Texticules de Hugues Seumo: Il était une fois la SODERIM de Santchou..Echec des politiques agricoles
CAMEROUN :: POINT DE VUE

CAMEROUN :: Texticules de Hugues Seumo: Il était une fois la SODERIM de Santchou..Echec des politiques agricoles :: CAMEROON

Dépourvue de ses boyaux et laissé pour compte, la Société de Développement de la Riziculture dans la plaine des Mbo’o, qui ne répond plus que de vestiges, dont la fermeture remonte aujourd’hui à plus de 28 ans n'est plus que l'ombre de lui-même.

Créée dans la décennie 70-80, la structure agro-industrielle qui s’était donné pour mission l’amélioration de la production nationale du riz et la lutte contre le chômage implantée dans l’arrondissement de Santchou ne sert plus aujourd’hui que de refuge aux animaux en divagation.

Désormais plongée dans les hautes herbes, l’entreprise a définitivement fermé les portes créant un vide considérable en ce qui concerne l’industrie locale pour la production et la transformation de cette denrée fort prisée sur l’échiquier national voire sous-régional.

Pourtant la seule véritable entreprise de la localité qui employait une bonne frange de la population locale, contribuant de facto à l’essor de l’activité économique locale. 

L’époque de la belle et prospère Soderim pour ces populations n’est plus que triste et lointain souvenir qui ronge ses ex-employés pour la plupart tournés vers la « débrouillardise » pour ceux qui sont encore de vie,  une question de survie !

Vous me demandez ce que c’est. Ce sont des grands projets, surdimensionnés, Mal conçus. Non rentables qui sont abandonnés à mi-chemin.

A la Plaine des Mbo et plus précisément à Santchou, les terres sont fertiles, les périmètres rizicoles existent toujours, les silos et l’usine de décorticage sont là.

Tout est abandonné dans la broussaille et le matériel qui s’y trouvait à la belle époque est utilisé à d’autres fins par la population environnante." Il y’a plus une seule pièce. Même les tôles sont démontées », déplore un riverain.

Le Cameroun en compte des dizaines dont nous payons encore les dettes.

Exemple la SODERIM (Société de Développement de la Riziculture dans les plaines des Mbo), fermée en 1997. 1500 paysans abandonnés. 1,5 milliards en l’air.(1), l'Upper Wun Valley Development Authority (l'Unvda) dans la région du Nord-Ouest et des riziculteurs privés produisaient et commercialisaient le riz, etc. Toutes les sociétés citées ne fonctionnent plus.

Les chiffres invitent à la réflexion. 

En 1975, le Cameroun produit 80% de la consommation nationale du riz. En 2007, le Cameroun est obligé d'importer près de 90% de ses besoins en riz (2).

Ces chiffres sont ceux de l'Institut national de la statistique (Ins). Dès lors, une question se pose : que s'est-il passé pour que la tendance s'inverse radicalement plus de trente ans après ? 

La Soderim, s'est éteinte après le désengagement de l'Etat.

Avec l'avènement de l'ajustement structurel, l'Etat s'est désengagé de la Soderim. Et comme c'était un projet piloté conjointement par le Cameroun et la Chine, les Chinois sont partis.

L'ex-ministre de l'agriculture, Jean Baptiste Yonke, directeur de cette société, a résisté quelques années après le désengagement de l'Etat, mais a fini par se lasser et a abandonné ", raconte Pascal Nkwe Makongo à un confrère du quotidien le Jour.

Entre temps, le Cameroun poursuit de belle les importations de riz à des centaines de milliards par an ; allez savoir les prix sur les comptoirs dans les marchés, avec des hausses du jour au lendemain

(1) Bernard Njonga, La Nouvelle expression du 16 mars 2007, P 12
(2) Notes du ministère de l'agriculture, PSCC, Pages 25

Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo