Mamadou Tandja est en résidence surveillée depuis le coup d'État du 18 février 2010. Et l’ancien président du Niger vient de demander par courrier la clémence du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD). Il souhaite qu’on lui évite un procès. Jusqu'à présent, il régnait un certain consensus autour de sa condition. Mais ces lettres changent la donne. Et du côté des organisations de défense des droits de l'homme on s’inquiète désormais de cette situation.
Même s’il est bien traité à la villa verte, le statut de Mamadou Tandja n'en reste pas moins flou. Même si une commission anticorruption vérifie des accusations de détournement de fonds publics, aucune procédure judiciaire n'est en cours contre lui. Selon Khalid Ikhiri, président de l'Association nigérienne pour la défense des droits de l'homme, cette situation doit changer. « Il n’est pas normal que l’ancien président Tandja soit retenu sans qu’il soit jugé, ni libéré ».
Mabasa Fall, délégué permanent de la FIDH auprès de l'Union africaine, juge la situation intolérable. « Certains acteurs du jeu politique nigérien nous ont dit : si le président Tandja est libéré ca pourrait mettre en péril la sécurité du Niger. Il nous a aussi été dit que les prisons nigériennes sont dans un état déplorable. Et si le président Tandja devait être transféré sa vie pourrait même être mise en péril. Mais nous disons que cette détention est une détention extrajudiciaire. Comment la justice ne pourrait-elle ne pas se prononcer sur ce dossier ? »
La balle est donc dans le camp de la junte. Les militaires vont-ils attendre la fin de la transition et laisser le futur pouvoir civil gérer le cas Tandja ? Il y a deux mois, le chef de la junte Salou Djibou, a seulement déclaré que les Nigériens décideront de son sort au moment opportun.

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