Pétition des députés : Maurice Kamto crie à la trahison du peuple
CAMEROUN :: POLITIQUE

CAMEROUN :: Pétition des députés : Maurice Kamto crie à la trahison du peuple :: CAMEROON

Le président du Mrc leur fait le procès d’être indifférents aux souffrances des Camerounais dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et d’ignorer les autres violations des droits humains au Cameroun.

« Regrettables et irresponsables » ! Ce sont les termes employés par le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) pour fustiger la pétition d’un groupe de parlementaires camerounais demandant à l’administration américaine de ne pas s’ingérer dans les affaires internes du Cameroun. Signée par 62 députés le 22 février dernier, ladite pétition est conjointement adressée aux membres du Congrès américain et au président Joe Biden. Elle fait suite à un courrier daté du 17 février, demandant au président des États-Unis d’octroyer un statut de demandeur d’asile à certains Camerounais actuellement en situation irrégulière sur le sol américain. Pour motiver leur sollicitation, les membres du Congrès (une quarantaine) destinateurs de la correspondance ont argué que ces ressortissants du Cameroun se sont retrouvés sur le territoire américain à cause de la situation humanitaire dégradante causée par la guerre civile dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ou encore les attaques du groupe terroriste Boko Haram dans l’Extrême-Nord, etc. 

Une description jugée excessive et imaginaire par les 62 élus susmentionnés qui se disent « consternés par le mensonge, l’opinion déformée et la caractérisation extrêmement négative de notre pays telle que reflétée par les membres du Congrès américain », peut-on lire dans la pétition. Outré par ce tir groupé de ses compatriotes de l’Assemblée nationale, Maurice Kamto accuse ces derniers de «trahison» contre le peuple. Via ses pages sur les réseaux sociaux le 27 février, le leader du Mrc considère que cette « démarche donne la mesure de l’état d’effondrement du socle des valeurs sur lequel notre jeune nation a voulu se bâtir ». En outre, il fustige la passivité de ces « représentants du peuple » qui n’ont jamais initié, d’après lui, « une démarche concertée (…) pour exiger un débat parlementaire sur la guerre fratricide qui détruit les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et met en péril le destin de notre pays en tant que Nation unie ». 

L’homme politique regrette que cette « solidarité » n’ait pas été manifestée « autour de leur collègue, l’Honorable Joseph Wirba » qui avait tenté en vain de porter la crise anglophone à l’Assemblée nationale. Rappelant au passage « les épisodes insoutenables de cette sale guerre », Maurice Kamto en vient à la conclusion que « pour les parlementaires camerounais concernés, la guerre civile dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’existe pas ; sauf à comprendre que pour ces personnes, ces régions ne font plus partie du Cameroun ». Pour l’opposant, cette « indifférence à l’égard des souffrances des Camerounais » traduit « leur complicité dans les violations graves des droit humains fondamentaux et leur soutien au processus d’ensauvagement de l’appareil de l’État ».

Maurice Kamto semble être d’accord avec le Congrès américain, car, pense-t-il, « nombreux sont nos compatriotes, notamment de la diaspora, pour qui retourner au Cameroun est devenu dangereux depuis de nombreuses années, fichés qu’ils sont par les autorités camerounaises en raison de leurs opinions politiques, ou de leurs opinions politiques alléguées ». Pour finir, le Mrc réaffirme son attachement à la restauration de l’État de droit et projette de faire adopter et respecter au Cameroun une véritable charte nationale des droits de l’homme et de la démocratie. 

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo