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Cameroun :: Présidentielle 2018: Les casernes seront maintenues le jour du vote :: CAMEROON
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  • ça Presse : Simon Ngaka
  • jeudi 16 août 2018 15:00:26
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Cameroun :: Présidentielle 2018: Les casernes seront maintenues le jour du vote :: CAMEROON

Elections Cameroon, l’institution chargée de la gestion du scrutin du 07 octobre 2018 a réagi aux préoccupations de certains partis de l’op- position camerounaise sur la légalité des urnes dans les casernes.

Une caserne est un bâtiment militaire. Elle peut également être occupée par la Gendarmerie ou par la Police. Et le quotidien nous enseigne que les casernes sont par prédéfinition des propriétés, certes de l’Etat en premier, mais beaucoup plus dans nos mentalités celle de la grande muette. Pour certains citoyens des pays qui ont été sous administration de la France coloniale, habitués à une armée formée pour mater les gouvernés insoumis, il est presque impensable d’y aller, jamais bon de s’y rendre car un militaire reste par essence un ennemi des citoyens qui ne sont ni haut fonctionnaire du pays, ni ministre, ni Directeur d’une firme de l’Etat, encore moins Président de la République.

Il serait donc sous cet angle compréhensible que certains partis politiques amalgament dessus afin de porter des coups,semble-t-il au parti au pouvoir. Mais en réalité, des casernes sont aussi des lieux de vie des militaires et de leur famille. Dans ces lieux, seules la présence des treillis et des bâtiments administratifs vous rappellent
le côté militaire de la chose puisqu’on y retrouve des écoles, des marchés, des centre de santé, voire des hôpitaux comme c’est le cas par exemple à Douala avec la garnison de Bonanjo, à la Gendarmerie de Mboppi ou au camp des officiers.

De même qu’à Yaoundé avec la garnison militaire et le quartier général entre autres. Ainsi nous avons une bonne population civile qui s’y retrouve, qui y vit au quotidien, qui y va à l’école et y faitson commerce généralement, des familles appartenant aux militaires, aux gendarmes et aux policiers.

A la suite de nombreux procès d’intention de certains partis politiques devant prendre part à l’élection présidentielle, Elecam vient de sortir de sa réserve au sujet des bureaux de vote placés dans des ces lieux militarisés. Dans une communication donnée au siège de l’organe en charge des électionsle vendredi, 10 août 2018, Abdoulkarimou, le directeur général adjoint de ladite structure a annoncé que, comme par le passé, certaines casernes abriteront des bureaux de vote lors de l’élection du 7 octobre prochain : «

Les casernes militaires sont-elles des lieux publics, ouverts au public, au sens de la loi ? Je dis OUI.- précise-t-il-Aucun argumentaire,selon la loi, ne peut sous-tendre imposer leur suppression. ».

Par cette affirmation, monsieur Abdoulkarimou, directeur général adjoint d’Elecam balaie donc d’un revers de la main les contestations post-électorales des concurrents à la Présidentielle.

Abdoulkarimou établi donc ainsi la lecture de la loi électorale sur ce sujet et dans la même communication met de côté l’argumentaire sur la fraude dont les partis politiques d’opposition brandissent à longueur des débats télévisés en ajoutant que la composition des bureaux placés dans les casernes est la même que ceux qui sont disposés ailleurs: «Partout sur l’étendue du territoire national, les bureaux de vote ont la même organisation.Il y a un président de la commission locale du bureau de vote, il y a les membres qui sont les représentants des candidats et qui y siègent. C’est une garantie.Il appartient à chaque candidat de désigner son représentant dans chaque bureau de vote. Dans ces casernes, il y a non seulement des militaires qui sont des citoyens, des électeurs, mais aussi leurs familles, qui y résident.».

Mais les partis politiques vont plus loin et demandent à Elécam d’ôter les bureaux de vote à la Présidence de la République. Sur ce sujet,Abdoulkarimou, le secrétaire général adjoint d’Elécam rappelle que c’est une incongruité dansla mesure où même le Chef de l’Etat vote ailleurs qu’à la présidence. Dans sa communication il rappelle ceci : « Il faut d’abord relever que nous sommes actuellement à un peu plus de 25.000 bureaux de vote sur le territoire national et 56 dans les postes diplomatiques et consulaires du Cameroun à l’étranger…

Lorsqu’Elections Cameroon va publier la liste des bureaux de vote, on verra s’il y en a à la présidence de la République.Nous savons que le président de la République a toujours voté à l’Ecole publique bilingue de Bastos, au vu et au su de tout le monde. Pourquoi sa famille et lui-même viendraient ils y voter s’ils avaient la possibilité de le faire à la présidence de la République ? Enfin, nous mettons quiconque au défi de nous prouver qu’il y a des bureaux de vote dans des chefferies. Il y en avait avant.

Mais plus aujourd’hui, puisque la loi l’interdit. ». Au-delà de la loi Au-delà du droit, il y a l’effet psychologique dont pourrait parler les partis politiques de l’opposition, compte tenu que des casernes commementionnées à l’entame de l’article font peur aux civils qui n’y sont pas habitués. Si civil est un membre de famille d’un homme en tenue, cela n’a paslieu d’être mentionné, mais l’on sait que chaque parti politique devra choisir qui pour le représenter dans chaque bureau de vote. Peut-on sereinement défendre son vote dans ces lieux qui terrifient encore le simple citoyen du Cameroun ? C’est à ce niveau que peuvent s’appuyer nos chers politiciens.

16août
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