Les sociétés écrans de l'archevêque métropolitain de Yaoundé ont abandonné leur partie du chantier de construction de 10.000 logements sociaux à Yaoundé.
De retour de son séjour privé à Genève en Suisse, le président Paul Biya trouvera sur sa table, une bien embarrassante missive. Un entrepreneur, "injustement" écarté du marché de réalisation de 10.000 logements sociaux à Olembé (Yaoundé), vient de décider de crever l'abcès. Dans une lettre de dénonciation au chef de l'Etat, il pointe un doigt accusateur sur l'archevêque métropolitain de la capitale, Mgr Victor Tonyé Bakot.
L'homme d'Eglise, comme un vulgaire affairiste sans foi ni loi, avait joué des coudes dans les services du Premier ministre. Ses sociétés ont donc été pour la plupart désignées pour une partie de ce chantier engagé par l'Etat, et qui prévoit l'érection de 65 immeubles de 4 étages, abritant chacun 20 appartements.
Mais, aucun crime n'étant parfait en ce bas monde, l'entrepreneur Tonyé Bakot s'est retrouvé avec le marché sur les bras et sans grand moyen logistique pour le mener à bien. Du coup, le projet de 10.000 logements sociaux de Yaoundé, placé sous la tutelle technique de la Société immobilière du Cameroun (Sic), cofinancé par le Crédit foncier du Cameroun (Cfc) et la Caisse autonome d'amortissement (Caa) et dont la livraison des premières maisons était prévue en juin 2011, est bloqué depuis des mois. Le nouveau ministre de l'Habitat et du Développement urbain, Jean Claude Mbwentchou en viisite sur le site voici peu, en a fait l'amer constat.
Défis. On se souvient pourtant que le chef de l'Etat a fait de ce secteur l'un des défis majeurs de son nouveau septennat. Le 03 novembre 2011, lors de sa prestation de serment devant l'Assemblée nationale, Paul Biya déclarait : "L'habitat demeure la priorité de notre action. Le programme de construction de 10.000 logements sociaux sera réactivé, en concertation avec le secteur privé et les autres partenaires nationaux et internationaux." Sans doute n'avait-il pas (encore) le fin mot de l'histoire.
Et maintenant ? Logiquement, des enquêtes approfondies devraient débuter pour essayer de compren-dre par quel miracle l'homme de Dieu, que La Météo aura en vain plusieurs fois tenté d'approcher pour réagir, s'est retrouvé dans les marchés publics, et pourquoi la partie du chantier d'Olembé à lui concédée n'avance pas normalement ou presque. Par ces temps d'assainissement tous azimuts des mœurs publiques, Victor Tonyé Bakot ne joue-t-il pas gros sa réputation de garant de la probité morale ? Et ce ne sera apparemment pas la première fois qu'il se retrouve en porte-à-faux avec l'éthique religieuse.
Histoires. Voici environ deux mois en effet, l'homme d'affaires en soutane a de peu échappé à un lynchage. Depuis de longues années, le foyer de l'Espérance, situé à Olezoa (derrière la boulangerie), autre quartier de la capitale, accueillait et encadrait des jeunes de condition difficile aux petits métiers. Mais notre pasteur, particulièrement porté sur le lucre, a cédé ce cadre à un particulier.
Mgr Tonyé Bakot s'est donc pointé avec le nouvel acquéreur pour le tour du propriétaire. Particulièrement remontés contre l'insatiable et cupide pasteur, les riverains mais aussi les jeunes infortunés en situation d'expulsion, l'ont littéralement chassé des lieux. Le prélat en repartira précipitamment, sous les huées du public.
Autre lieu, autre comptoir pour l'archevêque de Yaoundé. Il y a quelques années encore, les places dans le cimetière de Mvolyé, terrain appartenant au diocèse, ne coûtaient qu'une somme symbolique. Les prix se sont envolés depuis que Mgr Tonyé Bakot est arrivé. Aujourd'hui, pour enterrer un être cher en ces lieux, les prix oscillent entre 500.000 et 1 million de francs selon qu'on est catholique, protestant ou d'une autre religion. Pour gérer cette autre juteuse affaire, il a mis au-devant de la scène l'une de ses proches. Ses appétits financiers, qui l'ont décidément fait perdre toute notion de prudence et de discrétion, pourraient bien le perdre un de ces jours.
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