Près de 40 milliards pour remonter la capacité de production en eau potable dans les principales villes du Cameroun
Les Yaoundéens pourront-ils réellement sortir du cauchemar des sempiternelles pénuries d’eau que connaît la capitale politique, et ce depuis des décennies ? La question a réuni ce jeudi 24 mai 2012 à Douala, les responsables en charge de la production et de la distribution l’eau.
A la sortie de la concertation ayant réuni le ministre de l’eau de l’énergie Basile Atangana Kouna, et des différents responsables des entreprises Camwater et Cde (Camerounaise des Eaux), au regard des nouvelles dispositions prises par les principales compagnies de production et de distribution d’eau potable au Cameroun, La question vaut son pesant d’or.
Et pour cause une convention vient d’être avec l’agence française de développement. 40 milliards seront donc alloués au gouvernement camerounais, à l’effet de remonter la capacité de production de 50% en eau potable dans la ville de yaoundé, et dans trois villes secondaire, à savoir : Edéa, Bertoua et N’Gaoundéré. L’annonce a été faite par le directeur de l’agence française de développement, Jean Alexandre Egea.
L’eau c’est la vie, a-t-on coutume de dire. Si cette assertion est vraie pour certains, elle l’est moins pour la population de Yaoundé et de ses environs, qui depuis des décennies vivent le cauchemar des interminables et inexplicables pénuries d’eau. Une situation qui a fragilisé une certaine tranche de la population, qui ne pouvant s’approvisionner en eau potable à des points d’adductions appropriés, a commencé à consommer une eau de provenance peu recommandable, pour l’hygiène et la santé des riverains.
C’est ainsi que puits et forages ont vu le jour dans les quartiers les plus populaires de la ville. C’est ainsi également que les maladies telles que le choléra, fièvre typhoïde ont pu trouver nid au sein de cette population. Une situation qui a souvent déclenché la colère des riverains, abandonnés à eux dans cette quête du précieux liquide, parfois au prix de leur vie. « Le gouvernement promet et promet toujours, mais rien jusqu’ici ne change.
Nous restons deux voire trois jours sans eau, et cela quasiment chaque semaine » se plaint un riverain. Au quartier dit damas, c’est la désolation. Ici point d’adduction d’eau, les populations se débrouillent comme elles peuvent. Ce sont des camions citernes, appartenant pour la plupart des cas à des entreprises privées, stationnés au coin de la rue qui vendent le précieux liquide. Quoique les prix proposés par ces mini structures soient exorbitants, (le litre d’eau se vendant à 10F), pour ces habitants de Damas, il ne se trouve aucune autre alternative.
Pourtant les services publics n’ont de cesse d’annoncer le renforcement de la production de l’eau potable dans la capitale politique, siège des institutions et des représentations diplomatiques à coup de milliards. Comme à l’accoutumée, face à la frilosité affichée des pouvoirs publics à résoudre le problème d’eau dans les principales villes du pays, le gouvernement a fait appel aux institutions internationales.
On pourrait toutefois s’interroger, sur les innombrables financements que reçoit l’autorité en charge de l’eau au Cameroun, puisque que jusqu’alors, les choses n’ont jamais réellement changé, et ce malgré les multiples annonces d’octroi d’aide dont a souvent bénéficie le gouvernement. Quoiqu’il en soit, de l’avis des structures concernées, si ce nouvel octroi de l’agence française de développement est utilisé à bon escient, la ville au sept collines verra bientôt le bout du tunnel en matière d’approvisionnement en eau potable.
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