Cameroun, Marche du 1er février: Controverse autour de l’acte du sous-préfet de Yaoundé Ier :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POLITIQUE
  • Quotidien Mutations : Par Cyril Marcel Essissima
  • jeudi 31 janvier 2019 17:02:00
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Cameroun, Marche du 1er février: Controverse autour de l’acte du sous-préfet de Yaoundé Ier :: CAMEROON

Les réseaux sociaux s’enflamment suite à l’autorisation de cette manifestation publique en réplique au Mrc.

Le « récépissé de déclaration de manifestation publique », attribué au sous-préfet de Yaoundé Ier, Cosmas Thierry Nama, en date du 29 janvier dernier crée la polémique sur la toile. Le document délivré au « Collectif 300+ Diaspora », d’un certain « Dit Eteme Robert Decloquement », a pour objet « l’organisation d’une marche en réplique aux manifestations illégales organisées par un parti politique d’opposition dans certaines localités du Cameroun et à l’étranger ».

L’itinéraire de ladite marche va de l’Hôtel de ville aux services du gouverneur de la région du Centre.

Pour nombre d’internautes, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le parti politique dont s’agit ici, c’est le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto. Car, la dernière manifestation politique préalablement interdite par les autorités administratives au Cameroun n’est autre que « la marche blanche » du 26 janvier dernier tenue par le Mrc dans les villes de Yaoundé, Douala, Bafoussam et Mbouda. Laquelle marche a débouché sur le saccage des ambassades du Cameroun en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Sur les réseaux sociaux, la controverse naît du fait que depuis plusieurs années au Cameroun, en l’occurrence depuis les émeutes dites de « la faim » en février 2008, les autorités administratives ont la main lourde vis-à-vis des manifestations de l’opposition.

Tandis que celles organisées en faveur du régime sont systématiquement autorisées.

Le cas de la marche de demain 1er février, renforce la suspicion des uns et des autres. Sur sa page Facebook, le journaliste Paul Sabin Nana réagit : « Voilà [notre]
gouvernement... Il interdit une marche du Mrc. Mais, il autorise une marche contre le Mrc. Bref, le sous-préfet de Yaoundé Ier donne aux pro-Biya, ce qu'il refuse à l'opposition». Pourtant, les libertés publiques sont garanties par la loi fondamentale. « La loi du plus fort », estime Justin Brown Massap, toujours sur Facebook. « Si les manifestations publiques sont interdites, cela doit être pareil pour tous », rétorque Stevees Moore.

Et que dire alors de l’objet de cette marche, « réplique aux manifestations illégales organisées par un parti politique d’opposition… ? » Là aussi, les réactions sont tranchées. « Ils n’ont pas marché pour le soutien aux compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui meurent. Ils n’ont pas marché pour le bébé de Vanessa Tchatchou. Ils ne marchent pas pour l’argent détourné de la Can (Coupe d’Afrique des nations, Ndlr). Ils ne marchent pas pour demander au gouvernement de nous construire des routes ou de nous donner de l’eau potable. Mais ils marchent pour s’opposer à un parti politique qui a marché pour l’une de ces causes. Quel drôle de patriotisme », s’émeut un internaute dans un forum WhatsApp.

De façon acharnée, la discussion enfle. « Ce n’est pas une marche anti-Mrc. Mais une marche anti-vandalisme », croit savoir Nango sur Twitter. Même s’il revient à « l’autorité administrative de juger de l’opportunité d’une manifestation », selon Alain Ndjock, dans le même réseau social, Lionel Parizo pour sa part, y voit des « autorisations à tête chercheuse ».

31janv.
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