Jean Claude Awono : le public n’a pas l’habitude d’aller vers le livre
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Le directeur des Éditions Ifrikiya donne les raisons de la mise en œuvre du projet Mon bel ami le livre.

Pourquoi une telle initiative dans l’environnement de l’édition ?

Vous faites bien de mentionner le contexte. Le Cameroun est une curiosité du point de vue éditorial. C’est un pays qui grouille de talents et de productions en matière de livres. Mais une visibilité cohérente et rationnelle de toute cette belle offre n’existe pas. Faites un tour un samedi dans nos librairies de vente générale de livres à Yaoundé, par exemple. Lorsque l’actualité n’est pas dominée par le scolaire, elles sont fermées. Celles qui sont ouvertes sont vides. Dans les grandes surfaces qui créent un espace pour le livre (exemple de Carrefour), cet espace est incroyablement étriqué et les livres exposés sont très anciens pour la plupart quand ils n’appartiennent pas à des auteurs et éditeurs étrangers. On ne va pas vers le livre, et n’amène pas vers le livre non plus au Cameroun. Il faut faire quelque chose dans l’un et l’autre sens : c’est le défi de l’initiative « Mon bel ami le livre ».

 Les cinq auteurs ont répondu présents. C’est dire que vous avec gagné le pari de l’organisation ?

Les cinq auteurs ont en effet été présents au rendez-vous que leur avons donné. Nous avons en effet gagné le pari de l’organisation. Le livre se sent vivre et aimé lorsqu’on mobilise l’essentiel des acteurs qui lui donnent du sens pour l’encadrer de d’affection, de reconnaissance pour ce qu’il nous apporte. L’auteur est au cœur du processus d’animation autour du livre. Ne pas tenir compte de lui, c’est émonder la vie littéraire de sa branche essentielle. Et cinq auteurs en même temps, c’est non seulement montrer la puissance de frappe de l’éditeur, mais également créer une solidarité nouvelle entre les auteurs. Le public aime les voir en grand nombre, pour en profiter au maximum.
 
Qu’est-ce qui est mise en perspective à Ifrikiya ?

Ce qui est mis en perspective dans ce programme par les Editions Ifrikiya, c’est notre volonté de résilience, quelques cinq mois après l’incendie qui a ravagé nos locaux et notre patrimoine. Nous avons engagé une réflexion en vue de définir une stratégie de développement du label Ifrikiya qui sache réhabiliter de son héritage incendié, mais engager de nouvelles lignes d’action qui professionnalise davantage la maison en la mettant plus à la portée du grand nombre par le biais du produit livre. Tant que l’édition se fera au Cameroun en se maintenant dans une rupture constante avec le public qui est toute la raison d’être d’une entreprise éditoriale, on n’ira nulle part. Nous ne voulons pas non plus que le numérique via les réseaux sociaux et l’illusion populaire qu’il nous donne tue la nécessaire possibilité pour les acteurs du livre de se retrouver régulièrement.

 A quand la prochaine édition?

Le programme « Mon bel ami le livre » se veut mensuel. Nous voulons lui donner plusieurs déclinaisons que nous aurons le temps de rendre publiques le moment venu. La jeunesse sera l’une de nos cibles prioritaires, ainsi que le public qui n’a pas l’habitude d’aller vers le livre.

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