Ces pays qui profitent de la guerre
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Les États-Unis raflent la mise

malgré son opposition à l’invasion de la Russie en Ukraine, les Etats Unis sont l’un des plus gros bénéficiaires du conflit qui secoue l’Ukraine depuis plus de deux mois. L’un des marchés qui s’ouvre aux Etats Unis est celui du gaz. Devant la Commission européenne, en mars dernier, le président américain Joe Biden s’est engagé à vendre 15 milliards de m3 (Gm3) de gaz naturel liquéfié (GNL) supplémentaires en 2022. À terme, l’objectif des Etats-Unis est de remplacer totalement les 155 Gm3 de gaz russe représentant 30 % de la consommation de l’UE. Selon les experts, les Etats-Unis vont vendre leur gaz plus cher en Europe. « Aux États-Unis, les producteurs de GNL se frottent les mains et accentuent la pression sur le gouvernement Biden afin d’obtenir de nouvelles concessions », a affirmé le mois dernier un expert consulté par Le Figaro.

En plus du gaz, les Etats Unis profitent aussi par la vente des armes. Le pays a fourni 4,3 milliards d'euros d'assistance militaire au premier mois du conflit, et proposent 19 milliards supplémentaires. Cet effort de dépense a toutefois un intérêt. "Celui des ventes d'armes. L'Europe était déjà un de leur plus gros marché à l'export, si l'Europe se réarme, il est tout à fait logique que ce soit en premier lieu auprès des industriels américains", analyse Vincent Lamigeon, spécialiste de la défense chez Challenges. Sur le marché mondial, la France est le troisième exportateur d'armes, derrière les États-Unis et la Russie.

La Chine contourne les sanctions

Sous le coup des sanctions occidentales du fait de son invasion en Ukraine, la Russie a tôt fait de trouver un nouvel allier : la Chine. Pékin profite en effet des sanctions imposées à la Russie pour signer des contrats d'importation de gaz et de pétrole russes. Depuis le début du conflit, la Chine a doublé ses achats de produits énergétiques russes et Gazprom, une entreprise russe, va même construire un nouveau gazoduc de 900 kilomètres entre les deux pays pouvant transporter 50 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit à peu près le même volume que Nord Stream 2 en Europe. Les experts estiment que la Chine arrive un peu comme un briseur de sanctions et même, elle profite de la situation en signant des contrats en yuans, la monnaie chinoise qui vient ainsi concurrencer le dollar américain pour les achats d'hydrocarbures. Cela permet à la Chine de faire d'une pierre deux coups en internationalisant sa monnaie. Et pour la Russie, c'est aussi une façon d'obtenir des devises étrangères qui ne soient pas du dollar américain. Les exportations russes vers la Chine, ne se limitent pas d'ailleurs aux seuls hydrocarbures, puisque la Chine a augmenté ses importations de blé russe. Et cela marche dans les deux sens puisque les exportations de la Chine vers la Russie ont grimpé de 41%.

La Russie se frotte les mains

L ’invasion de la Russie en Ukraine n’est pas anodine. Les intérêts sont géostratégiques et économiques. Sur le plan économique, l’Ukraine constitue pour Moscou un territoire riche en matières premières à exploiter pour faire face à une crise économique féroce qui frappe de plein fouet la Russie, depuis au moins 2008. Selon les experts, la Russie entend rembourser les efforts de guerre avec les richesses de l’Ukraine dont Moscou va disposer tôt ou tard. L’Ukraine est en effet le grenier de l’Europe grâce à sa production de blé, le pays dispose aussi de réserves importantes de minerais et d’un accès privilégié à la mer. Sans oublier d’importants gisements de gaz et d’autres matières premières importantes comme les richesses houillères du bassin de Donbass avec 107 milliards de tonnes, l'immense gisement de fer de Krivoï-Rog avec plus de 7 milliards de tonnes en 2002 et le célèbre gisement de manganèse de Nikopol. À ceci s’ajoute l'énergie de la puissante centrale hydroélectrique du Dniepr avec pas moins de 10 milliards de kilowattheures. « Avec, bien entendu, l’accès à la mer avec la base de Sébastopol que Moscou ne lâcherait pour rien, quitte à en découdre avec l’Occident âprement, dans une logique d’escalade, qui jusque-là ne profite qu’à Vladimir Poutine », explique l’écrivain Abdelhak Najib.

L’Inde tente de se positionner

Début avril, le Premier ministre indien Narendra Modi avait affirmé devant le président américain Joe Biden que l'Inde était prête à expédier de la nourriture au reste du monde suite aux chocs d'approvisionnement et à la hausse des prix dus à la guerre en Ukraine. L'Inde est le deuxième plus grand producteur de riz et de blé au monde. Début avril, elle disposait de 74 millions de tonnes de ces deux denrées de base en stock. Sur ce total, 21 millions de tonnes ont été conservées pour sa réserve stratégique et le système de distribution publique (PDS), qui permet à plus de 700 millions de personnes pauvres d'avoir accès à des aliments bon marché.

L'Inde est également l'un des fournisseurs mondiaux de blé et de riz les moins chers : elle exporte déjà du riz vers près de 150 pays et du blé vers 68. Elle a exporté quelque 7 millions de tonnes de blé en 2020-2021. Les négociants, réagissant à la hausse de la demande sur le marché international, ont déjà conclu des contrats pour l'exportation de plus de 3 millions de tonnes de blé d'avril à juillet, selon des responsables. Les exportations agricoles ont dépassé un record de 50 milliards de dollars en 2021 et 2022.

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