affaire en justice et a obtenu gain de cause. Le bébé naîtra un matin d'Avril 1963 de retour du tribunal. Ce qui lui a valu le sobriquet de Mademoiselle. 

Durant ses 59 ans d’existence sur terre,  cette femme de caractère a gagné de nombreux combats. Même celui contre le cancer qui l’a privé d’un sein, lui imposant le port d’une prothèse mammaire.

Malheureusement, elle trouvera la mort la nuit du 28 au 29 juin 1992, sauvagement assassinée dans sa maison d'Édéa par des cambrioleurs persuadés d'y trouver des billets de banque.

Léa Bitoo repose depuis le 5 juillet 1992 dans son beau village Log Nkol. Mercredi dernier, Monseigneur Hervé Gosselin, l’évêque d’Angoulême a dit une messe d’action de grâce en sa mémoire à l’Eglise St Maurice de Montbron.

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