Cameroun: Un gendarme subtilise l’ordinateur d’un général de l’Armée :: CAMEROON
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CAMEROUN :: SOCIETE
  • KALARA : Cédrick Renaud Akono - stagiaire
  • vendredi 25 janvier 2019 17:40:00
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Cameroun: Un gendarme subtilise l’ordinateur d’un général de l’Armée :: CAMEROON

RECEL. Chauffeur du commandant de la première Région de gendarmerie, il s’était rendu nuitamment dans le secrétariat du haut gradé de l’Armée pour récupérer son appareil.

Trahi par le système de vidéosurveillance et mis aux arrêts après enquête, il répond de ses actes devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Avec un complice

Un homme en tenue au centre du vol d’un bien appartenant à un haut gradé de l’armée : il faut aller dans les milieux judiciaires pour se rendre compte que cela est possible. Le 15 janvier dernier, une affaire opposant le général Dagafounangsou, commandant de la première région de gendarmerie, à son chauffeur, le gendarme Mfoula était inscrite au rôle du Tribunal militaire de Yaoundé.

Le gendarme y comparaissait avec un certain M. Tondji, son complice supposé, pour répondre des infractions de vol simple, désertion en temps de paix et recel. Si le gendarme a plaidé coupable en reconnaissant les faits mis à sa charge, son coaccusé a réfuté les accusations le concernant. Il a fallu toute une heure de débats pour que les juges se fassent leur opinion sur les faits à l’origine du procès.

Le procès plonge ses racines dans une scène qui s’est déroulée le 8 juillet 2016. Ce jour-là, tel qu’il apparaît de la narration des faits faite par le commissaire du gouvernement, le gendarme Mfoula s’était rendu nuitamment au secrétariat de la première Région de gendarmerie du Centre pour récupérer un ordinateur portable appartenant au commandant des lieux.

Rendu à son bureau le lendemain, le général Dagafounangsou découvrait le forfait. Il se faisait aider par le technicien du système de vidéosurveillance installé dans les locaux de la Région de gendarmerie pour découvrir le visage de l’auteur du vol.

Question de vie…

Le pot-aux-roses étant mis à nu, le gendarme allait déserter son lieu de service. Les enquêtes menées par le Service central de recherches judiciaires de la gendarmerie nationale, saisi de la situation, établissaient que l’ordinateur en question avait été vendu à un certain Tondji. Le 16 juillet, le gendarme était appréhendé et mis aux arrêts.

L’accusé Mfoula, qui étaient passés aux aveux complets, a pris la parole à la suite du commissaire du gouvernement. Dans son récit, il a pris une petite distance avec la version des faits du précédent orateur, au sujet du sort qu’il avait réservé à l’ordinateur portable volé. Le gendarme a indiqué qu’il n’avait pas vendu l’appareil à M. Tondji mais qu’il l’avait plutôt placé en gage dans le but d’obtenir le prêt d’une somme de 30 mille francs. Une déclaration qui change la donne en ce qui concerne les charges retenues contre le coaccusé de M. Mfoula.

Pour sa part, M. Tondji, va faire savoir qu’il connaît M. Mfoula comme membre d’un club «deux zéro» au quartier Obam à Yaoundé, dont il est lui-même sociétaire. Il explique qu’à la suite d’une rencontre de football, M. Mfoula l’avait approché pour obtenir le prêt d’une somme de 50 mille francs. M. Tondji déclare avoir décliné l’offre. Après quelques jours de réticence, il dit que le gendarme avait débarqué dans son lieu de commerce au marché central revêtu de sa tenue militaire pour lui refaire la même proposition. «C’est une question de vie ou de mort, je suis vraiment coincé», lui aurait dit le gendarme en proposant de laisser en gage l’ordinateur portable en sa possession. M. Tondji déclare avoir cru que l’appareil appartenait au gendarme par le fait que ce dernier avait, avec succès, introduit le mot de passe séance tenante pour démarrer l’appareil.

Mais, au lieu des 50 mille francs sollicités, le gendarme avait finalement reçu 20 mille francs, qu’il s’engageait à restituer quelques jours plus tard. C’est un remboursement qu’il a attendu en vain, témoigne M. Tondji, qui affirme avoir envoyé une série de messages au gendarme dans le but de récupérer son argent.

L’accusé déclare que lesdits messages, portés à la connaissance des gendarmes lors de l’enquête, sont encore consultables dans son téléphone. Après avoir reçu plusieurs promesses de remboursement non tenues, M. Tondji dit qu’il a vu se pointer M. Mfoula un samedi, avec des gendarmes qui l’ont appréhendé.

Pour convaincre le tribunal de sa version des faits, M. Tondji a fait comparaître un témoin qui a repris mot pour mot les arguments de l’accusé.

Enquête préliminaire

Mais le ministère public s’est abstenu de contre-interroger le témoin, refusant de se «perdre» sur le terrain de la défense qui voudrait l’entraîner dans un débat de prêt ou de vente de l’ordinateur. Le représentant du parquet a dit s’en tenir aux propos de l’accusé Tondji consignés dans le procès-verbal de l’enquête préliminaire. Il ajoute qu’il est constant que le coaccusé de M. Mfoula a détenu un appareil volé, ce qui fait de lui un receleur. Il a, pour cela, demandé au Tribunal de le déclarer coupable des faits de recel.

Pour la défense, le recel est caractérisé quand il se dégage une volonté manifeste de détenir un appareil qu’on reconnaît comme étant un produit du vol. L’avocat rappelle au Tribunal de considérer l’aveu du gendarme en début d’audience qui a tenu à préciser qu’il n’y a pas eu un acte de vente mais plutôt un prêt.

L’homme en robe demande la relaxe pure et simple de son client pour qu’il retourne à son activité. Le juge a déclaré le gendarme coupable des charges retenues contre lui et a mis l’affaire en délibéré pour se prononcer sur les faits de recel reprochés à M. Tondji. L’affaire revient le 28 janvier 2019.

25janv.
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