Prince Kestamg "« Ngueyoh Mama » est un hymne à la femme"
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FRANCE :: Prince Kestamg "« Ngueyoh Mama » est un hymne à la femme"

Le titre rend hommage à toutes les femmes et salue en elles le don de la vie. En ce 8 mars de célébration de la journée internationale de la femme, l’artiste camerounais, auteur, compositeur et interprète au rayonnement international, qui vit à Paris, parle pour la première fois de la genèse de ce morceau culte de son répertoire.

« C’est la femme qui donne la vie. Elle la porte comme un trésor inaltérable. La femme est aussi, malheureusement, le plus souvent victime de l’irresponsabilité de certains hommes, guidés par leur égoïsme et leur individualisme, voire par leur folie. J’ai composé Ngueyoh Mama pour faire un clin d’œil à toutes les femmes de la planète, pour leur dire que je partage leur combat au quotidien de reconnaissance et de respect de leur dignité et leur lutte pour l’égalité des droits ». Car, si le Rwanda demeure le pays où la représentativité politique des femmes parlementaires dans le monde, les femmes subissent énormément de discrimination et de violences.

L’artiste Camerounais, Prince Kestamg, a fait du titre « Ngueyoh Mama » (Je t’ai vu ou je te connais Maman en région Bamiléké), un morceau phare de son répertoire. « J’ai eu l’idée de cette chanson, à la mort de ma maman, en octobre 2013, dans un contexte particulier », raconte Prince, qui poursuit : « J’étais à Paris, pour un hommage à Edith Piaf dont on commémorait le cinquantenaire de la mort. Quelques minutes avant de monter sur scène, je reçois un coup de fil de mon frère depuis le Canada, m’informant du décès de ma mère. Ça été un choc, mais immédiatement, j’ai fait un parallèle avec la mort de Marcel Cerdan, compagnon d’Edith Piaf, dans le crash du vol Paris-New York, dans l’archipel des Açores, dans la nuit du 27 au 28 octobre 1949, alors qu’il allait retrouver sa compagne qui se produisait dans un spectacle. J’ai annoncé la triste nouvelle en montant sur scène et le présentateur de la soirée m’a autorisé à prolonger mon passage pour rendre hommage à maman ».

« Femmes du NoSo et d’ailleurs »

L’artiste exprime sa préoccupation sur la condition des femmes des régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun, qui paie un lourd tribut dans le conflit déclenché en 2016. « Il ne se passe pas de semaine sans que l’on apprenne qu’il y a eu des exactions sur les femmes dans les régions anglophones en crise au Cameroun. Le 26 février, encore, l’ONG Human Rights Watch dénombrait au moins 20 femmes - dont quatre handicapées - violées, un homme tué et 35 autres arrêtés, dans une attaque contre le village d'Ebam », s’émeut Prince Kestamg, indexant par ailleurs « des traditions barbares imposant des mariages précoces, des relations sexuelles non consenties ou encore des traitements esclavagistes à des femmes un peu partout dans le monde », toute chose qui, aux yeux de l’artiste contribue à ôter la part d’humanité qui doit rayonner en chaque personne. L’assemblée générale des Nations Unies a adopté en 1993 « La Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes ». Mais la situation d’une planète confinée ne semble guère propice à l’éradication de ce fléau dans le monde. Quant au conflit dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun, majoritairement habitées par des anglophones, il a fait plus de 3.500 morts et forcé plus de 700.000 personnes à fuir leur domicile, essentiellement des femmes.

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