PREDICATION DU DIMANCHE 03 JUILLET 2022  Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA
FRANCE :: RéLIGION

FRANCE :: PREDICATION DU DIMANCHE 03 JUILLET 2022 Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA

Textes : Esaïe 66, 10-14 ; Galates 6, 14-18 ; Luc 10, 1-20

Le récit de l’envoi en mission de 72 disciples, appelés par Jésus et envoyés deux par deux dans les localités où lui-même devait aller, nous invite à méditer sur la façon dont se transmet l’évangile.

Il est intéressant de noter que Jésus ne mobilise pas une armée pour diffuser par la force sa révélation et sa doctrine, comme d’autres qui déclarent la guerre sainte et maudissent ou tuent tous ceux qui n’adhèrent pas.

Si Jésus ne veut pas s’imposer par la force physique, il ne veut pas non plus s’imposer par la violence psychologique. Quand il guérit un malade ou quand il fait un miracle, il le fait par miséricorde et non pas pour obliger les gens à croire. Au contraire, il commande qu’on n’en dise rien de peur qu’on ne se trompe sur lui et sur ses intentions.

La méthode de Jésus, son secret, pourrait-on dire, c’est que son évangile ne peut se transmettre que de personne à personne. L’évangile de Jésus est un message que l’on a soi-même reçu de quelqu’un et que l’on est invité à transmettre à quelqu’un.

Ici Jésus précise à ses envoyés ce qu’ils auront à dire : d’abord la paix à cette maison et ensuite le règne de Dieu est tout proche de vous. Plus tard, après la résurrection du Christ, le message sera le suivant : je vous rappelle l’évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et auquel vous tenez… à savoir que le Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le 3ème jour, qu’il est apparu à Pierre et ensuite à plus de 500 frères.

 

Si nous sommes ici, aujourd’hui, à ce culte, c’est que nous avons reçu ce message. De qui l’avons-nous reçu ? De quelqu’un ! de nos parents, d’un pasteur, d’un prédicateur, d’un évangéliste, d’une conductrice, d’un livre ou d’une prédication, que sais-je ? Quel que soit le moyen, le principe est le même : l’évangile ne se transmet de personne à personne. C’est une bonne nouvelle que l’on a soi-même reçue et qu’on brûle d’annoncer à quelqu’un d’autre.

Mais à cette condition indispensable, il en faut une autre qui ne dépend pas de nous, mais de Dieu lui-même. Pour que celui qui a reçu le message y adhère, pour que la parole annoncée s’enracine dans son cœur, il faut l’action de l’Esprit-Saint. C’est lui qui va parler au cœur et le rendre brûlant. C’est lui qui va illuminer l’intelligence et lui faire saisir que c’est vrai. C’est lui qui va changer la vie. En un mot, c’est lui qui fait les croyants !

D’ailleurs si nous sommes ici aujourd’hui, c’est bien parce que d’une manière ou d’une autre, nous avons perçu, même imparfaitement, même incomplètement, mais réellement la vérité divine du message. A quelle occasion, je ne sais pas ? À chacun son histoire, ce fut peut-être lors de son baptême, sa Confirmation, ou en préparant son mariage, ou à un pèlerinage, ou autrement…

Mais tous nous pouvons dire avec l’apôtre Paul : c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, c’est-à-dire un croyant qui a mis sa confiance dans le Seigneur Jésus.

Voilà comment se transmet l’évangile depuis Jésus lui-même, de personne à personne avec l’action de l’Esprit Saint.

Ainsi les apôtres ont-ils entendu Jésus leur parler longuement, mais ils ne sont devenus vraiment croyants qu’après la Pentecôte, lorsque le Saint Esprit a brûlé leurs cœurs et délié leurs langues.

C’est encore aujourd’hui ce que nous faisons, chacun selon sa situation. Nous avons reçu un trésor et nous le transmettons, à commencer par les parents qui annoncent l’Évangile à leurs enfants jusqu’aux missionnaires qui partent où Dieu les envoie, dans le seul but de faire connaître ce qu’ils ont eux-mêmes reçu et qui a illuminé leur vie. Comme dit le récit : Jésus envoie ses 72 disciples là où il doit lui-même aller. Eux, ils annoncent, lui il agit par son Esprit-Saint.

La conversions des cœurs ne dépend pas du messager. Il la demande dans une fervente prière, mais il respecte l’action de Dieu qui est patient et ne fait pas violence à la liberté de chacun. Et c’est d’ailleurs la souffrance des parents, des témoins et de tous les évangélistes, de ne pas convaincre autant qu’ils le voudraient. Comme disait Bernadette Soubirous, nous sommes chargés d’annoncer, pas de faire croire.

Aussi quand les 72 disciples reviennent tout joyeux et se vantent des beaux résultats qu’ils ont obtenus, le Seigneur les remet à leur place. Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous soient soumis, leur dit-il, car cela ne dépend pas de vous, mais réjouissez-vous de ce que vous soyez vous-mêmes sauvés.

Il reste donc à rendre grâce à Dieu pour ce que nous avons reçu et à lui confier ceux à qui nous le transmettons.

Dieu pour nous crée n’a pas eu besoin de nous. Il nous a conçu, élaboré et envoyé sur terre sans demander notre avis. Tout ce qu’il a fait au début de la création, il n’avait pas besoin de notre consentement.

Mais aujourd’hui, pour participer à l’économie du salut de Dieu, il a besoin de nous, de notre consentement. En un mot pour venir à la vie dieu n’a pas eu besoin de nous. Mais pour nous sauver, il a besoin de nous.

Cela nous ramène à ce que j’appelle les sciences partenatiques. Le temps de la prosternation est révolu. Aujourd’hui, Dieu a besoin d’une relation de partenariat avec nous et les uns avec les autres. Et cela dépend de nous !

Amen.

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