Hommage à Madame Mouliom née Elisabeth YIANYINYI   Par l'Ecrivain Calvin Djouari
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CAMEROUN :: Hommage à Madame Mouliom née Elisabeth YIANYINYI Par l'Ecrivain Calvin Djouari :: CAMEROON

« Merci à vous, chers amis, chers connaissances, vous n’êtes pas venus ici pour moi, ni pour Emma, ni pour mamie Jeannette, ni pour Julie, pour Guy jr, et encore moins ni pour Christelle, Severin, Hélène, Pierre, vous êtes certes venus pour nous soutenir dans la peine, nous aider à sécher nos larmes, contenir nos douleurs profondes, mais vous êtes là pour qu’ensemble nous honorons la mémoire d’une femme, d’une mère, d’une grand-mère, d’un être de lumière que vous avez rencontré, connu ou non. A travers ce moment que nous allons partager ensemble, nous souhaitons honorer sa mémoire… et au-delà de sa personne nous souhaitons  rappeler ensemble combien la vie est précieuse, combien elle mérite d’être vécue, et comment ma mère en moins de 66 ans d’existence a été un exemple, un témoignage vivant pour montrer que ce n’est pas le nombre d’année qui compte, à la fin mais la saveur de la qualité qu’on met dans la vie que Dieu nous donne, même si on souhaite vivre le plus longtemps possible, je lui aurai donné encore au moins de 30 ans. Mais hélas, le temps de vie sur terre ne nous appartient pas, mais ce qu’on y met dans ce temps dépend de la compréhension et de l’acception de notre mission de vie. » c’est en ce terme que l’écrivain Serges Ngounga a ouvert la cérémonie commérant l’hommage à sa défunte mère.

Oui…Elle s’en est allée, la digne maman, ce mardi 24 mai 2022, laissant peinée, triste, chagrinée, et bouleversée, une grande famille qui l’aimait et qui l’entourait d’une grande chaleur humaine.

Elle, c’est Madame Mouliom, née Elisabeth Yianyinyi. Elle nous manquera. On ne la verra plus aller à la rencontre de ceux qu’elle aime servir ou honorer. On ne la verra plus, tenue devant sa porte, saluant tout passant du quartier ou du village, on ne la verra plus entretenir ses plantations, labourer ses champs, qu’elle affectionnait. Maman Mouliom était une âme d’élite qu’on ne pouvait aimer qu’absolument et passionnément. Très tôt, elle a bercé ses enfants, utilisant son savoir-faire pour transmettre l'amour, le respect d'autrui, la sagesse, la tolérance. Elle a tout donné pour cela.

Elle ressemblait à cette « fiancée de la vie » parce qu’elle s’était toujours donnée largement, généreusement comme une lumière au sein de sa grande famille. C’était une femme brillante qui aimait la compagnie des personnes simples. Quand elle recevait une personne, elle savait trouver des mots bienveillants et chaleureux pour te montrer qu’elle était contente de ta présence.

Madame Molium est surtout connue comme une femme pleine de vivacité, pour avoir élevé ses enfants dans les normes de l’éducation. Elle a eu des richesses naturelles qui ont pour nom : la générosité, la solidarité, la courtoisie. Ces richesses sont indispensables pour la grande de la famille humaine.

Durant sa vie, elle fut une grande dame. Je ne qualifie pas ici une grande dame tout simplement parce qu’on a des grands enfants, ou parce qu’on a des moyens matériels, ou encore parce qu’on travaille dans des postes élevés. Une grande dame, ce sont ses œuvres qui parlent dans son entourage. C’est le talent qu’elle met au service des autres, cela peut être sa grande carrure qui s’impose par la prise de parole et par la sagesse qui en découlent ; sa seule présence emplit de noblesse tous ceux qui se trouvent en un lieu avec elle. Elle enrichit ceux qui la voient, ceux qui l’écoutent, ceux qui partagent son espace de vie ou ceux qui entendent seulement parler d’elle. Dans n’importe quel milieu, elle inspire suffisamment et fait prendre confiance. Ce sont des personnes qu’on apprécie au premier coup, parce qu’elle n’a rien à démontrer. Même absente, ce genre de femme brille comme des étoiles parmi la foule des proches et des amis. L’évidence est là. Ses enfants ont gagné leur vie dignement.

L’écrivain Serges Ngounga, un de ses enfants, qui s'est tellement donné de concert avec ses frères et sœurs, et d’autres membres de la famille, pour qu’elle ne manque jamais de rien ont été surpris par la terrible nouvelle ce mardi 24 mai où elle faisait une deuxième chute D’AVC. Elle s’en va laissant cette terre de souffrance, de douleurs et de tourments. Si, aujourd’hui, on pleure dans notre chair son absence parmi les vivants, mais comme un enfant de Dieu formé d'un corps mortel et d'une âme pérenne, nous savons qu’elle bénéficie déjà d'une place réservée dans le ciel, auprès d’un père céleste qui l’aimait.

Maman Mouliom aimait ses enfants ; elle aimait sa famille ; elle aimait son pays ; elle y œuvrait et créer de petits emplois. C’était facile de voir la dimension de son esprit, son engagement, ses trésors de savoir-faire, issus de sa culture, de ses racines, et surtout de son histoire personnelle.

Le premier de ces moments décisifs fut d’élever ses enfants dans la dignité après la mort de son mari. Emmanuel Molium. Elle a donné du temps ; un temps qui exige des sacrifices et des souffrances et surtout une volonté de tous les jours pour éviter la descente aux enfers que connaissent les familles orphelines. La perte d’un mari qui laisse des enfants à bas âges est une situation très difficile pour une femme. C’est son fils Serges qui a su bien le formuler samedi dernier « vous l’aurez compris, elle n’a pas perdu beaucoup de temps, cette brave femme, Mariée à 24 ans, mère de 4 enfants, en moins de 27 ans, elle est prise dans le tourbillon d’un veuvage qui ne l’a pas empêché durant 38 autres années d’élever ses enfants avec de nobles valeurs, de travailler durant jusqu’à sa retraite en 2004, d’œuvrer pour la consolidation et l’unité de sa famille, d’organiser sa vie autour d’une vie associative dense, avec une vision spirituelle, et religieuse qui était à la fois pour elle consolation, espérance et surtout don de soi pour les autres, avec amour, désintérêt et générosité ! Et parfois hélas à son propre détriment. »

Dans une telle situation de la vie de veuvage à la fleur de l’âge, avec des enfants en bas âge, madame Mouliom, aurait pu, comme beaucoup de femmes baisser les bras, au contraire, entretenue par la flamme de l’éducation qu’elle a elle-même reçue, elle avancera dans la vie avec une grande piété, dans une vie de chrétienne et respectueuse des valeurs traditionnelles.

Nous avons perdu une grande dame qui restera pour nous un symbole. Sa mort, nous l’espérons vivement mettra en marche la continuité pour une famille soudée.

La mort provoque une profonde réflexion, des circonstances qui nous poussent à faire une quête de vérité sur nous-même et sur notre existence. C’est pourquoi, dans la vie d’aujourd’hui, on ne juge pas les morts, on les pleure, on les célèbre ; oui, on les célèbre parce qu’ils sont des échantillons humains, des images providentielles qui viennent rassurer les hommes de persévérer dans tout ce qu’ils font. Il y a un sentiment spontané, je pense, chez les êtres simples, car ils s’épanouissent plus ou moins librement selon l’atmosphère des milieux où ils se trouvent. Ce fut le cas de madame Mouliom.

Ceux qui ont été ses proches, reconnaissent son aura spirituelle. Maman Mouliom avait placé Dieu au-dessus de tout. Elle fut membre du conseil d’anciens, paroisse de New-Bell aviation de 1997 à 2022 ; membre du conseil d’anciens de l’église de Koutaba centre urbain ; ancienne l’église au sein de la cellule de Douala-Congo ; membre de l’union des femmes chrétiennes ; fondatrice de la cellule des prières de log-baba en 1990. Nous ne pouvons en dire plus. Les femmes comme Maman Mouliom, on ne la rencontre qu’une seule fois dans sa vie.

Elle encourageait ses petits-enfants, à avoir le sens du travail bien fait. Elle donnait elle-même l’exemple de sa détermination. C’est ainsi qu’elle a créé des plantations en faisant l’élevage. Une façon de lutter contre la pauvreté et aider son entourage.

Madame Mouliom, était une éducatrice humaniste, qui toute sa vie a prodigué de façon multiforme la vie à d'autres ; à ses enfants d’abord, à ses petits-enfants ensuite et à la grande famille Bamoun qui s’étend de chez elle jusqu’aux confins du Cameroun. Elle était comme une sève de la vie. Ce mois de mai qui la voit partir doit être considéré comme la saison nouvelle, puisque ce départ coïncide avec sa soixante sixième année. 

Il faut donner à César ce qui est à César. Nous étions là ce dimanche 3 juillet 2022 à la salle paroissiale de Corbeil Essonne, qui tenions à lui rendre un vibrant hommage à maman Mouliom dont la vie exemplaire et les idées pourraient inspirer maintes personnes. Eh oui, il fallait rendre cet hommage à une dame qui   s'est acquittée avec son sceau propre des tâches inhérentes à son rang.

Comme a dit l’écrivain Serges Ngounga, « À tous ceux, et celles qui sont venus apporter la sympathie, cela a été pour nous un grand réconfort et un grand soutien dans ces moments de dures épreuves, au nom de toute la famille, je vous remercie. »

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