CAMEROUN :: Dieudonné Massi Gams : “Des dénonciations parviennent à la Conac” :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POLITIQUE
  • Le Jour : Propos recueillis par JPN
  • lundi 15 juillet 2019 17:17:00
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CAMEROUN :: Dieudonné Massi Gams : “Des dénonciations parviennent à la Conac” :: CAMEROON

Le président de la Commission nationale anti-corruption invite l’Administration à jouer pleinement son rôle.

Pourquoi engagez-vous maintenant une campagne contre la corruption électorale ?
Vous n’ignorez certainement pas que dans les prochaines semaines ou dans les mois à venir, notre pays connaitra des élections municipales, législatives et même régionales. Il est assez souvent décrié que certains élus locaux accèdent à d’importantes responsabilités par le biais de la corruption. Une fois élus, ils ont tendance à se livrer à des actes de prévarication et l’on ne peut, par conséquent, compter sur ce genre d’acteurs pour s’engager dans la lutte contre la corruption. Or la lutte contre ce fléau, pour être efficace, nécessite l’engagement des leaders à tous les niveaux. Dans cette perspective, la Conac demande aux électeurs de sanctionner les candidats corrompus et de choisir des leaders intègres et honnêtes, prêts à tourner le dos à la corruption et à se dévouer à l’intérêt général.

Doit-on comprendre que la corruption habituelle est sans solution ?
Certainement pas. La lutte contre la corruption passe par des stratégies adaptées au contexte. La Conac, dans son rôle, multiplie des options pour toucher tous les secteurs aussi sensibles qui soient et toutes les actions comptent. Nous ne baissons donc pas les bras pour mener « une guerre sans merci » à la corruption, pour reprendre une expression chère au chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya. Donc cette campagne ne met pas un terme aux autres mesures et actions de lutte contre la corruption que mène la Conac. Au contraire, elle arrive en appui à toute la stratégie globale du Cameroun contre ce fléau.

Pourquoi estimez-vous qu’elle est pire que les autres formes de corruption ?
Les leaders au niveau local et régional sont chargés, avec la décentralisation et plus que par le passé, de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques qui impactent le vécu quotidien des populations. Le portail des camerounais de Belgique. Si un leader à ce niveau est corrompu, il va spolier la communauté du peu de ressources dont elle dispose. L’intérêt général serait ainsi sacrifié à l’autel des intérêts particuliers, la pauvreté va s’accroitre et des conflits de tout genre peuvent surgir. Plus grave encore, ces leaders ne peuvent nullement être engagés dans la lutte contre la corruption, ce qui peut compromettre de façon durable les chances d’éradiquer ce mal de notre pays. Et ça, aucun camerounais ne devrait l’admettre.

Avez-vous été saisi pour des cas de corruption électorale lors de la dernière élection au Cameroun ?
Comme dans bien d’autres domaines, des dénonciations parviennent à la Conac lors de la tenue des élections de tous genres. Cela est davantage rendu possible par le fait que la Conac met généralement sur pied une cellule de veille lors des consultations électorales. Ce qui nous a amené à produire un code de bonne conduite en matière électorale, qui a été transmis à l’organe en charge des élections, en l’occurrence Elecam. De même, des conférences sur la transparence électorale ont été organisées par la Conac dans les dix Régions du Cameroun pour sensibiliser les acteurs du processus. Des équipes ont souvent été mobilisées pour sillonner certaines grandes villes pendant le scrutin. Leur présence dissuasive a permis de régler certaines dénonciations sur le terrain. D’autres cas plus complexes ont été transmis aux autorités compétentes.

Peut-on avoir les noms des partis politiques qui sont le lit de cette forme de corruption?
Le rôle de la Conac n’est pas de stigmatiser des personnes ou des organisations. Et comme vous le savez, même les personnes morales ont besoin du respect et de la protection de leur image.

Quelques noms tout de même ? Des partis politiques de l’opposition ou du parti au pouvoir, qui corrompt plus ?
Je viens de vous dire que la Conac ne stigmatise personne. Sachez tout de même que des acteurs et des organisations aussi bien du pouvoir que de l’opposition sont concernés par cette question.

Comment se manifeste cette corruption électorale au Cameroun ?
La corruption électorale a plusieurs facettes les unes aussi pernicieuses que les autres. Que ce soit avant, pendant ou après une échéance électorale, on note généralement, l’achat des consciences faibles, le monnayage des postes de responsabilité dans certaines formations politiques, les financements occultes, des alliances achetées, le vote de certains mineurs, la gestion opaque des fonds publics alloués au financement de la campagne, le vote par fausse procuration, le vote de certains mineurs, la création opportuniste de certains partis politiques dans le but essentiel de capter les fonds alloués par l’Etat lors des consultations électorales etc. la stratégie nationale de lutte contre la corruption est d’ailleurs plus disserte là-dessus.

Pensez-vous vraiment pouvoir réguler, réduire cette corruption avec ces financements occultes ?
Notre rôle dans ce cadre est d’informer, de sensibiliser et d’éduquer. Nous comptons éveiller les consciences de tous les acteurs de la chaîne des élections afin que chacun joue pleinement son rôle, mais surtout agir sur les électeurs qui sont au centre du processus, seuls devant leur conscience dans l’isoloir. De ce cas de figure viendra le changement des comportements.

Que proposez-vous pour mettre un terme à l’action de ces leaders véreux qui créent des partis politiques pour capter les fonds publics lors des échéances électorales ?
Il faut que l’Administration joue pleinement son rôle en veillant sur la mise en branle des mécanismes qui permettent d’éviter cette dérive. D’ailleurs, c’est l’occasion de rappeler ici que le législateur a prévu dans les dispositions relatives au financement des partis politiques que les fonds issus du financement public sont des deniers publics. Nous comptons aussi sur la bonne foi des leaders politiques, dont les organisations devraient être jugées sur leur travail et le patriotisme de leurs actions. C’est là que réside d’ailleurs leur crédibilité.

15juil.
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