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© La Nouvelle Expression : Ben Christy Moudio
- 18 Sep 2015 13:47:19
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CAMEROUN :: Rapport Amnesty international : La réponse ambiguë du gouvernement :: CAMEROON
Le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary reconnait l’existence de bavures dans le déploiement des forces de sécurité, mais s’insurge contre les allégations de l’Organisation non gouvernementale.
Amnesty International serait-elle quelque peu à l’Ouest ? C’est ce que semble penser le Mincom. En effet, Issa Tchiroma Bakary accuse cette organisation non gouvernementale de grossir les faits. «Il était utile d’apporter une réponse appropriée à ces accusations, tant elles nous ont semblé exagérées, et par endroits, manquer de fondement». Ce manque de fondement relevé par le Ministre de la communication s’appuie notamment sur les accusations de violations du droit international et des droits humains par les forces de sécurité camerounaise. Concrètement l’agacement d’Issa Tchiroma Bakary se base sur les accusations d’: «arrestations de masse, de perpétrer des exécutions sommaires, de recourir de manière excessive à la force, de pratiquer des disparitions forcées, de torturer et de donner la mort à des prisonniers ou à des présumés membres de Boko Haram» émises par Amnesty International.
D’ailleurs, «Ces enquêtes manquent à tout le moins d’objectivité. Mettre dans le même panier victimes et bourreau. Ce n’est pas normal».Un autre sujet d’agacement du Mincom est la part belle accordée par le rapport d’Amnesty International aux exactions des forces de l’ordre dans la région de l’extrême nord, tandis que l’organisation condamne «j’allais dire du bout des lèvres» , les atrocités commises par Boko Haram sur les Forces de Défense et sur les populations. Allant même jusqu’à tremper leurs stylos dans du vitriol». Pour le Ministre de la communication quoiqu’étant dans leur rôle, les membres de cette organisation devraient, pour être objectif équilibrer leur travail. Une démarche auprès de la troupe à Shékau étant même recommandée : «Nous demandons à Amnesty international d’aller vers Shekau. Ils sont venus vers nous, il faut également qu’ils aillent vers les autres».
Mea culpa déguisé
Interrogé sur les raisons de cette énième sortie médiatique, le Ministre de la communication, a argué qu’un silence après ces accusations aurait été une forme d’aveu. Qui ne dit mot consent dit en effet l’adage. Cependant dans ses explications le Mincom a tout de même reconnu l’existence de bavures dans la lutte contre la troupe à Shekau. L’exemple le plus parlant est la mort par intoxication collective de 25 personnes suspectées d’appartenir à Boko Haram au petit matin du 28 décembre 2014, à la Légion de Gendarmerie de Maroua. «Aucun pays ne peut éviter les bavures. Nous ne prétendons pas que tout ce que nous faisons est parfait.
Si dans les autres Etats cela existe, à plus forte raison dans une jeune nation qui a les moyens qu’on a», essaye de justifier le Ministre. D’ailleurs, le Mincom convient même que le rapport de l’Organisation non gouvernemental contient des vérités : «Amnesty International a dit ses vérités. Ils sont dans leur rôle. Ils le font avec tous les gouvernements. Ils n’ont pas de parti pris». Mais manifestement c’était au tour d’Issa Tchiroma Bakary de leur dire leur quatre vérités. A la guerre comme à la guerre.
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