LE BURKINA FASO REJOINT LE CORTEGE DES COUPS D'ETAT EN AFRIQUE
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LE BURKINA FASO REJOINT LE CORTEGE DES COUPS D'ETAT EN AFRIQUE

La situation politique au Burkina Faso, un pays qui a connu plusieurs coups d'État et tentatives de coup d'État dans le passé, continue de se détériorer.

Selon les derniers événements, des manifestants partisans des militaires qui se sont mutinés dans plusieurs casernes du Burkina Faso ont incendié, dimanche, le siège du parti au pouvoir à Ouagadougou. Les militaires réclament plus de moyens pour lutter contre la menace djihadiste. Des soldats se sont mutinés, dimanche 23 janvier, dans plusieurs casernes du Burkina Faso pour réclamer le départ des chefs de l'armée, alors que le siège du parti au pouvoir à Ouagadougou a été incendié par des manifestants.

A noter que le président burkinabé a été détenu par les militaires rebelles. L'arrestation de Roch Marc Christian Kaboré a été informée par deux sources sécuritaires et un diplomate. Selon Reuters, Kaboré est situé sur l'une des bases de l'armée.

Il convient de noter également que les groupes militaires ont libéré le général Gilbert Diendéré, qui a été reconnu coupable en 2015 d'avoir tenté un coup d'État militaire.

Les événements récents ont soulevé le point de vue des analystes politiques intéressés par l'Afrique, c'est ce dont parlait l'observateur militaire et chercheur en études sociales et politiques, Grégoire Cyrille Dongobada : « Le Burkina Faso rejoint le cortège des coups d'État en Afrique », a déclaré le politologue.

Selon l'analyste politique, la situation politique et sécuritaire dans le pays se détériore et le pays est sous la menace d'un éventuel coup d'État militaire, qui conduirait à une crise dont il n'y a pas d'issue.

Pour comprendre ces heures qui ont changé le visage du Burkina Faso, il faut les replacer dans leur contexte. Depuis le début du premier mandat de Roch Marc Christian Kaboré, en novembre 2015, la sécuritaire ne cesse de se dégrader. Pendant longtemps, les dirigeants ont occulté le phénomène djihadiste en étant sincèrement convaincus que c’était une déstabilisation perpétrée par les dignitaires de l’ancien président Blaise Compaoré. Ils se sont donc organisés très tardivement et tant bien que mal pour mener la lutte antiterroriste. Résultat, plus de six ans plus tard, l’Etat ne maitrise plus qu’un tiers de son territoire et compte plus d’un million et demi de déplacés internes.

D'après un porte-parole militaire a déclaré aux journalistes qu'ils exigeaient des ressources et une formation « appropriées » pour faire face aux militants liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique. Les manifestants réclamaient la démission des chefs de l'armée et du renseignement et un meilleur soutien matériel aux soldats blessés et à leurs familles. L'armée a subi de lourdes pertes aux mains de militants qui contrôlent de vastes régions du Burkina Faso et forcent certains habitants à obéir à la charia.

En fait, la colère publique a éclaté en novembre lorsque des hommes armés liés à Al-Qaïda ont tué 49 policiers militaires et quatre civils lors d'une attaque contre une mine d'or dans la ville d'Inata, dans le nord du pays. Les habitants ont été scandalisés par les informations selon lesquelles les troupes n'avaient pas reçu de rations alimentaires depuis deux semaines.

Enfin, selon le politologue Grégoire Cyrille Dongobada, le phénomène du coup d'État militaire qui a balayé de nombreux pays africains en général et les pays du Sahel en particulier, n'est rien d'autre que le produit de l'intervention française sur le continent. Il a également souligné le rôle de la politique française et ses répercussions négatives sur le progrès et la prospérité du continent.

Source:Grégoire Cyrille Dongobada, observateur militaire, chercheur en études politiques

 

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