Mon mari a logé sa maitresse dans notre chambre conjugale
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Après un peu plus de 40 ans de vie commune, un couple décide de mettre un terme à son union. La dame, qui a saisi le tribunal, accuse son mari d’être devenu alcoolique. Pour sa part, le chef de famille se dit être victime des violences conjugales répétées en présence de sa progéniture.

«Ma femme me bastonne chaque fois avec le tuyau à gaz en présence de nos enfants, qui semblent flattés par le châtiment que m’inflige leur maman». Ces paroles émouvantes, sont celles prononcées par Hervé, un vieillard de 70 ans environ. Il a été traduit en justice par Jeanne, son épouse, qui veut à tout prix mettre un terme à leur mariage. Après plusieurs années de vie commune, les deux amoureux, de coutume Béti, ne se supportent plus, bien que vivant encore sous le même toit.

Jeanne reproche à Hervé d’être irresponsable, infidèle et surtout alcoolique. Fatiguée de supporter ces travers, elle s’est tournée vers la justice pour obtenir la paix. En réplique aux accusations de son épouse, Hervé, mécanicien de profession, a lui aussi introduit une requête en divorce pour dénoncer des faits de violences conjugales, menaces, injures, la non-consommation du mariage. Les débats ont été ouverts dans cette affaire devant le Tribunal en présence des époux, qui se rejettent réciproquement les causes de leur l’échec conjugal.

Première à prendre la parole au cours de cette audience, Jeanne, qui peinait à se tenir sur ses deux jambes à cause de sa maladie, a déclaré au tribunal qu’elle s’est mariée à Hervé sous le régime monogamique et la communauté des biens, dans les années 80. De cette relation, sont nés cinq enfants, dont quatre survivants. Elle relate que sa vie de couple a été un véritable enfer et son mari un fardeau, dont elle veut à présent se débarrasser. Jeanne soutient qu’elle est souffrante depuis des années et son mari ne s’occupe pas d’elle malgré ses gémissements. «Il boit à l’excès madame la présidente. Son préféré, ce sont les whiskys en sachet. Quand il rentre à la maison le soir, il bavarde et casse tout sur son passage. Il hausse le volume de la télévision et m’empêche de dormir. Il est impossible de respirer dans ces conditions. Tout va mal dans mon foyer», s’est-elle lamentée.

Défaillance

Imperturbable, cette dame dit que son époux lui préfère la compagnie de sa maîtresse. «Il a installé sa maitresse dans notre domicile conjugal où elle vit paisiblement avec leurs huit enfants et petits fils. L’atmosphère est polluée», affirme-t-elle. En cas de malheur la concernant, Jeanne dit que son mari réagit comme un inconnu, et se moque plutôt d’elle. «Quand ma première fille de 22 ans est décédée, il s’est moqué de moi, en disant que mes ennuis ne font que commencer. Je ne reçois aucun soutien de sa part, aucune ration alimentaire. Au contraire, il m’expose dans mon entourage et dit qu’il va bientôt me détruire. Je ne veux plus de lui comme époux, je ne veux plus de ce mariage. Je suis déjà âgée et j’ai besoin de repos».

Hervé ne fera pas preuve de tendresse envers Jeanne. Dès sa prise de parole, il va dévoiler son infidélité. «Quand nous nous sommes connus, elle avait les problèmes de conception. Je l’ai amenée voir un médecin traditionnel non loin de Yaoundé. Pendant qu’elle y était en traitement, elle est tombée enceinte d’un autre homme et sa fille qui est décédée est née. Elle ne m’a jamais caché son infidélité. Sur cinq de ses enfants, je reconnais seulement trois. Elle a passé sa vie à me tromper avec d’autres hommes», a-t-il entamé son témoignage.

Hervé soutient qu’il a accepté les égarements de son épouse et a toujours pris soin de tous leurs enfants, sans distinction aucune. Le problème, selon lui, c’est la mauvaise gestion de son atelier de soudure par l’un des enfants dits adultérins. «C’est ce qui m’oblige à boire chaque fois. Il ne me rend pas compte de sa gestion et sa mère l’encourage. C’est lui qui est à présent le chef de famille. Il décide de tout, fait comme il veut et quand ça lui chante. Je n’ai plus de parole chez moi. Quand je veux réagir, elle s’interpose et me bastonne avec l’aide de ses enfants», explique le vieillard.

Célibataire de fait

Pour cet homme, Jeanne est la seule responsable de la mauvaise éducation de leurs rejetons qui se livrent au tabagisme avec la complicité de cette dernière. Il se dit d’ailleurs en danger à leurs côtés. «Si vous les voyez madame la présidente, vous-même allez fuir. Ils sont costauds et très fort physiquement. Tout seul, je n’y peux rien. Je suis impuissant!». Sur sa propre infidélité supposée, Hervé plaide coupable. Il indique que sa maîtresse est rentrée au village avec leurs enfants à cause du comportement de son épouse, qui ne les accepte pas comme membres de la famille.

«Ma femme et ses gros bras d’enfants m’ont chassé de la chambre conjugale il y a plus de 10 ans. Je dors au salon, sur un vieux canapé. Elle ne me donne pas à manger. Je suis un célibataire de fait» va-t-il souligner. «Elle veut se débarrasser de moi parce qu’elle a déjà beaucoup d’argent. Elle vend les terrains que lui ont laissés ses parents non loin de Yaoundé. Si on me remet la gestion de mon atelier, j’arrête de boire». C’est sur cette dernière intervention de Hervé que le juge a suspendu l’audience. Elle va se poursuivre le mois prochain en présence des témoins des époux.

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