Cameroun : jamais sans le FMI
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Cameroun : jamais sans le FMI :: CAMEROON

Depuis l’exercice 2020, le Cameroun éprouve d’énormes difficultés quant à l’exécution efficiente de son budget à telle enseigne qu’il est passé par deux collectifs. En termes plus clairs, des ajouts que l’Etat opéré pour atteindre des objectifs initialement arrêtés et dont les aléas de la conjoncture empêchent la réalisation. Depuis plus d’une décennie, l’économie mondiale connait une crise dont les conséquences rejaillissent inéluctablement sur l’ensemble de la planète notamment sur les états dont les économies restent fragiles et connaissent des externalités à l’instar de celle du Cameroun.

L’inflation y a fait son nid, aggravée par le phénomène de la récession. Conséquence la stagflation perdue malgré la résilience jusque-là affichée. Au-delà de la conjoncture internationale morose, le Cameroun subit aussi les conséquences de la grave crise sanitaire depuis trois ans, la Covid-19 avec pour conséquence à court terme, la crise alimentaire relative au confinement en Occident qui aura à suffisance freiné les activités agricoles et industrielles. Le Cameroun consomme ce qu’il ne produit pas ou très peu, bonjour les dégâts ! Certes le phénomène à la mode ces derniers temps a trait au conflit russo-ukrainien, les deux pays constituent le grenier de la production mondiale de l’essentiel des céréales notamment le blé.

L’arrêt des exportations vers les pays consommateurs dont le Cameroun crée le déficit criard dont les conséquences coulent de source. On mesure de fois de plus les slogans gouvernementaux, maintes usités à l’instar d’asseoir la sécurité alimentaire ; passer à l’agriculture de seconde génération ; passer à la mécanisation avec le montage surplace des tracteurs etc… Il y a quelques décennies, la Cameroun était considéré comme le grenier de la sous-région avec une abondante production de blé, riz, banane plantain, huile de palme, etc…

Comment expliquer alors que les  autorités aient choisi de tourner le dos à l’investissement dans la durée au profit des exportations en masse ? Une activité «juteuse» pour des opérateurs véreux bénéficiant de la complicité de l’Etat pour de véritables monopoles. Quinze ans après les «émeutes de la faim» de 2008, des pays, à l’instar du Sénégal sont devenus exportateurs nets du riz que l’on retrouve abondamment sur les étals de nos marchés. Au regard de cet imbroglio constaté dans la gestion de notre économie, le gendarme international à savoir les institutions de Bretton Woods, ont élu domicile chez nous. Non par force, mais parce que le pays a ratifié les accords. Ne pouvant pas nous-mêmes mettre de l’ordre dans la gestion, nous sommes obligés d’arborer la camisole de de force du Fonds monétaire  international.

Certes, le pays aurait pu, à un moment de son histoire s’y satisfaire avec l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative Pays pauvres très endettés pour laquelle le principal caillou dans la chaussure, la dette, a été allégée voire réduite à zéro. Mais une fois encore l’application de mauvaises politiques économiques nous a fait rater le coche à telle enseigne qu’en moins de deux décennies, le service de la dette extérieure atteint des sommets jamais franchis même si les adeptes du taux de soutenabilité persistent dans leur optimisme !

Aujourd’hui, l’économie camerounaise n’est pas gérée mais bel et bien administrée par le Fonds qui décide sur la moindre dépense à effectuer et même sur les priorités. Comme si cela ne suffisait pas, les gestionnaires de la fortune publique continuent allègrement de distraire les derniers dans une parfaite impunité au regard de la lenteur que prennent les procédures judiciaires lorsqu’elles sont engagées.

Gestion des fonds Covid, rapport accablant de la Chambre des Comptes 180 milliards de FCFA ; organisation de la dernière Can avec près de 3 000 milliards (les 2/3 du budget national) pour la construction d’infrastructures dont les coûts défient toute mercuriale. Près d’une décennie pour construire les 60 premiers kilomètres de l’autoroute Yaoundé-Douala. Et quid de la gouvernance, de la réduction du train de vie de l’Etat ?

Le budget d’investissement public est de loin exécuté selon les normes en vigueur… Programme à problèmes et au regard des difficultés inhérentes à la conjoncture économique internationale, la relation et les institutions de Bretton Woods risque fortement d’être assimilée au titre d’une célèbre chanson des années 60 «je t’aime moi non plus».

Nul mais alors nul ne peut présager du début sur la fin de cette idylle dont seule la conjoncture internationale et les efforts peuvent siffler la fin de la recréation au regard de la lenteur affichée par les pouvoirs publics, lenteurs dont d’aucuns assimilent à un réel manque de volonté d’accélérer les réformes.

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