RDPC  : Phobie et allergie à l’opposition ?
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Après l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), voici Social democratic front (SDF) à la porte de l’éclatement. Les coups d’éclat du parti présidentiel ?

Le sort irrémédiable des partis qui ont porté l’opposition face au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC ), semble décidément être le schisme qui traverse ces familles politiques. Turpitudes des leaders empêtrés dans les dilemmes les plus inavoués qui soulèvent des vagues sur lesquelles surfent allègement le parti présidentiel ou tout simplement la résultante d’une stratégie d’anéantissement, d’écrasement de toute forme d’opposition ? Dans la deuxième hypothèse de cette double interrogation, on fait l’inventaire d’une peur morbide, d’une angoisse éprouvée par ce parti né au pouvoir depuis 1985 à Bamenda, mais aussi sa réaction hostile, incapable de supporter de par son Adn, tout son discordant dans son champ d’action. La responsabilité du mastodonte RDPC  mérite de ce fait d’être convoquée du moment où son logiciel génétique est contre le multipartisme.

C’est du reste un euphémisme de le relever car les déclarations et des faits du haut de la pyramide de ce parti convergent à conforter cette réalité. Déjà au début des années nonante, à l’heure où le Vent d’est soufflait des bourrasques sur le Cameroun, les militants et les cadres de ce parti s’étaient massivement mobilisés à travers les marches contre le « multipartisme précipité », traduisant par-là à fleurets moucheté leur jusqu’auboutisme qui s’écrasait aux pieds de leur président Paul Biya. Deux mois plus tard, le 28 juin 1990, il montait au créneau pour sensibiliser les siens sur la vanité d’une telle démarche.

« Notre part est fort, certes, mais il doit dès aujourd’hui se préparer à affronter une éventuelle concurrence. Sachez donc vous y préparer », douchait-il in extenso les ardeurs des uns et des autres dans les rangs de son parti. Bien plus encore, aux lendemains de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 dont les résultats des urnes furent fortement contestés, le Secrétaire général du Comité central du RDPC , en visite de travail dans le Mfoundi auprès de ses camarades en remettra une louche sur la ferme volonté d’en découdre avec l’opposition pour la contenir à sa portion congrue. « Nous suggérons qu’il est plus efficace de travailler à réduire l’opposition à sa plus simple expression à Yaoundé, au lieu de chercher à endiguer sporadiquement sa vague montante lors des élections », assenait- il en avril 2019.

Les faits d’une lutte sans merci

A l’épreuve des faits, il est clair que dans la compétition politique quotidienne, le parti de Paul Biya convoque tous les moyens disponibles pour rendre la vie dure à ses adversaires les plus invétérés, piétinant copieusement leurs plates-bandes à défaut de les savonner pour mettre ces partis en situation. Pour preuve la création du SDF le 26 mai 1990 à Bamenda se fit dans la douleur, ce jour-là, il eut 6 morts piétinés, « par balles » comme l’a soutenu mordicus le parti à la balance. Alors que Ni John Fru Ndi était depuis 1992 le principal opposant de Paul Biya, ce n’est qu’en décembre 2010 que les deux hommes vont se rencontrer pour la première fois, 18 ans après. Est-ce une phobie ou une allergie de l’opposition ? Qu’importe ! On sait aussi les chemins difficiles par lesquels sont passés l’Union démocratique du Cameroun (UDC) après sa création le 22 mars 1991 et sa légalisation le 26 avril 1991. A Njinka à Foumban encore aujourd’hui, il existe des panneaux rappelant à la mémoire collective la mort suite à l’intervention des Forces de l’ordre, et les exemples sur ce point sont légion. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun du Cameroun (MRC), n’est pas en reste avec  son lancement le 13 août 2012 à l’hôtel Hilton de Yaoundé. Ce jour-là, c’est dans le noir que les militants durent se séparer suite une intervention de la police, alors que l’autorité administrative avait autorisé la réunion avant de se raviser quand les militants étaient sur place.

Zone de turbulence

On sait aussi le sort d’une centaine des militants de ce parti, qui broient du noir en prison pour avoir marché, certains condamnés à des lourdes peines, allant jusqu’à 7 ans. Par ailleurs, en observant la courbe des résultats des différents partis politiques dans l’histoire face au RDPC , le constant est qu’elle tend drastiquement vers zéro. C’est à se demander pendant combien de temps encore l’opposition aura une place au sein des institutions. Certains partis, à l’exemple de l’UNDP, ont vite compris qu’il faille s’allier au mastodonte pour gouverner au risque de laisser toutes les plumes dans l’opposition. Le parti de Bello Bouba Maïgari n’a pas la mémoire courte. Dans l’adversité, il a éclaté en plusieurs factions, dont les différents lieutenants de la scission sont aujourd’hui au gouvernement. Au niveau des résultats, Il ne compte aujourd’hui que 7 députés alors qu’en 1992 il en comptait 68. Le SDF aussi est entré dans la grande zone de turbulence au moment où Ni John Fru Ndi est sur le point de céder son fauteuil à  la relève.

Une faction de ce parti va-t-elle se former et entrer au gouvernement comme il se susurre avec la réunion des cadres à Mbouda ? Ses résultats électoraux, à l’exemple de ceux de l’UNDP, fondent comme peau de chagrin avec le temps. S’il comptait 43 sièges en 1997, 16 en 2013, il ne totalise plus que 5 sièges aujourd’hui en 2020. En ce qui concerne la présidentielle, le parti du Chairman est passé de 35 % en 1992 à 11 % 2011 et 3, 35% en 2018. Le RDPC , comme on le voit, que cela soit dit ou pas, écrase au propre comme au figuré son opposition, avec une telle détermination qu’on se demande s’il s’agit d’une phobie ou d’une allergie.

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