CAMEROUN::SOCIETE
Cameroun: La dure réalité du quotidien des journalistes camerounais
L’actualité politique au Cameroun est très préoccupante, caractérisée entre autres par le musèlement des journalistes et des médias, la valse d’arrestations des hauts commis de l’État, la guerre de succession au sommet de l’État, et la volonté du Président Paul Biya de s’éterniser au pouvoir.L’opération « Epervier » commanditée par le chef de l’État et exécutée par Monsieur Amadou Ali, Ministre camerounais de la justice, fait couler beaucoup d’encre. Des hauts dignitaires de la République proches de Monsieur Biya sont mis à tour de rôle en prison, certains condamnés à des peines d’emprisonnement allant jusqu’ à 60 ans.
Cependant, les camerounais dans leur grande majorité ne sont pas impressionnés par la manœuvre et attendent surtout de voir non seulement si le processus judiciaire que suivra la justice camerounaise pour jugés ces gestionnaires accusés d’indélicatesse de la fortune publique sera juste et équitable, mais surtout si les fortunes supposément détournées seront retournées dans les coffres de l’Etat.
Dans cette affaire qui a largement dépassé les frontières nationales camerounaises et fait du Cameroun la risée du monde, il en ressort que les finances publiques sont au rouge, le chômage a atteint un niveau démentiel, l’économie est asphyxiée, le pays au bord du gouffre et de la faillite; le chef de l’État Paul Biya a tout simplement montré ses limites en 27 années de règne désastreux. De plus, monsieur Biya est accusé par ses détracteurs de dépenser sans compter, notamment à l’occasion de ses innombrables vacances et autres multiples séjours privés en Europe.
Certains estiment que Monsieur Amadou Ali, Ministre de la justice voudrait au travers de l’opération épervier, se payer la tête de quelques boucs émissaires afin de préserver celle de son patron Paul Biya, Président de la République du Cameroun.
D’autres estiment par contre qu’Amadou Ali voudrait liquider tous les adversaires politiques de son patron Paul Biya, afin de lui permettre de s’éterniser au pouvoir, aidé en cela par une modification de la Constitution Camerounaise en avril 2008, en dépit des incessantes protestations des Camerounais de tous bords et dans leur majorité (plus de 100 jeunes tués en février 2008).
Dans ce contexte de tension politique extrême et de fourberie entretenue, les acteurs de la société civile, les media et les journalistes sont particulièrement visés dans un effort de mise au pas par le pouvoir en place. On ne saurait exagérer d’affirmer que les journalistes de la presse privée camerounaise sont dans « l’œil du viseur » de Monsieur Amadou Ali, Ministre Camerounais de la justice et dans celui de son homologue Issa Tchiroma Bakary Ministre de la communication.
On observe un regain dans la fermeture des radios et télévisions privées, une interdiction administrative quasi-systématique de certaines émissions radiodiffusées qui laissent parlées les gens sur les problèmes de l’heure au Cameroun ou sur le fonctionnement de la justice .
Le Ministre Issa Tchiroma Bakary annonce d’ailleurs « la fin de la récréation » pour les journalistes de la presse privée qui sont systématiquement poursuivis devant les tribunaux et emprisonnés pour avoir simplement osé parler du chef de l’État.
Quatre autres journalistes (Jean-Marc Soboth, Thierry Ngogang, Anani Rabier Bindji, Alex Gustave Azebaze) et un enseignant (Aboya Manassé Endong (professeur de droit à l'Université de Douala) sont traduits devant le tribunal correctionnel de Douala Bonandjo où ils risquent une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 03 ans, pour avoir simplement participé à un débat télévisé relatif à l’achat controversé de l’avion présidentiel camerounais.
Dans cette conjecture, le climat politique est quasi-chaotique, les repères de la société fortement ébranlés, les droits fondamentaux et les libertés individuelles sont hypothéqués, la liberté de la presse gravement menacée d’extinction.
Face à ce tableau sombre et désastreux, et l’incompréhension qui en résulte, la question posée est celle de savoir : pourquoi ce regain de répression des journalistes ?
En cinq principaux points, il sera question d’essayer de lever le voile sur le péril imminent qui pèse sur l’exercice libre de la profession de journaliste au Cameroun.
1. La dure réalité du quotidien des journalistes camerounais
Selon Pauline Biyong : « le rôle de la presse, par définition est d’informer. Aux États-Unis d’Amérique, le rôle dévolu à la presse est celui de renseigner le public sur les activités du gouvernement et susciter ainsi le débat ». Cette affirmation sous entend deux choses au moins de la part du gouvernement, et pour lesquels il serait judicieux de s’entendre au préalable :
- Créer un cadre juridique libéral favorable à la démultiplication des organes de presse afin de laisser libre cours au développement de la liberté d’expression et d’opinion, de manière à créer un espace social où toutes les voix, même dissidentes, ont droit de cité.
- Ne pas faire obstacle aux débats d’idées, aux débats de société sur les grands enjeux de l’heure et aussi, sur l’activité gouvernementale, qu’elle soit normative, exécutive ou judicaire. Cela suppose de la part des pouvoirs publics une transparence inégalée, et l’habilité à faire face aux feux nourris de la critique tant de l’opposition politique, que celle des citoyens ordinaires, car des débats contradictoires sans entraves sur les enjeux de société naissent les actions réfléchies et salutaires pour la notion toute entière.
Malheureusement au Cameroun, le contraste est saisissant entre les affirmations libertaires officielles relatives à la liberté supposée des media et de journalistes, et la fermeture à tours de bras des organes de radio et télévisions privées observée dans la réalité.
Selon Etienne Tassé, c’est un : « sale temps pour les médias privés au Cameroun. Saisie ou interdiction de journaux, fermeture de radios et télés privées, interpellation de journalistes, perquisition dans les rédactions… Au Cameroun, la liberté de la presse se restreint à mesure que se rapproche l'élection présidentielle ».
On pourrait également lire cet extrait : « New York, le 22 février 2008—Le gouvernement du Cameroun a sommairement fermé jeudi une grande chaîne de télévision privée du pays sur la base d’un arrêté ministériel accusant la chaîne de violer la réglementation sur les entreprises privées de communication audiovisuelle, selon les journalistes locaux et les médias. Cette station basée à Douala s’est distinguée à la pointe de la couverture médiatique d'un débat national sur le projet de révision constitutionnelle du président Paul Biya portant sur sa volonté de briguer un mandat supplémentaire.
Deux hauts responsables de la police appuyés par une escouade de la police anti-émeute ont forcé Equinoxe Télévision hors d’antenne, jeudi à 15h heure locale, et fermé ses studios, a déclaré au CPJ le rédacteur en chef de la station, Albert Yondjeu. La police a donné une copie d'un arrêté du ministre camerounais de la communication, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam, qui avait été lu exclusivement sur la radio et la télévision d'État. L'arrêté déclarait que la station diffusait illégalement parce qu'elle n'avait pas payé les frais de licence d’exploitation fixés à 100 millions de francs CFA (227.000 dollars américains), selon le directeur général de Equinoxe, Séverin Tchounkeu ».
Le jugement de Reporters sans frontières est tout autant sévère, édifiant et sans équivoque. Entre autres on peut lire : « Reporters sans frontières est inquiète de la tournure que prennent les événements au Cameroun, et de leurs conséquences immédiates pour les médias. Impossibilité de paraître pour certains journaux, fermeture de médias audiovisuels ayant tenu des propos critiques envers le gouvernement, injonctions du ministre de la Communication qui exhorte les journaux à se montrer “responsables” : en marge de la grève des transporteurs et des émeutes qui se sont ensuivies, la presse privée doit faire face à une situation de crise. “La situation, qui se dégrade de jour en jour, devient intenable pour les médias indépendants paraissant à Douala. A défaut de pouvoir être imprimés, ils ne paraissent plus. En outre, les journalistes n’ont pas de leçon à recevoir du ministre de la Communication. Que va-t-il arriver à ceux qui négligeront ses ‘recommandations’ et qui ne pratiqueront pas l’autocensure ? Enfin, seule l’administration territoriale peut légalement suspendre une radio.
Nous appelons les autorités à lever immédiatement cette mesure arbitrairement prise par la gendarmerie et à rendre à Magic FM son matériel de diffusion”, a déclaré Reporers sans frontières. En marge d’une grève des chauffeurs de taxi, le 25 février 2008, des violences ont éclaté à Douala (Sud-Ouest), dans un contexte politique tendu en raison du projet de révision de la Constitution visant à annuler la limitation du nombre de mandats du président de la République. Malgré la fin de la grève, le 27 février, les exactions ont continué à se multiplier, opposant manifestants et forces de l’ordre. Les journaux privés, majoritairement imprimés à Douala, n’ont plus paru depuis le 25 février. Seuls les médias d’Etat continuent d’être distribués. Le 28 février, le ministre de la Communication, Jean-Pierre Beyiti Bi Essam, a convoqué les directeurs de publication des journaux privés dans son cabinet, pour leur enjoindre de “faire preuve de responsabilité” et “ne pas publier des informations qui mettraient de l’huile sur le feu”. Le même jour, à Yaoundé (Sud), les forces de l’ordre ont pénétré sans mandat dans les locaux de la station privée Magic FM et ordonné sa fermeture. “En ce moment, la radio n’émet plus. Une dizaine de gendarmes sont arrivés hier et ont confisqué tout le matériel, disant que nous avons été irresponsables en laissant les auditeurs analyser le discours du chef de l’État”, a déclaré le rédacteur en chef, Roger Kiyeck, à l’Agence France-Presse (AFP). Les gendarmes faisaient référence à l’émission Magic Attitude, qui fait intervenir en direct des auditeurs pour commenter l’actualité. Le matin du 28 février, certains auditeurs ont estimé que le discours du chef de l’État, prononcé la veille et dans lequel il promettait d’utiliser “tous les moyens légaux” pour rétablir l’ordre, était “plus belliqueux qu’apaisant”, et qu’il ne “répondait pas aux attentes des populations”. Selon Roger Kiyeck, les forces de l’ordre ont également emporté “des ordinateurs, la console et le matériel de diffusion”. Le propriétaire de la radio, Grégoire Mbida Ndjana, et le présentateur de l’émission incriminée, Jules Elobo, ont été entendus par la gendarmerie ».
Ces quelques exemples, pour ne citer que ceux-ci, mettent au grand jour la détermination des autorités de Yaoundé à museler et à taire à jamais la presse privée camerounaise durant les manœuvres que couronnera le prochain holdup électoral.( A suivre)
© Correspondance particulière (Camer.be) : Diaspora pour la Modernité, Montréal, Canada
Paru le Mardi 09-02-2010 00:18:46 Lu : 365 fois
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RDPC FOREVER
FRANCE
Les journalistes Camerounais font mal leur travail, ils n'ont pas le sens de la déontologie ou de l'équilibre dans les sujets abordés; ils sont dictés par l'argent de la corruption.
Les jeunes musiciens qui n'arrivent pas à être connus faute d'argent en savent quelque chose.
Pour passer le disque d'un jeune artiste Camerounais à la radio, il faut les payer, pour avoir un article dans la presse, il faut payer, pour passer à la télé privée, il faut payer et ces gens là viennent nous donner des leçons de démocratie; alors que nous sommes le seul parti démocrate en son sein au Cameroun.
Regardez comment Fruh Ndi et Ndam Njoya gèrent leurs partis ethniques et nous en rediscuterons.
Mardi 09-02-2010 00:35:02
DONITE
FRANCE
Avec le RDPC, le Cameroun est maudit.
C'est tout simplement un pays de la cacophonie.
Le RDPC a instauré le "Libéralisme tribalo" et c'est écrit noir sur blanc.
Mardi 09-02-2010 01:28:15
MARCSIM79
RDCP FOREVER
tous ces journalistes que tu critiquent sont en majorite formes a l'ESSTIC et je vous demande s'il faudrait qu'on aille chercher les blancs que nous passons le temps a denoncer leur injonction dans les affaires de la republique pour venir le faire aussi dans ce secteur qui est considere dans le monde comme le quatrieme pouvoir.
Mardi 09-02-2010 05:09:40
CRABE_DOKOLA
FRANCE
LAROSE
ALLEMAGNE
Mardi 09-02-2010 07:26:42
BEBETO
FRANCE
Oh Shame hooooo!!!!
Shame hoo!!!!
Qui vivra vera.
La fin approche et pa
Mardi 09-02-2010 08:44:57
BEBETO
FRANCE
Oh Shame hooooo!!!!
Shame hoo!!!!
Qui vivra vera.
La fin approche et pa
Mardi 09-02-2010 08:44:58
BEBETO
FRANCE
Oh Shame hooooo!!!!
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Qui vivra vera.
La fin approche et pa
Mardi 09-02-2010 08:44:59
Chers intervenants,
Depuis quelques temps, les débats sont devenus houleux dans les réactions sur votre site Internet Camer.be. Si votre site se
veut un lieu de débats, cet espace n’est pas, et ne sera jamais, la tribune des injures à caractères tribales,racistes, antisémites et même des injures
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