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Cameroun: Des trafiquants en procès comparaîtront-ils devant le tribunal de Bonanjo ? :: CAMEROON
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  • Camer.be : Franck BAFELI
  • dimanche 18 novembre 2018 17:41:00
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Cameroun: Des trafiquants en procès comparaîtront-ils devant le tribunal de Bonanjo ? :: CAMEROON

L'affaire contre les six trafiquants arrêtés avec plus de 700 kg d'écailles de pangolin sera entendue par le tribunal de première instance de Bonanjo le 28 septembre. Il s’agit de la deuxième audience de cette affaire qui s’est ouverte le mois dernier à la suite de l’arrestation de ces trafiquants par des agents de la délégation de la forêt et de la faune du Wouri, en collaboration avec des agents de la police judiciaire. Trois des six trafiquants n'ont pas comparu devant le tribunal lors de la première audience.

Peu de temps avant leur arrestation, l'un des trafiquants est arrivé de Bangui où il avait amassé près de 600 kg d'écailles de pangolin géant et avait envoyé la cargaison illégale par route vers Douala. Il a ensuite rencontré les cinq autres trafiquants à Douala, où ils ont essayé de revendre les écailles de pangolin. Ils ont été arrêtés en flagrant délit à Bonapriso, à Douala.

Trois des trafiquants ont plus tard été libérés sous caution et ne se sont pas présentés au tribunal le lendemain à l'audience préliminaire, suscitant ainsi la crainte qu’ils se soient échappés. Deux des trois personnes qui n'ont pas comparu devant le tribunal sont originaires de la République centrafricaine, où un réseau de trafiquants achète des écailles de pangolin auprès de petits trafiquants dans le pays et en République démocratique du Congo (RDC) tout en exportant du Nigéria via le Cameroun. Selon des sources anonymes, leur activité illégale en RDC était protégée par certains membres de l'élite dirigeante.

Les écailles étaient généralement regroupées au Nigeria pour l'exportation. La majorité des écailles confisquées à Douala provenaient du pangolin géant, une espèce menaceé d’extinction. L’opération qui a mené à la saisie de cette cargaison a été assistée techniquement par LAGA, un organisme d’appui à l’application de la loi sur la faune, qui travaille avec le gouvernement dans l’application effective de cette loi. Des enquêtes antérieures ont montré que les trafiquants étaient liés au trafic de trophées de lions et de cornes de rhinocéros.

Le commerce illégal des écailles de pangolin suscite une forte réaction de la part des responsables de la faune, qui intensifient actuellement leurs efforts pour lutter contre ce commerce. Le 7 septembre, des elements de la brigade de gendarmerie d'Akwa ont intercepté plus de 400 kg d'écailles de pangolin qui allaient vers le Nigeria. Quatre personnes ont été arrêtées et le dossier a été transmis aux responsables de la faune qui, avec l'assistance technique de LAGA, ont maintenus les poursuites. Tous les quatre ont été accusés de detention et circulation illégale des parties d'espèces protégées. Comme dans le premier cas, ils ont été libérés sous caution et n’ont jamais comparu lors de la première audience, suscitant de nouvelles craintes d’évasion, et un questionnement sur les raisons pour lesquelles les trafiquants sont libérés, avec très peu de garanti qu'ils comparaîtront devant les tribunaux.

En janvier 2017, deux ressortissants chinois ont été arrêtés avec plus de 5 tonnes d'écailles de pangolin prêtes à être exportées illégalement ; ils ont été condamnés à trois mois de prison. Beaucoup ont considéré cela comme une sanction extrêmement faible pour des personnes responsables du massacre de milliers de pangolins, et détruisant par la même occasion la faune sauvage en voie de disparition dans le pays. Ces jugements et autres décisions prises au niveau de la magistrature deviennent un sujet de préoccupation pour les défenseurs de l'environnement, car les trafiquants sont libres de se livrer à leurs activités illégales. Le 28 septembre, date à laquelle l’affaire sera tenue, les doutes sur leur évasion seront confirmés ou infirmés, selon qu’ils se présentent ou non pour comparaître devant les tribunaux.

18nov.
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