GISELE MVOANDJI...L'ETOILE MONTANTE DE LA CHANSON CAMEROUNAISE
CAMEROUN :: MUSIQUE

GISELE MVOANDJI...L'ETOILE MONTANTE DE LA CHANSON CAMEROUNAISE :: CAMEROON

Gisèle Mvoandji est une artiste camerounaise très connue dans le grand Mbam et dans la Haute Sanaga. Dotée d’une voix angélique, elle séduit plus d’une personne à chaque prestation devant un public. 

Camer.be a le grand plaisir d’accueillir sur son site cette chanteuse qui s’est prêtée au jeu des questions/réponses pour nous parler de sa carrière en pleine ébullition.

Bonjour Gisèle, je suis heureux de t’accueillir ici ! Peux-tu te présenter en quelques mots pour que tes futurs lecteurs puissent faire connaissance avec toi ?

C’est un grand honneur pour moi. Je suis Gisèle Mvoandji, artiste musicienne. Je suis camerounaise, et je vis au Cameroun, plus précisément dans la ville de Yaoundé. Je fais dans le style afro profondément ancré dans le patrimonial. J'aime mon pays et j'aime ma langue maternelle le Vuté.

Peux-tu nous parler de ton parcours musical ?

J’ai commencé la musique à l'âge de 6 ans, dans les chorales avec mes parents et mes frères. Puis j’ai évolué dans différentes chorales de notre pays, à l’instar de : les God's Voice, Nkanane Zambe, Gospel Voice... Ce fut un temps de formation idoine qui m’a permis de me forger une vocation et d’intérioriser la chanson comme un art par lequel je pouvais m’identifier.

C’est après que mon grand frère Gervais Mango et moi ayons décidé d'aller revisiter les musiques de chez nous. Là aussi ce fut une belle expérience parce que cela nous a permis de découvrir toute la beauté et la richesse de notre patrimoine artistique. Une rencontre, je dirai même monumentale, parce que cela a creusé mon tréfonds musical, et a fait éclore ce nom de Gisèle Mvoandji dont les mélomanes admirent aujourd'hui.

C’est dans les meetings politiques des élites du Mbam que moi, je t’ai découverte. Pourquoi toujours attendre les meetings politiques pour te produire musicalement ? C’est une passion pour la politique ?

Ahahahahahaha Non point du tout, je suis une chanteuse ouverte à tout public. J’ai fait des concerts partout au Cameroun ; c’est peut-être mon animation qui attire les hommes politiques à me solliciter pour créer l’effervescence pendant leur meeting ; j’ai la passion du social d’abord ; c’est dans les meetings aussi que je retrouve un public qui n’est pas toujours là pour la politique, mais pour les rencontres et les retrouvailles. 

Je chante sur tous les plateaux qui me sont offerts ; je ne choisis pas. Tant qu’on me sollicite, je viens chanter, car la musique est là pour adoucir les mœurs. Elle est l’art qui unit les peuples et les consciences.

La plupart d’artiste choisit des sobriquets retentissants pour accompagner leur carrière, penses-tu que le nom avec lequel tu évolues aujourd’hui est séduisant artistiquement?


Mon nom ! C'est l'élément le plus artistique de ma personne. Votre nom traduit qui vous êtes, ce que vous voulez apporter à ceux qui vous suivent. Moi, j'aimerais apporter mon Metep natal au monde. J’aimerais leur dire que je suis une fille des forêts profondes de la haute Sanaga et j'en suis fière. Je voudrais leur apporter mon Vute. C’est ce que j’ai de mieux à leur offrir, est-ce faire œuvre d'art dans ce contexte ?  J’y crois. Chaque artiste doit créer un retentissement autour de son nom, car les noms sont donnés par nos parents après mille réflexions, au lieu de me fabriquer un nom, je préfère dynamiser celui que je porte. La preuve mon nom est arrivé jusqu’à vous en France ahahahahaha.

Au cours de l’émission SAA NIME TINE sur la radio Soleil FM, on sent une femme passionnée par l’instrument TIBIRIN ou le « DJIN » (tam-tam Vuté) au point où tu éprouves la peur de sa disparition. 

Qu’est-ce qui t’inquiète tant ? Un instrument, disparaît-il du jour au lendemain ? Tu ne vois pas que cela a résisté dans le temps depuis l’époque de nos ancêtres ?

C’est un instrument mythique, vous vous imaginez ? Un instrument conçu de façon traditionnelle qui produit des sons incroyables et dont le joueur seul comprend ce qu’il produit. J’aime passionnément tout ce qui a trait avec ma culture.

 Malheureusement, le constat est inquiétant. Chaque jour, nous perdons beaucoup d'éléments de cette culture ; cela est dû à l'importation des cultures d'ailleurs, que nous valorisons au détriment des nôtres. 

Il y a aussi le désintérêt des jeunes à reprendre le flambeau des héritages que nous ont légué nos aïeux. Il faut ajouter à cela les disparitions soudaines des brillants parents qui jouent à ces instruments sans laisser des relèves. La culture est ce que l’homme ajoute à la nature par le savoir et la conscience ; je me demande toujours si ces cultures survivront dans cinquante ans. Il y a lieu pour nous jeunes artistes d’aujourd’hui de mener une réflexion profonde pour pérenniser celle-ci.

  La chanson, est-elle une vocation chez toi ? Est-ce que tu penses que tu as du rythme dans la peau ?


Oooh ! Par la grâce de Dieu, beaucoup de personnes aiment ce que je fais et me le disent. Je reçois tellement de témoignages et cela me comble. Parce que si nous faisons de la musique, c'est pour permettre aux gens de se reconnaître, de pouvoir planer, d’oublier un peu les turpitudes de la vie, les guérir. Bref leur donner l'occasion de se sentir bien. 

De savourer les retrouvailles, d’être content de vivre. La vie ne doit pas seulement être ballonnée de tristesse, il faut créer des émotions, et c’est le rôle de l’artiste de créer des réjouissances autour de lui. C’est vrai qu’il y a cette difficulté de la langue. Mais dans ce monde du donner et du recevoir, il faut apporter quelque chose de nouveau. 

Et pour être plus sincère, c'est en ma langue que je véhicule mieux mes émotions et mes messages. Ma mère dit que quand je suis née, je pleurais énormément, ce n'est que plus tard qu'elle a compris que ces pleurs étaient des chansons. Hahahaaaa. Vous aurez compris que la chanson est mon oxygène. Quand je ne chante pas, il y a un gouffre dans ma vie.

Comment ta musique est-elle accueillie par le public camerounais ?

C’est une découverte majeure, dans la musique on a envie quelquefois de se passer des artistes qu’on voit tous les jours. On est un sujet de curiosité, alors il faut donner le meilleur quand pour la première fois, on va te découvrir, et les gens à la fin ne sont pas souvent déçu, donc pour vous dire que l’accueil est positif.

Beaucoup constatent que tu as une très belle voix, et un beau visage qu’est-ce que tu mets en avant pour captiver sur scène ?

Aaah bon ! J'ai un beau visage ? Merci. En général ce qui me préoccupe chaque fois que je me place devant les gens micro en main, c'est le message de la chanson. Si je peux passer le message et toucher un cœur par l'émotion de ma voix, j'aurais atteint mon but.

 Le visage, c’est une partie de moi, il doit être aussi mis en avant pour jouer son rôle. Le visage est là pour demander au public d’écouter la chanson, pas pour séduire, il y a une complicité entre les gestes du visage, la voix et le message. Ce sont les instruments de l’artiste. Tout peut se jouer là aussi. A vous de voir. ahahahahahahaha

J’ai cherché tes clips sur YouTube, je n’ai pu trouver, peut-être utilises-tu un autre nom, peux-tu le mentionner pour que les lecteurs te découvrent ?

Sur YouTube, si vous tapez Gisèle Mvoandji, vous me trouverez. Je n’ai pas un autre nom sur cette plateforme. Vous pouvez par exemple chercher Georges et Gisèle Mvoandji.

Qu’apporte ton genre musical à la musique camerounaise ?

Le Cameroun a une culture tellement riche et diversifiée. C’est une force. Sa culture a déjà démontré ses prouesses, et elle continuera à le faire. Ma musique fait partie intégrante de tous ces genres. 

Je continue à jouer et à composer. La musique camerounaise a fait le tour du monde, vous vous souvenez des grands chanteurs mondiaux qui ont repris la musique de nos ainés. Il y a le Zouk et le Mapouka qui seraient venus de la musique camerounaise. C’est dire que la mienne un jour fera son écho. Elle n’a pas de frontière, la musique. Elle ira partout, dans les coins les plus reculés.

Quel est ton meilleur souvenir dans la musique ?

haaa ! mon plus beau souvenir, c'est lorsqu'à l'âge de douze ans, j'ai été choisi pour chanter à la CRTV, à l'émission Tam-tam Week-End. Je savais que mes frères (que j'aime de tout mon cœur) qui étaient dans une autre ville, me verraient à la télé, ce fut le cas. Je n’avais que 12 ans et j’étais leur petite sœur.  J’avais beaucoup prié, le vœu s’est réalisé et Dieu m'avait exaucé. Mes frères m'avaient vu à la télé, et ils étaient fiers moi.

J’ai eu l’impression ce jour que, quelque chose s’était ajouté à ma modeste personne ; je pouvais maintenant rêver plus loin. La télévision est un moyen de communication excellente pour toute personne qui a des ambitions. Elle suscite la créativité et on a envie de faire mieux quand on a réussi un premier passage. J’ai encore les étoiles juste en évoquant ce souvenir. C’est sans doute mon meilleur souvenir à ce jour.

Aujourd’hui tu es une référence de la musique folklorique Vuté, des jeunes comme Kim Sadou chante aussi très bien, es-tu prête à épauler les jeunes qui veulent à se lancer ?


Mon plus grand bonheur serait de voir une jeune éclore grâce à mes conseils qu’il aurait reçus. C’est un principe chez moi d’épauler les jeunes et dans la plupart de mes chansons, je prône l'union, la solidarité. Dans ce monde, il faut savoir donner, c'est important.


Tous ceux qui ont toujours sollicité mon concours, j’ai toujours répondu présent, c'est avec plaisir que je le leur donne. Cette passion reste et demeure. Quant à Kim, c’est une petite sœur qui chante très bien, lorsqu’elle aura besoin de moi, je n’hésiterai pas.

La carrière musicale est jonchée d’obstacles nombreux ? Es-tu consciente de ces barrières ? Es-tu prête à tout ?

aaah oui ! Les obstacles sont vraiment nombreux et j'en suis consciente. Surtout pour nous les artistes féminins, c'est plus compliqué. Mais par la grâce de Dieu, je ferai de mon mieux, pour les braver. À tous les prix ? Je ne pense pas. Mais à la limite de l'acceptable.

Tu es de la Haute Sanaga de culture Vuté, penses-tu que les Vuté de la Haute Sanaga ont les mêmes préoccupations journalières que ceux par exemple de Yoko ?

Le vuté, qu’il soit de Nanga ou de Yoko est un seul et même peuple. Il partage pratiquement tout. Les mêmes forêts et l'autre rive de la Sanaga. Mais aujourd’hui la ville de Nanga s’est beaucoup développée et constitue un atout pour l’épanouissement de ses habitants qui ont des réelles facilités. Ce qui n’est pas le cas pour ceux qui sont à Yoko qui mènent encore une vie érémitique et qui sont dépendant d’une vie ancestrale comme la chasse la pêche et la cueillette. 

Ce qui est d’ailleurs une bonne chose puisque la tradition de ce côté est restée intacte. Malgré la pauvreté ambiante, c’est un peuple fort, qui résiste à toutes sortes d’intempéries et qui est resté digne. Le peuple Vuté est un peuple fier quel que soit le lieu où il se trouve.

En tant que femme Vuté peux-tu nous dire ce qui manque à la femme Vuté aujourd’hui pour qu’elle explose dans tous les domaines comme d’autres femmes camerounaises ?

La femme Vute de nos jours, a fait ses preuves sur tous les plans. Elle n'est plus la jolie petite dame qui attendait sagement à la cuisine le retour de son mari qui revenait de la chasse ou celle-là qui n'avait pas droit à la parole dans les assemblées et qui n'avait pas son mot à dire dans son foyer. Obligé d'utiliser les Ngwa pour s'exprimer, mais nooon ! 

Ce n'est plus le cas aujourd'hui ; la femme Vute n'envie plus rien des autres ; il y a longtemps qu’elle a pris son destin en main. Elles sont représentées partout dans la république, dans les grandes sphères de décisions de notre pays. Certes, il y en a qui traînent encore la patte, mais inshallah, elles vont suivre la mouvance.

Quel est ton mot de fin ?

Pour le mot de fin, je rappelle à tous les Vutés qu’ils doivent savoir qu’ils sont des Camerounais ; ils doivent s’ouvrir et s’épanouir dans leur pays. D’aimer leur pays. Rien de plus beau. Je demande de se lever et d’avancer. De faire rayonner leur image. Car chaque peuple a un talent et mérite d’être connu. C’est le rêve et le travail qui payeront.

 Je dis à tous les camerounais que nous sommes riches. Notre pays a d’énormes potentiels. Nous avons encore tellement à apporter au monde. Ne nous mettons pas les barrières inutiles. Prenons des autres, et offrons-leur ce que nous connaissons, faisons-le avec puissance.
À tous les Vute, je leur demande d’être fiers de leur culture de leur musique et de leur langue. Personne ne doit s’entourer de complexe…. Le monde veut découvrir notre grand peuple, travaillons pour son éclat.

Je te remercie d’avoir bien voulu accepter de nous répondre avec sincérité.

C’est moi qui vous remercie !

Propos recueillis par l'écrivain Calvin DJOUARI

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